La révolte étudiante au quartier latin en mai 1968

Date de diffusion : 15 mai 1968 | Date d'évènement : 06 mai 1968

Depuis la fermeture de l'université de Nanterre, l'activité revendicative des étudiants s'est déplacée à Paris qui connaît du 6 au 13 mai 1968 des manifestations et des opérations de police maladroites et brutales.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Cycle 4 - Lycée général et technologique

    Mai 68

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
06 mai 1968
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000105

Contexte historique

Par Jean-Claude Lescure

Depuis la création du mouvement du 22 mars 1968 à l'université de Nanterre, la mobilisation étudiante n'a pas cessé : le 2 mai, alors que les cours ne sont plus assurés, le Doyen de la Faculté des lettres décide de fermer les locaux. La situation n'inquiète pas le pouvoir politique et le Premier ministre, Georges Pompidou, décide de maintenir son voyage en Afghanistan : il s'envole le même jour.

Mais le mouvement, bloqué à Nanterre, quitte la banlieue et se transporte au cœur de la capitale, à la Sorbonne. Le 3 mai, la cour de l'université parisienne est occupée par les Nanterrois, qui sont évacués par la police à la demande du recteur d'Académie : 500 étudiants sont interpellés et quelques-uns incarcérés. Cette répression virulente déchaîne la colère des étudiants qui réclament la libération de leurs camarades, et une première nuit de violences secoue la capitale.

La situation continue de dégénérer pendant la semaine, opposant de plus en plus violemment forces de l'ordre et étudiants. Après une nuit des barricades particulièrement violente dans la nuit du 10 au 11 mai, les syndicats appellent à la grève générale le 13 mai : le mai des étudiants devient alors un mouvement social marqué par des grèves dans les entreprises. La situation échappe de plus en plus au pouvoir politique.

Éclairage média

Par Jean-Claude Lescure

Après une semaine de violences, du 6 au 13 mai, ce reportage des Actualités Françaises revient sur les événements qu'il suit chronologiquement pour tenter de donner du sens à une actualité qui s'accélère jour après jour. Ces 9 mn constituent une rétrospective de la semaine, chaque jour est identifié par un carton qui l'isole de la séquence suivante.

Les images utilisées n'ont pas été tournées par les mêmes équipes techniques, elles ne présentent pas d'unité visuelle, si bien que le document semble très hétérogène en raison de la provenance variée des sujets repris pour rendre compte du panorama de l'actualité de la semaine. Des images montrent des deux côtés des barricades, l'activité des forces de l'ordre et des étudiants : les séquences insistent sur les destructions des voitures, la construction des barricades et les manifestations, les violences policières ne sont pas évoquées.

Le déséquilibre est également perceptible dans le traitement des interventions des acteurs des événements : la conférence de presse de Jacques Sauvageot, vice-président de l'UNEF, est en partie retransmise pour exposer rapidement les revendications étudiantes. Le point de vue du gouvernement est cité plus longuement par la diffusion du discours d'Alain Peyrefitte à l'Assemblée nationale, sans avoir d'image autre que la photo du ministre. L'allocution de Georges Pompidou lors de son retour d'Afghanistan figure en bonne place dans ce montage.

Cette distorsion de traitement de l'information veut montrer que les pouvoirs publics tiennent bon face à la crise. Le commentaire contribue à minorer l'importance de la crise, il reconnaît le calme des étudiants à Nanterre lors de la réouverture la faculté, et analyse le comportement des étudiants présents sur les barricades où dans les heurts avec les forces de l'ordre comme une simple illustration de l'ardeur de la jeunesse qui manifeste presque son romantisme dans les heurts avec les forces de l'ordre. La dimension des revendications politiques est pour une large part évacuée, mais le document évite un autre écueil : il ne tombe pas dans le travers d'évoquer l'existence d'un complot de l'extrême gauche.

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