La décolonisation et l'émergence du Tiers-Monde

La décolonisation et l'émergence du Tiers-Monde

Par Elsa Coupard, Enseignante d'histoire-géographie de l'Académie d'Aix-MarseillePublication : 2010, Mis à jour : 07 oct. 2020

# Présentation

A travers plusieurs sujets, on revient sur les grandes étapes de la décolonisation à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et sur l'émergence du Tiers-Monde en tant que force politique dans les années 1970.

     

Place dans le programme

  • Troisième > Histoire : Le monde depuis 1945 > Indépendances et construction de nouveaux États
  • Terminale > Histoire : La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire > Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde
  • Terminale technologique > Histoire : Du monde bipolaire au monde multipolaire

Objectifs pédagogiques

  • Faire la critique d'un document vidéo.
  • Comprendre les enjeux de la décolonisation pour les métropoles et les voies de l'émancipation pour les peuples colonisés.

Durée estimée de l'activité

3 heures pour la leçon complète, mais chaque vidéo peut être étudiée séparément.

Chronologie

  • 1941 : Charte de l'Atlantique
  • 30 janvier - 8 février 1944 : Conférence de Brazzaville
  • 1945 : Sukarno proclame l'indépendance de l'Indonésie [Pays-Bas]
  • 1945 : Hô Chi Minh proclame l'indépendance du Vietnam [France]
  • 1946 : Indépendance des Philippines [Etats-Unis]
  • 1947 : Indépendance de l'Inde et du Pakistan [Grande-Bretagne]
  • 1948 : Indépendance de Ceylan (Sri-Lanka) [Grande-Bretagne]
  • 1949 : Indépendance effective de l'Indonésie [Pays-Bas]
  • 1951 : Indépendance de la Libye [Italie]
  • 1952 : Le mot "Tiers-Monde" utilisé pour la première fois par Alfred Sauvy
  • 7 mai 1954 : Chute de Dien Bien Phu [France]
  • 20-21 juillet 1954 : Accords de Genève
  • 1er novembre 1954 : Début de l'insurrection algérienne
  • 1955 : Conférence des pays non alignés à Bandung
  • 1956 : Indépendance du Maroc et de la Tunisie [France]
  • juin 1956 : Loi-cadre Defferre sur l'autonomie en Afrique noire [France]
  • 1957 : Indépendance du Ghana [Grande-Bretagne]
  • 1960 : Indépendance des pays de l'Afrique noire française et de Madagascar [France] ; indépendance du Nigéria [Grande-Bretagne]
  • 1960 : Indépendance du Congo belge
  • 1961 : Indépendance de l'Afrique du Sud [Grande-Bretagne]
  • septembre 1961 : Premier sommet des pays non-alignés à Belgrade
  • 19 mars 1962 : Signature des accords d'Evian
  • 1er juillet 1962 : Indépendance du Rwanda et du Burundi [Belgique]
  • 5 juillet 1962 : Indépendance de l'Algérie
  • 1963 : Création de l'Organisation de l'unité africaine (OUA)
  • 1964 : Indépendance du Malawi, de la Zambie et de Malte [Grande-Bretagne]
  • 1964 : Première CNUCED
  • 1973 : Définition d'un "nouvel ordre économique international" au quatrième sommet des pays non-alignés à Alger
  • 1975 : Indépendance de l'Angola, du Mozambique et du Cap-Vert [Portugal]
  • 1977 : Indépendance de Djibouti [France]
  • 1990 : Indépendance de la Namibie [Afrique du Sud]
  • 1991 : Frederik De Klerk annonce l'abolition de l'apartheid [Afrique du Sud]
  • 1994 : Victoire de l'ANC aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud ; Nelson Mandela président de la République

# Activités

# La première vague des décolonisations (1945-1954)

# En 1945, l'ordre colonial est ébranlé

Le nationalisme "indigène" s'est développé pendant l'entre-deux-guerres, et s'est affirmé pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier en Asie. Les Japonais ont, dans les territoires qu'ils ont occupé, détruit le mythe de la supériorité de l'homme blanc. En Inde, les Britanniques ont été confrontés à la campagne de désobéissance civile prônée par Gandhi dès les années 20. Dans les colonies d'Afrique noire française, lors de la conférence de Brazzaville tenue par le général de Gaulle en 1944, promesse a été faite d'une meilleure reconnaissance et d'une plus large autonomie, d'une plus grande participation des Africains aux affaires locales, même si ces promesses restent floues.

