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Attentat contre une discothèque à Istanbul

Date de diffusion : 02 janv. 2017

L’attentat terroriste contre une discothèque à Istanbul, perpétré le 1er janvier 2017, a été revendiqué par l’État islamique. La police turque est à la recherche de l’assaillant.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
29 août 2019
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000001929

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2017, un attentat terroriste est commis à Istanbul dans la discothèque Reina. Un homme armé d’un fusil d’assaut fait irruption dans ce club huppé des bords du Bosphore vers 1 h 15 du matin et ouvre le feu sur les clients alors en train de célébrer le Nouvel An. Il tue 39 personnes, dont plus de 20 étrangers, et fait 79 blessés. L’assaillant parvient ensuite à s’enfuir.

Cette attaque survient après une série d’attentats commis dans les grandes villes turques au cours de l’année 2016, attribués aux groupes armés kurdes et à l’État islamique (Daech), ayant fait des centaines de morts.

Dès le 2 janvier 2017, la tuerie stambouliote est revendiquée par l’EI par le biais de son organe de communication Amaq : dans un communiqué, l’organisation évoque « un soldat héroïque du califat » qui « a frappé une des discothèques les plus connues où les chrétiens célèbrent leur fête apostate. » Daech justifie ainsi l’attaque contre un lieu de réjouissances fréquenté par l’élite occidentalisée d’Istanbul et les touristes étrangers, de la même manière qu’elle avait légitimé la tuerie commise le 13 novembre 2015 dans la salle de concerts parisienne du Bataclan (voir Les attentats de Paris du 13 novembre 2015).

C’est la première fois que l’État islamique revendique ouvertement un attentat commis en Turquie. Même si elle était soupçonnée d’en avoir perpétré plusieurs en 2015 et 2016, l’organisation n’en avait revendiqué aucun. Ce changement d’attitude à l’égard de la Turquie s’explique par la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan de frapper l’organisation en Syrie depuis 2016. Pendant plusieurs années, la Turquie ne s’était pas attaquée à l’Etat islamique, laissant même ses djihadistes traverser sa frontière avec la Syrie.

Deux semaines après la tuerie d’Istanbul, son auteur présumé est arrêté le 16 janvier 2017 par la police turque à l’issue d’une grande chasse à l’homme : il s’agit d’un ressortissant ouzbek, Abdulkadir Masharipov. Il reconnaît immédiatement avoir commis l’attentat. Mais lors de son jugement en 2019 il revient sur ses aveux et nie désormais être l’auteur de l’attaque.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet ouvre le journal télévisé de vingt heures de France 2 le 2 janvier 2017. Le contraste apparaît saisissant entre les vœux du présentateur à l’occasion de la nouvelle année et l’information traitée : un attentat terroriste commis deux jours auparavant à Istanbul.

David Pujadas rappelle immédiatement l’omniprésence du terrorisme islamiste dans l’actualité : « Une année qui démarre donc comme 2016 s’était achevée ». Il fait ainsi implicitement référence, dans son lancement plateau, à l’attentat survenu seulement deux semaines auparavant, le 19 décembre 2016, à Berlin (voir Attentat terroriste contre un marché de Noël à Berlin) : ce soir-là, un terroriste au volant d’un poids lourd avait lancé un camion sur la foule présente sur un marché de Noël, faisant douze morts.

Le présentateur de France 2 rapproche également l’attentat d’Istanbul de celui commis au Bataclan, à Paris, le 13 novembre 2015 (voir Les attentats de Paris du 13 novembre 2015) : la discothèque visée à Istanbul était un lieu de fête comme l’était la salle de concerts parisienne attaquée par des djihadistes au nom de l’État islamique.

L’attentat d’Istanbul a fait l’objet d’une couverture médiatique notable en France : 31 sujets y ont été consacrés dans l’ensemble des journaux télévisés des six premières chaînes de télévision (Ina STAT, n° 46, juin 2017). Cela représente cependant un quart seulement des sujets qui avaient porté sur l’attentat de Berlin en décembre 2016 (124 sujets) alors même que l’attaque d’Istanbul a fait beaucoup plus de victimes (39 contre 12). Les médias français et européens accordent en effet dans l’ensemble un traitement différencié aux attentats selon l’aire géographique dans laquelle ces actes sont commis. Une attaque terroriste perpétrée en Europe occidentale ou aux Etats-Unis fait généralement l’objet d’une couverture médiatique très large, tandis que ceux commis ailleurs le sont moins.

Dans le cas présent, le sujet de France 2, réalisé deux jours après l’attentat, revient sur le déroulement de l’attaque mais accorde aussi une large place à ses suites. Il se constitue d’un commentaire sur des images d’origines très variées. Plusieurs ont été fournies par les autorités turques elles-mêmes : des photographies du suspect, des images de vidéosurveillance et d’autres d’une frappe aérienne par l’armée turque en Syrie. L’équipe de France 2 envoyée sur les lieux de l’attentat propose quant à elle des images factuelles filmées aux alentours de la discothèque, ainsi que deux interviews de Français rescapés, qui témoignent du déroulement de l’attaque.

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