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Skyteam : une réponse d'Air France à la concurrence

Date de diffusion : 22 juin 2000

La déréglementation du transport aérien, amorcée dans les années 80, a exacerbé la concurrence entre les grandes compagnies nationales. Celles-ci se regroupent dans les alliances pour faire des économies d'échelle et améliorer les coûts et l'offre. Air France fait partie du groupe Skyteam avec Delta Airlines et d'autres compagnies.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
31 mai 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001329

Contexte historique

Par Claude Robinot

SKYTEAM est une alliance de transporteurs aériens fondée en 2000, par quatre compagnies (Air France, Delta Airlines, Aeromexico et Korean Airlines). En 2012, le label regroupe 19 compagnies qui forment un partenariat dont la diversité géographique permet de desservir 187 pays. L'alliance est présente dans 36 hubs, ces aéroports pivots qui redistribuent le trafic sur des réseaux étoilés qui connectent un millier d'aéroports. Atlanta, au premier rang mondial et Roissy-CDG, au septième rang, sont des nœuds majeurs de ce réseau. Parallèlement au transport de passagers, l'alliance a aussi mis en place une activité de fret.

Deux autres regroupements de compagnies concurrents existent : STAR alliance, bâtie en 1997, autour d'United Airlines et Lufthansa est le plus puissant avec 27 compagnies ; le troisième, ONEWORLD, créé en 1998, par American Airlines et British Airways, compte 12 compagnies.

Les alliances sont la réponse des grandes compagnies nationales aux nouvelles conditions du transport aérien depuis la déréglementation amorcée dans les années 80 aux Etats-Unis et qui s'est étendue au reste du monde.

Les compagnies nationales européennes n'ont pas pu résister à la pression des Américains et au désir du public d'obtenir des tarifs avantageux. Dès les années 70, les compagnies charters contournent les monopoles et captent une partie du marché. En 1986, la cour de justice européenne donne raison à la société « Nouvelles Frontières » en proclamant le principe de la libre concurrence dans le ciel européen. De leur côté, les grandes compagnies américaines, déjà dominantes sur leur marché intérieur (Delta, American et Continental) détournent une grande partie du trafic transatlantique par le biais de filiales. Pour éviter la désorganisation complète du marché européen, les Etats négocient de 1987 à 1997 des accords « open sky » qui ouvrent progressivement l'accès au ciel européen. En 1993, toutes les compagnies de l'UE peuvent proposer des liaisons entre pays membres ; en 1995, l'accès aux réseaux domestiques est ouvert. En 1997, le ciel européen est totalement concurrentiel. En France, la compagnie Air Inter n'y résiste pas et fusionne avec Air France. Deux ans plus tard, la compagnie nationale est partiellement privatisée. En 2004, Air France et KLM fusionnent avec l'autorisation de la commission européenne, toujours très attentive au respect des règles de concurrence.

L'intégration d'Air France dans une alliance présente de nombreux avantages. Outre les économies d'échelle, c'est un moyen d'accéder au marché américain et de pouvoir capter une plus grande part du trafic nord atlantique. L'ouverture du ciel européen a aussi valorisé l'espace français, le nombre de vols a plus que doublé. Le nombre de passagers qui était de 100 millions en 1996 est de 163 millions en 2012. Roissy-CDG est devenu le principal hub d'Europe continentale, d'autres se sont développés comme Lyon Saint-Exupéry en complément et en relai du hub parisien. Les alliances de compagnies comme SKYTEAM sont devenues indispensables pour gagner des parts dans un marché aérien en croissance, en jouant de la complémentarité. En 2005, les trois premières transportaient 54 % du total des passagers aériens dans le monde.

Bibliographie :

- Fayolle Corinne, « La dérégulation du transport aérien en Europe » (1987-1997), Guerres mondiales et conflits contemporains, PUF 2003/1 n° 209.

- Jean Varlet « La déréglementation du transport aérien et ses conséquences sur les réseaux et sur les aéroports », In Annales de Géographie. 1997, t. 106, n° 593-594.

Éclairage média

Par Claude Robinot

Ce reportage sur les alliances aériennes réalisé pour le journal de France 2 date de juin 2000. L'alliance Skyteam n'en est qu'à ses débuts. Le paysage concurrentiel du marché aérien n'est pas encore dessiné. L'alliance « Wings » composée de Northwest et de KLM, qui apparaît dans une infographie, rejoindra Skyteam en 2004, lorsque la compagnie néerlandaise fusionne avec Air France. La nouvelle entité occupe depuis la deuxième place.

Dans le lancement du sujet comme dans le commentaire, on insiste sur les économies d'échelle réalisées par ces associations ; l'analyste du fond d'investissement Richelieu finances est particulièrement éloquent. L'autre angle d'attaque est destiné au public et à la clientèle potentielle pour laquelle on énumère les avantages qu'ils peuvent attendre : multiplication des destinations et des correspondances, simplification des réservations et éventuellement baisse des tarifs. Derrière ces annonces, lorsque l'on passe de l'autre côté du comptoir d'embarquement, se cachent des accords techniques et des ententes économiques qui sont seulement sous entendues par le commentaire. Un voyage en avion se compose du vol proprement dit et des activités annexes. Ces dernières sont mises en commun : gestion informatisée et délocalisée de la billetterie, comptoir unique pour l'embarquement et le débarquement. Pour le trajet, les compagnies sont propriétaires d'un code attribué par l'autorité mondiale (AITA) dans le cadre de l'alliance ; elles peuvent partager ce code pour optimiser la rentabilité de leurs appareils et de leur réseau.

Le sujet est aussi pour Skyteam l'occasion de présenter son image au public avec une mise en scène à l'américaine, inspirée de Wall Street : présentation du logo (un ruban bleu) poignée de mains, sourires et applaudissements.

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