D'autre part, la Charte des Nations-Unies de 1945 proclame le "droit des peuples à l'autodétermination" et les Nations Unies deviennent une tribune internationale pour les pays colonisés. L'URSS adopte une position résolument anticolonialiste, tandis que les Etats-Unis ont une attitude plus ambiguë, craignant avant tout que les nouvelles nations ne rejoignent le camp communiste.

Questions sur la vidéo "La France d'outre mer dans la guerre"

question 1

Le reportage exalte le rôle de "la France d'Outre-mer dans la guerre". En quoi les colonies françaises sont-elles aidé la France Libre pendant la guerre ?

question 2

Quels sont les missions civilisatrices de la France dans ses colonies évoquées ici ?

question 3

Quelles sont les richesses qu'en retour l'Empire apporte à la France ?

question 4

Parmi les relations entre la France et ses colonies, lequel n'est pas évoqué : le rôle des soldats indigènes dans la guerre ; l'action civilisatrice de la France dans ses colonies ; les richesses de l'empire ; les revendications autonomistes des peuples colonisés ?

question 5

En définitive, quel est le message dont ce reportage est porteur ?

Ainsi, si ce document rend hommage au sang versé par les soldats indigènes pour la libération de la France, il s'attache surtout à louer les vertus de la colonisation. En 1945, malgré la conférence de Brazzaville présidée par le général de Gaulle qui s'est tenue en 1944 et qui a reconnu que, à cause de l'aide apportée par les soldats de l'empire, les colonies ne pourront plus être assujetties comme avant la guerre, la France, traumatisée par la défaite de 1940 et décidée à reconquérir une place de premier plan au niveau mondial, ne semble pas prête à abandonner ses possessions coloniales.

# Des visions coloniales divergentes

La Grande-Bretagne pratique dans ses colonies une politique d'association (politique coloniale qui associe les autorités indigènes à la gestion du territoire dominé, la métropole se contentant d'une administration indirecte). Elle réalise que les liens économiques peuvent survivre à la fin de la domination politique. C'est ainsi que les états nouvellement indépendants sont invités à entrer dans le Commonwealth.

La France, héritière des idéaux de 1789, est favorable à une politique d'assimilation, qui vise à intégrer les peuples colonisés à la nation en en faisant des citoyens, une fois que ceux-ci seront jugés aptes. La France n'est donc pas préparée à accepter les revendications nationalistes dans ses colonies. Et si l'Empire prend le nom d'Union française en 1946, les pouvoirs accordés aux peuples d'outre-mer restent largement symboliques. Dans l'immédiat après-guerre, les premières insurrections sont durement réprimées par l'armée (Sétif en mai 1945, Madagascar en 1947).

# Les premières indépendances en Asie

En Inde, les Britanniques acceptent l'indépendance en 1947. Le pays est partagé en deux entités distinctes : l'Union indienne, à majorité hindoue, et le Pakistan musulman, divisé en deux territoires distants de 1700 km (le Pakistan oriental prendra en 1971 le nom de Bangladesh). D'autres possessions coloniales britanniques accèdent à l'indépendance : la Birmanie en 1947, Ceylan (Sri Lanka) en 1948, la Malaisie en 1957.

L'Indonésie obtient quant à elle l'indépendance des Pays-Bas en 1949.

En Indochine française, Hô Chi Minh proclame l'indépendance du Vietnam au lendemain de la capitulation japonaise. Si la France semble dans un premier temps accepter cette indépendance dans le cadre de l'Union française, elle n'entend en réalité pas abandonner le Vietnam. Les négociations avec le parti d'Hô Chi Minh, le Viet-minh, échouent, et la guerre éclate en 1946. Après huit ans de conflit, la France doit se résoudre à abandonner le Nord-Vietnam au Viet-minh, aidé militairement par la Chine communiste de Mao Zedong depuis 1949. les accords de Genève signés en 1954 consacrent l'indépendance des trois états issus de l'Indochine : le Laos, le Vietnam (partagé en deux le long du 17ème parallèle) et le Cambodge.

