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L'écriture dramatique selon Michel Vinaver

L'écriture dramatique selon Michel Vinaver

Date de diffusion : 14 juin 2006

Invité de l'émission Des Mots de minuit, le dramaturge Michel Vinaver revient sur sa manière d'écrire, avant d'évoquer sa pièce 11 septembre 2001.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
18 févr. 2014
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001604

Contexte historique

Par Alexandra Von Bomhard

Né en 1927 à Paris, Michel Vinaver émigre avec sa famille aux Etats-Unis en 1941 et s'engage dans l'armée française de libération en 1944. Encouragé par Camus qu'il a rencontré à New York, il publie deux romans une fois revenu en France, Lataume, en 1950 et L'Objecteur en 1951. En 1956, sa première pièce, Aujourd'hui ou les Coréens est mise en scène par Roger Planchon. De 1953 à 1980, il travaille chez Gillette, comme cadre supérieur, puis comme président directeur-général. Cette expérience professionnelle nourrit son écriture. Il publie par la suite une quinzaine de pièces, parmi lesquelles Les Huissiers (1957), Iphigénie Hôtel (1959), La demande d'emploi (1971), Dissident il va sans dire (1976)... Professeur reconnu d'Etudes théâtrales à l'université, il développe, dans son ouvrage Ecritures dramatiques, une méthode d'analyse dramaturgique qui interroge le mode de fonctionnement de l'oeuvre à partir d'un échantillon du texte. Il est aujourd'hui un des auteurs français contemporains les plus joués.

C'est dans les semaines qui suivirent les attentats du 11 septembre 2001 que Michel Vinaver, choqué par la catastrophe, écrit sa pièce 9/11. Conçue au départ comme un oratorio, elle est rédigée en anglais, la langue de l'événement, avant d'être traduite en français par l'auteur, et éditée par l'Arche en 2002. Après avoir collecté des coupures de presse, des paroles de rescapés et d'hommes politiques, le dramaturge compose son oeuvre sur le principe du collage pour lutter contre la fragilité de la mémoire. En 2005, alors que Michel Vinaver et Robert Cantarella sont à Los Angeles à l'occasion de la création de 9/11 avec les jeunes acteurs du CalArts, ils apprennent que l'ambassade de France à Washington retire son soutien au projet : elle craint que certains passages du texte nuisent aux bonnes relations franco-américaines.

Éclairage média

Par Alexandra Von Bomhard

Michel Vinaver est ici l'invité des Mots de minuit, présentée par Philippe Lefait. Anciennement baptisée Le Cercle de Minuit (avec Michel Field puis Laure Adler), puis Le Cercle, cette émission culturelle, diffusée sur France 2 à une heure tardive, convie des artistes sans logique de promotion particulière. S'inscrivant dans la lignée de nos salons littéraires, puis de la célèbre émission de Pierre Dumayet Lectures pour tous, le dispositif est celui d'une conversation intelligente, animée par le présentateur. Par ce type de programme, la télévision française joue pleinement son rôle de service public. En juin 2013, Des mots de minuit connaît sa dernière diffusion. Elle est jugée trop peu rentable par la direction de la chaîne.

L'émission du 24 juin 2006 s'articule autour de la notion d'engagement. Stéphane Hessel est l'autre personnalité conviée. La première question que Philippe Lefait adresse à Michel Vinaver est assez circonstanciée. Tout en interrogeant le dramaturge sur la spécificité de son écriture, l'animateur met en évidence la connaissance qu'il a de l'oeuvre de son invité. Cette introduction permet à l'auteur de jeter un regard très éclairant sur sa manière de travailler. L'écrivain crée dans la fragmentation. C'est de la collision entre différents pans de réalité que le texte théâtral peut surgir. Pourtant, la matière même de l'écriture pour Vinaver reste la banalité. C'est grâce au travail de tissage que celle-ci devient étrange et merveilleuse. On note par la suite comment la réception de ces oeuvres dramatiques a évolué : ce qui apparaissait autrefois déroutant est aujourd'hui perçu comme classique. Michel Vinaver explique ce changement par le goût du zapping qui caractérise notre société actuelle. Il évoque ensuite brièvement sa pièce 11 septembre 2001, en mettant là aussi en évidence le temps nécessaire à sa réception. Alors qu'elle a été écrite dans la foulée de l'événement, ce n'est que 5 années plus tard qu'elle trouve son assise. Cela nous rappelle que pour le dramaturge, «la naissance d'une pièce est comme une petite explosion atomique ».

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