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Bangalore, capitale indienne de l'informatique

Bangalore, capitale indienne de l'informatique

Date de diffusion : 13 mai 2004

À Bangalore, en Inde, les bidonvilles jouxtent les immeubles modernes. La ville est devenue la capitale indienne de l'informatique grâce aux délocalisations d'entreprises. Ramana Murty, directeur informatique au sein du groupe Tata, y est revenu travailler après une carrière à l'étranger. La Société générale y a délocalisé une unité. Les entreprises recrutent de nombreux informaticiens indiens.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
23 sept. 2013
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001355

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

À partir de 2000, l'Inde a connu une croissance économique de 8 % en moyenne par an. Deuxième pays le plus peuplé de la planète avec 1,2 milliard d'habitants, elle s'est ainsi considérablement enrichie et modernisée. Même si sa croissance est descendue sous les 5 % depuis 2011, elle est l'un des principaux pays émergents.

Bangalore symbolise parfaitement l'essor fulgurant de l'économie indienne. Située dans l'État du Karnataka, dans le sud du pays, c'est avec plus de 8 millions d'habitants la cinquième ville la plus peuplée de l'Inde. Surtout, Bangalore est la capitale indienne de l'informatique. Elle est même devenue l'un des centres mondiaux des technologies de l'information et de la communication. Cela lui vaut le surnom de « Silicon Valley de l'Inde » en référence au grand pôle de recherche et de production de haute technologie établi en Californie. Bangalore abrite en effet des centaines d'entreprises des technologies de l'information et de la communication. De nombreuses firmes américaines et européennes, spécialisées dans les logiciels informatiques, l'aérospatiale ou la biochimie, ont notamment délocalisé à Bangalore des services informatiques. Ceux-ci sont principalement des centres d'appel. Ces entreprises étrangères y ont également établi des centres de recherche et développement. Première société occidentale à s'installer à Bangalore en 1985, Texas Instruments a depuis été rejointe par tous les géants américains de l'Internet, comme Google et Yahoo, ou de l'informatique, comme Microsoft, IBM et Hewlett-Packard.

Ces entreprises trouvent à Bangalore une main-d'œuvre anglophone, d'un faible coût et hautement qualifiée. La ville possède en effet une université et de nombreux instituts scientifiques et écoles, dont l'Institut indien des Sciences, qui forment chaque année 30 000 ingénieurs et informaticiens. Elle attire également de nombreux migrants indiens très qualifiés qui reviennent dans leur pays après avoir le plus souvent travaillé aux États-Unis. En outre, des entreprises indiennes de sous-traitance informatique implantées à Bangalore, telles que Tata, Infosys Technologies ou Wipro, ont connu une très forte croissance au point de prendre désormais rang parmi les premières mondiales. Toutes ces entreprises sont établies au sein de plusieurs parcs technologiques. Le principal est l'Electronics City qui s'étend sur plus d'1,3 km2.

C'est essentiellement grâce à Bangalore que l'Inde est devenue le premier exportateur mondial de services informatiques aux entreprises. Cela n'empêche toutefois pas le maintien de très grandes inégalités sociales dans le pays. Près d'un tiers de la population, soit 356 millions de personnes, vivaient ainsi sous le seuil de pauvreté en 2010.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet a été diffusé le 13 mai 2004 dans le « 19.20 » de France 3, trois jours après la clôture des élections législatives en Inde qui avaient vu la victoire du parti du Congrès sur le Bharatiya Janata Party jusque-là au pouvoir. Cette actualité politique est l'occasion pour la rédaction nationale de France 3 de proposer un éclairage sur l'Inde et plus particulièrement sur sa fulgurante croissance économique. Il a ainsi été décidé d'envoyer sur place une équipe conduite par Claude Gueneau, grand reporter au service économique et social de la chaîne.

Plutôt que de traiter de la croissance économique de l'Inde en général, le choix a été fait de l'illustrer par un exemple concret : celui de Bangalore, capitale indienne de l'informatique. Les envoyés spéciaux de France 3 ne se contentent pas non plus d'une présentation générale de la « Silicon Valley de l'Inde », même si la plupart du reportage se constitue d'images d'illustration. Afin de rendre leur sujet le plus concret possible, ils se sont essentiellement concentrés sur deux exemples, ceux d'un informaticien indien et d'une entreprise étrangère délocalisée à Bangalore. Une séquence du reportage est consacrée à chacun de ces cas particuliers.

L'équipe de France 3 suit ainsi dans un premier temps un informaticien indien, Ramana Murty, devenu directeur d'une division informatique du groupe industriel Tata. Il est filmé dans sa voiture, dans son appartement avec sa famille et dans son entreprise avec ses employés. Il a été choisi pour illustrer la croissance fulgurante de l'informatique indienne et tout particulièrement de celle de Bangalore. Les différents plans filmés par l'équipe de France 3 visent tous à attester de la réussite de Ramana Murty : il est conduit dans une voiture avec chauffeur et vit dans une résidence luxueuse. Claude Gueneau a également porté son choix sur une entreprise, la banque française Société générale. Cet exemple illustre le phénomène général des délocalisations à Bangalore des services informatiques des entreprises américaines et européennes.

Par-delà le traitement de ces deux cas, le reportage s'attache à montrer les inégalités criantes qui existent dans la ville, comme dans une grande partie de l'Union indienne. La présentatrice du journal télévisé Élise Lucet l'annonce dès le lancement du sujet lorsqu'elle explique que « la plus grande modernité côtoie désormais la misère » dans les villes indiennes. Le reportage traduit d'abord en mots les grands contrastes sociaux de Bangalore, par le commentaire en voix off et par le témoignage de Ramana Murty. Surtout, le sujet rend visibles ces inégalités. Il présente ainsi plusieurs plans des bidonvilles à proximité d'immeubles ultra modernes. Un plan panoramique horizontal montre même de façon saisissante le voisinage immédiat de ces « deux mondes ». Le travelling sur les bidonvilles depuis la voiture dans laquelle est conduit Ramana Murty rend également criantes les inégalités de la société indienne. Le reportage présente ainsi Bangalore comme une ville où se côtoient des baraques de tôles et des immeubles modernes dans lesquelles sont installées des entreprises informatiques.

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