Sélection sur la guerre d'Indochine

Questions sur la vidéo "Diên Biên Phû à l'heure de l'assaut"

question 6

D'après le commentaire, peut-on se faire une idée de la topographie du site de Diên Biên Phû ?

question 7

Quelles sont les deux forces en présence ?

question 8

Qui sont les combattants que l'on voit à l'image ? Les "éléments viets" du général Giap combattent-ils à visage découvert, comme les Français ?

question 9

Les images des combats et des tirs : Quel est le procédé filmique qui renforce l'impression d'un combat difficile ?

question 10

Dans quel but selon le commentaire le général Giap a-t-il jeté toutes ses forces dans cette bataille ?

En 1954 l'opinion publique française est lasse de cette Guerre d'Indochine qui n'en finit pas et contribue à l'instabilité ministérielle sous la IVe République. Au plan international, une conférence de paix doit s'ouvrir à Genève en juin 1954, officiellement afin de régler définitivement la guerre en Corée (dont les combats ont cessé l'année précédente), mais qui portera également sur la question indochinoise.

C'est dans ce contexte que commence la bataille décisive de Diên Biên Phû entre l'armée française d'un côté et les troupes viet-minh de l'autre (largement soutenues par la Chine et l'URSS).

Le lieu de la bataille choisi par l'Etat-major français se révèlera être un choix désastreux, parce que l'armée a largement sous-estimé les capacités des combattants viet-minh. Ainsi, la cuvette de Diên Biên Phû se révèle un piège pour les forces françaises, qui capitulent le 7 mai 1954.

# Les indépendances africaines

# La décolonisation en Afrique noire

Suite à la conférence de Bandung tenue en 1955 (voir plus bas) et aux premières indépendances concédées en Asie, les métropoles coloniales comprennent que l'indépendance de leurs anciennes colonies est inéluctable.

Dans les colonies britanniques, le processus s'étend de 1957 avec le Gold Coast (Ghana) à 1964 avec la Rhodésie du Nord (Zambie). La France propose quant à elle une autonomie grandissante à ses colonies africaines, d'abord avec la Loi-Cadre Defferre de 1956, puis avec la création de la Communauté française en 1958 (que seule la Guinée de Sékou Touré refuse, devenant ipso facto la première colonie française d'Afrique noire indépendante). Dans le courant de l'année 1960, la France accorde l'indépendance à toutes ses colonies d'Afrique noire.

Au Congo belge, l'indépendance mal préparée plonge le pays nouvellement indépendant dans une période d'instabilité. En Rhodésie du Sud, les colons européens confisquent le pouvoir politique et ne s'inclinent qu'en 1980, avec la création du Zimbabwe. A cette date, le Portugal ayant donné l'indépendance à ses colonies africaines, presque toute l'Afrique est indépendante.

Notons le cas particulier de l'Afrique du Sud, où la minorité blanche, pour rester maître du pouvoir, instaure un régime ouvertement raciste, l'apartheid.

Sélection sur les indépendances africaines

Questions sur la vidéo "La proclamation d'indépendance de Madagascar"

question 11

La première partie du reportage revient sur la proclamation d'indépendance de Madagascar. Quelles sont les deux séquences traditionnelles qui illustrent ce moment important ?

question 12

Le reportage présente ensuite des vues de la capitale du jeune Etat, Tananarive.

A votre avis, quelle était la question posée par referendum aux Malgaches, et à laquelle ils ont répondu "oui" ?

question 13

Quelles sont les grandes communautés culturelles et religieuses présentées dans le reportage ?

question 14

L'éducation : Quel est le taux d'enfants scolarisés selon le reportage ? Quelles langues les écoliers apprennent-ils ? En quoi ces informations font-elle l'éloge de la France ?

question 15

En quoi la dernière séquence (l'agriculture) s'oppose-t-elle au reste du reportage ?

Ce reportage des actualités françaises est constitué de deux parties distinctes. La première propose des images traditionnelles d'un moment officiel - le jour de l'indépendance : signature du traité par les plénipotentiaires, puis au stade remise du drapeau et défilé militaire devant les personnalités officielles.

La seconde partie, plus inhabituelle, s'attache à présenter aux téléspectateurs français quelques aspects de la société malgache. Les images de la ville moderne un jour de marché et des membres des différentes communautés déambulant paisiblement, portés par une petite musique entraînante, dressent un tableau idyllique du pays et de ses habitants. La séquence sur l'école, en insistant sur l'apprentissage du français et le taux de scolarisation de 100%, et en montrant des élèves studieux et soignés, fait l'éloge de la colonisation française et de sa mission civilisatrice, cadeau que le jeune état indépendant reçoit en héritage. La dernière séquence ne fait qu'effleurer le problème crucial que va devoir affronter Madagascar, comme bien d'autres anciennes colonies : la dépendance à l'égard d'une agriculture vivrière, soumise aux aléas climatiques, pour nourrir sa population, et l'absence d'industrie susceptible de créer des richesses.

