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Combats de rue à Abidjan menés par les partisans d'Alassane Ouattara

Date de diffusion : 29 mars 2011

En Côte d'Ivoire, les partisans d'Alassane Ouattara patrouillent dans le quartier d'Abobo, à Abidjan. Ils mènent des combats de rue contre les partisans de Laurent Gbagbo. Des Casques bleus tentent de protéger les civils.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
28 oct. 2014
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001657

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

De décembre 2010 à avril 2011, la Côte d'Ivoire est déchirée par de nouveaux affrontements. Ils font suite à l'élection présidentielle organisée les 31 octobre et 28 novembre 2010. Laurent Gbagbo, président de la République de la Côte d'Ivoire depuis 2000, conteste en effet le résultat du scrutin validé le 2 décembre 2010 par la commission électorale indépendante : elle proclame la victoire de l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara avec 54,1 % des voix contre 45,9 % pour Laurent Gbagbo. Ce dernier refusant de quitter le pouvoir, la Côte d'Ivoire se retrouve avec deux présidents. Élu démocratiquement, Alassane Ouattara se retranche à l'Hôtel du Golf à Abidjan, sous la protection des Casques bleus de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), déployés dans le pays depuis 2004. Il forme un nouveau gouvernement dirigé par Guillaume Soro, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo. Dans le même temps, Laurent Gbagbo organise la cérémonie de sa propre investiture présidentielle.

Une guerre civile commence alors en Côte d'Ivoire. Des affrontements éclatent en effet le 16 décembre 2010 à Abidjan, la capitale économique, et dans d'autres villes du pays, entre les forces loyales au président sortant et les partisans d'Alassane Ouattara. L'ONU essaie d'enrayer la violence en renforçant les troupes de l'Onuci. De son côté, l'Union africaine tente à plusieurs reprises une médiation entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Le 10 mars 2011, elle somme ainsi Laurent Gbagbo de se retirer tout en lui offrant de pouvoir négocier les conditions de son départ. Ces efforts internationaux sont toutefois vains.

Le 28 mars 2011, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, qui soutiennent Alassane Ouattara, lancent une offensive éclair vers l'ouest et le sud du pays. Elles entourent Abidjan à partir du 31 mars suivant. Parallèlement à cette offensive, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte à l'unanimité le 30 mars la résolution 1975 qui autorise le recours à la force afin d'interdire l'utilisation d'armes lourdes contre la population ivoirienne. Les Casques bleus de l'Onuci, appuyés par la force française Licorne, présente en Côte d'Ivoire depuis 2002, reçoivent ainsi un nouveau mandat qui leur permet d'intervenir contre les troupes de Laurent Gbagbo. Celles-ci ayant violé le cessez-le-feu conclu le 4 avril 2011, l'Onuci et la force Licorne conduisent des frappes sur les forces de Laurent Gbagbo le 10 avril suivant.

Le lendemain, les troupes d'Alassane Ouattara, soutenues par l'Onuci et la force Licorne, mènent une offensive contre la résidence de Laurent Gbagbo à Abidjan. Laurent Gbagbo arrêté, Alassane Ouattara devient le président effectif de la Côte d'Ivoire. Cette crise postélectorale d'une grande violence aura duré quatre mois et fait plus de 3 000 morts.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce reportage a été réalisé à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, par les envoyés spéciaux de France 2, le grand reporter Dominique Derda, et le journaliste reporter d'images Frédéric Ranc. Correspondant permanent installé à Dakar, Dominique Derda sillonne toute l'Afrique pour la chaîne de télévision publique française. Il couvre plus particulièrement les nombreux conflits qui déchirent le continent africain. Il a ainsi reçu le Prix Bayeux-Calvados des Correspondants de guerre en 2008 pour un reportage réalisé au Zimbabwe.

Le présent sujet s'apparente précisément à un reportage de guerre. Dominique Derda l'a réalisé pendant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire qui oppose à partir de décembre 2010 les partisans du président sortant Laurent Gbagbo à ceux du président nouvellement élu Alassane Ouattara. Il a été tourné à Abobo, quartier d'Abidjan passé sous le contrôle des combattants d'Alassane Ouattara. Les troupes de Laurent Gbagbo ne sont jamais montrées dans le reportage. Seuls les soldats d'Alassane Ouattara ont été filmés : ils ont acceptés d'être suivis par l'équipe de France 2 pendant leur patrouille dans les rues d'Abobo. Plusieurs plans ont ainsi été tournés en caméra embarquée depuis les véhicules de ces combattants. Toutefois, lorsqu'un incident éclate, comme avec un chauffeur de bus, le tournage est brutalement interrompu. L'un des miliciens empêche alors la caméra de continuer à filmer. L'équipe de France 2 accompagne également des Casques bleus de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (Onuci). Le reportage se clôt du reste par un plateau extérieur en situation de Dominique Derda devant un blindé des Nations unies.

Ce sujet atteste de la spécificité des combats qui ravagent Abidjan depuis décembre 2010. Inexpérimentés, nerveux, les miliciens ne sont pas des soldats professionnels. Ils arrêtent ainsi un chauffeur de bus sous prétexte qu'il leur bloque le passage. Ils tirent aussi des coups de feu en l'air au moindre incident. Certes, le reportage ne montre aucune image d'affrontements entre les deux camps. Ils ne sont que suggérés par le son de tirs d'armes. La violence des combats et des destructions qu'ils ont engendrées apparaissent malgré tout à l'écran. Plusieurs plans filmés à l'intérieur d'une maison ravagée l'attestent. De même, le témoignage d'une habitante montre que les civils ivoiriens sont les victimes de l'affrontement entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d'Alassane Ouattara.

Le déchirement du pays apparaît bien perceptible dans le reportage. Les partisans d'Alassane Ouattara filmés par l'équipe de France 2 ont ainsi tous le visage masqué par crainte de représailles du camp ennemi. La voix d'un combattant interviewé est également déformée afin qu'on ne puisse pas l'identifier.

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