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Femme ingénieur en 2004 : des avancées mais un chemin encore long vers l'égalité

Femme ingénieur en 2004 : des avancées mais un chemin encore long vers l'égalité

Date de diffusion : 10 mars 2004

Ce reportage est centré sur l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers (ENSAM). Il donne la parole aux étudiantes, aux professeurs de cette école et à sa directrice Marie Reynier en s'intéressant au véritable fossé qui existe encore entre les femmes et le métier d'ingénieur.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
01 oct. 2014
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001631

Contexte historique

Par Fatima RahmounProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris ) et

Par Sophie EdouardProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris )

En 1880, la loi Camille Sée, ouvrant l'éducation secondaire publique aux jeunes filles, est un tournant pour l'enseignement féminin en France. Pourtant, elle les exclut des bancs de l'Université, faute de suivre les mêmes programmes d'enseignement que les garçons et de pouvoir passer le baccalauréat sans une dérogation, ainsi que l'évoquent Françoise Mayeur [1], la revue Clio [2] ainsi que Yaelle Arasa [3]. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, l'enseignement secondaire féminin peine à recruter bien que les 138 établissements créés sur le territoire comptent, en 1913, 33 000 élèves. En 1924, l'harmonisation des programmes, près d'un demi-siècle après la création du premier lycée public de jeunes filles, ouvre à toutes, en droit, l'accès au baccalauréat et à l'Université. L'un des derniers bastions de l'enseignement supérieur interdit aux femmes tombe en 1972 quand, sous l'impulsion de Michel Debré, Ministre de la Défense, le concours de l'École Polytechnique leur est rendu accessible. Une femme, Anne Chopinet-Duthilleul, est reçue, cette année-là, major au concours d'entrée. Dès lors, le nombre de jeunes filles entrant à l'École Polytechnique chaque année est passé de sept, pour la première promotion mixte, à soixante-et-un sur les quatre cents admis en 2012. L'égalité tarde à s'affirmer.

En 2012, 45,5% des élèves de Terminale Scientifique sont des filles et elles y réussissent aussi bien, voire mieux que les garçons. En effet, la proportion de mention « bien » et « très bien » est de 37% chez les filles et de 30% chez les garçons, toutes filières confondues. Mais cette quasi-égalité masque le fait que la spécialité Science de l'Ingénieur (SI) n'est choisie que par 2% des filles alors qu'elle est choisie par 15% des garçons. De même, elles sont seulement 42% à poursuivre leurs études en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE) toutes voies confondues. Pour être plus précis, sur un panel des bacheliers de 2008, 15% des filles et 20% des garçons titulaires d'un baccalauréat Scientifique poursuivent leurs études dans l'enseignement supérieur via une classe de CPGE scientifiques.

En 2011, les femmes représentent 51% des titulaires d'un diplôme d'école de commerce et de gestion et 53% des titulaires d'un BTS, mais seulement 28% des titulaires d'un diplôme d'ingénieur. Les sciences au début du XXIe siècle se conjuguent au féminin comme au masculin, mais on note encore une certaine « résistance » pour le métier d'ingénieur.

[1] Françoise Mayeur, L'enseignement secondaire des jeunes filles sous la Troisième République, 1977.

[2] Clio, "Le temps des jeunes filles", n°4-1996, et "Mixité et co-éducation", n°18-2003.

[3] Yaelle Arasa, L'école des femmes : Victor Hugo et Hélène Boucher deux lycées parisiens 1895-1945, L'Harmattan, 2013.

Éclairage média

Par Fatima RahmounProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris ) et

Par Sophie EdouardProfesseure de physique-chimie de l'académie de Paris )

Après une présentation rapide des proportions de filles et de garçons suivant des études scientifiques, le reportage donne la parole à de jeunes étudiantes de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers qui évoquent leur choix, les difficultés et les attentes d'une fille pour des études de « sciences dures ». Il est assez troublant de voir en 2004 le nombre de filles présentes dans l'amphithéâtre, elles représentent 8% des effectifs à l'ENSAM. Ce chiffre est beaucoup moins parlant que l'image où on voit que les jeunes filles occupent à peine un rang de l'amphithéâtre qui en compte une douzaine... Elles sont sincères et mettent en avant les a priori d'éducation, des sensibilités et des préoccupations différentes de celles des garçons mais qu'elles jugent complémentaires.

Puis nous passons au parcours de Marie Reynier, la directrice de l'établissement au moment du reportage qui, elle aussi, a étudié dans cette école dans les années 1970. Elles n'étaient alors que deux filles sur une promotion d'une centaine d'élèves. Elle parle avec enthousiasme de ce métier « d'inventeur » et le décrit avec des qualificatifs précis en démolissant quelques préjugés tenaces sur l'industrie. Elle présente avec humour sa nomination à la tête de cette école prestigieuse qu'elle dirigera jusqu'en 2006. Il est tout de même assez surprenant que la journaliste, dans un reportage sur les femmes et le métier d'ingénieur, précise que cette femme de 48 ans qui dirige 4 000 élèves a deux enfants.... L'aurait-elle fait pour un homme ?

La troisième partie du reportage s'intéresse aux enseignants. Nous retrouvons un amphithéâtre presque rempli où enseignants et enseignantes sont installés ensemble et défendent la particularité d'un enseignement de science exercé par les femmes et leur contribution à la recherche.

Nous retrouvons en clôture de reportage Marie Reynier qui s'exprime sur le rôle primordial de mesures politiques comme la loi sur le divorce ou l'accès à des mesures de contraception pour faire changer la condition des femmes.

Son engagement au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et au Ministère de l'Education Nationale dans différentes académies et notamment à Orléans-Tours où elle a été nommée Rectrice depuis 2011 illustre cette conviction.

La journaliste termine le reportage sur une note d'humour à propos du mot "Gadzarts" qui n'a pas encore trouvé de féminin...

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