En ce sens, ce reportage qui se veut bienveillant à l'égard du jeune état fait surtout preuve d'un paternalisme appuyé.

Questions sur la vidéo "L'apartheid en Afrique du Sud"

question 16

Le reportage s'attache d'abord à présenter rapidement l'histoire des Afrikaners, les Blancs d'Afrique du Sud. D'après leurs noms de famille, de quels pays européens sont originaires les Afrikaners ? Contre quelle métropole coloniale se sont-ils battus au début du XXe siècle ?

question 17

Le reportage présente ensuite la politique de l'apartheid. En quoi consiste l'apartheid ? Qui sont les deux groupes que l'apartheid oppose ?

question 18

Quels sont les exemples présentés de l'apartheid ?

question 19

Comment sont présentés les Noirs dans ce reportage, par les images, la musique et par le commentaire sur la démographie ?

question 20

Le commentaire porte-t-il un jugement moral sur l'apartheid ? Semble-t-il prendre le parti des Blancs ou des Noirs ?

Ce reportage tourné en 1954 cherche à présenter aux Français la politique de l'apartheid, mise en place en Afrique du Sud à partir de 1948 avec les premières lois ségrégationnistes. Le début du reportage rappelle de manière très rapide l'histoire des Afrikaners et la guerre anglo-boer du début du siècle. Ensuite, en apparence le commentaire est neutre quand il égrène les lieux où se matérialise la séparation des races (autobus, tramways, bancs publics, espaces de meetings...). Cependant la population noire d'Afrique du Sud est présentée comme une masse menaçante incapable de maîtriser sa démographie ("Lorsque naît un enfant blanc, dix enfants noirs voient le jour") et figée dans des clichés colonialistes (les femmes à demi-nues utilisant des techniques de cuisson archaïques).

Au total, le commentateur ne condamne pas la politique raciste du pouvoir blanc en Afrique du Sud. Au contraire, il semble l'expliquer sinon la justifier, en présentant les Noirs de façon inquiétante (le mot "angoissant" est répété au début et à la fin du reportage, et le sujet s'achève par un plan sur une multitude d'enfants noirs sautant en tous sens).

# En Afrique du Nord

Dans ses protectorats du Maroc et de Tunisie, la France accorde rapidement l'indépendance réclamée par les mouvements indépendantistes, comme le Néo-Destour d'Habib Bourguiba en Tunisie. En 1956, la Tunisie et le Maroc obtiennent l'indépendance sans heurts.

Sélection sur le Maroc et la Tunisie

# La question algérienne

En raison des liens particuliers qui unissent la France à l'Algérie - constituée de département français - et de la présence de nombreux colons européens en Algérie, la question algérienne va se révéler très douloureuse. Elle va entraîner une guerre traumatisante de huit années, provoquer la chute de la IVe République, et peser jusqu'à aujourd'hui dans les relations entre les deux pays.

Pour l'étude de cette question, on pourra consulter le parcours La guerre d'Algérie à partir des images d'actualité .

Sélection sur l'Algérie

# L'affirmation du Tiers Monde

# La conférence de Bandung

Qualifiée de "coup de tonnerre" par Léopold Sedar Senghor, alors envoyé officiel français et futur président du Sénégal, la conférence de Bandung qui se tient en Indonésie en avril 1955 suscite d'immenses espoirs chez les pays nouvellement indépendants : c'est la première fois qu'une conférence internationale se réunit sans aucun pays européen et sans les deux grands qui dominent le monde d'après-guerre, les Etats-Unis et l'URSS.

Les pays représentés à Bandung ont en commun d'appartenir à ce que le démographe français Alfred Sauvy a désigné en 1952 sous le terme de "Tiers-monde". La résolution finale de la conférence appelle à la poursuite de la décolonisation en Afrique (dont à cette date certains pays encore colonisés sont invités en tant qu'observateurs) et à la non-ingérence des grandes puissances dans les affaires intérieures de leurs anciennes colonies. Elle adopte également le principe d'une coopération économique entre pays riches et pays pauvres.

Pour certains en effet, qu'on a appelé les "tiers-mondistes", le sous-développement du "Sud" est attribué à la colonisation puis à la domination néo-coloniale d'un "Nord" dont il s'agit d'obtenir réparation. En ayant introduit des éléments de modernité dans des cadres sociaux et culturels traditionnels, en ayant encouragé les cultures d'exportation au détriment des cultures vivrières, en ayant tracé, particulièrement en Afrique, des frontières nationales arbitraires, les anciennes métropoles coloniales auraient détourné à leur profit les richesses du Tiers-Monde et créé des inégalités profondes.

# L'unité impossible

Dans les années qui suivent la conférence de Bandung, plusieurs initiatives peuvent faire croire à la réalité d'un Tiers-monde uni face aux grandes puissances. Préparée à Brioni en 1956, la conférence de Belgrade de 1961 voit naître le mouvement des non-alignés, qui conteste la partition du monde en deux blocs dans le contexte de guerre froide et prône l'émergence d'une troisième voie afin de préserver la paix.

Au sein de l'ONU, les pays du Tiers-monde dénoncent le pillage de leurs ressources par les grandes puissances. Malgré quelques initiatives (création de la CNUCED en 1964, "Charte des droits et devoirs économiques des Etats" adoptée en 1974), les progrès restent limités. En fait, au sein des pays du Tiers-Monde, des divergences d'opinions apparaissent entre pays pro-occidentaux, communistes et neutralistes. Elles ne permettent pas aux délégations présentes d'affirmer une position claire et commune de non-alignement par rapport aux Etats-Unis et à l'URSS. En définitive, la tentative de constituer une force diplomatique capable de peser sur le plan international échoue.

Questions sur la vidéo "La rencontre tripatite de Brioni"

question 21

Qui participe à cette conférence ?

question 22

Quel est le sujet dont traite la conférence de Brioni d'après le commentateur ?

question 23

Quel est le jugement que porte le commentaire sur l'ensemble de la conférence ?

question 24

Le commentateur semble-t-il prendre au sérieux les conclusions de la conférence ?

Ce sujet des actualités françaises est typique du traitement des événements internationaux par la presse filmée : un sujet très court (34 secondes), montrant l'arrivée des chefs d'état puis la table des débats, sans expliquer de quoi il est vraiment question à la conférence de Brioni, et encore moins proposer une véritable analyse de l'événement.

Le ton condescendant du journaliste montre le peu d'importance accordée à ce qui a pu être dit à Brioni par les trois futurs fondateurs du mouvement des non-alignés.

# La réalité du développement

Aujourd'hui l'expression "Tiers-Monde" est devenue obsolète tant la diversité des pays qu'il désignait au sortir de la guerre est devenue importante.

Les pays producteurs de pétrole, regroupés au sein de l'OPEP, ont bénéficié des chocs pétroliers des années 1970 et se sont enrichis. En Amérique latine et en Asie, les NPI (Nouveaux Pays Industriels) ont connu une forte croissance et sont à leur tour devenus des pays exportateurs de produits manufacturés. Restent à l'écart du développement ceux qu'on appelle les PMA "pays les moins avancés", dont la plupart sont situés en Afrique noire, qui souffrent de mal-développement et dépendent de l'aide extérieure.

# Ressources

Bibliographie sélective

  • M'Bokolo Elikia, L'Afrique au XXe siècle : le continent convoité, Seuil, 1985.
  • Ageron, Charles-Robert. La décolonisation française, Armand Colin, Coll. Cursus, 1991.
  • Almeida-Topor, Hélène (d'), Naissance des États Africains, Casterman, 1996.
  • Ferro, Marc (dir), Le livre noir du colonialisme. XVIe –XXIe siècle : de l'extermination à la repentance, Paris, Laffont, 2003.

Sites internet

  • Dossier des Nations Unies sur la décolonisation.
  • Une conférence d'Elikia M'Bokolo : "Colonisation, décolonisation, Postcolonialisme" sur le site Canal-U.

Filmographie

  • La 317e Section, Pierre Schoendoerffer, 1965.
  • Avoir 20 ans dans les Aurès, René Vautier, 1972.
  • Gandhi, Richard Attenborough, 1982.
  • Tabataba, Raymond Rajaonarivelo, 1988.
  • Chocolat, Claire Denis, 1988.
  • Chronique des années de braise, Mohamed Lakhdar Hamina, 1975 (Palme d'Or à Cannes en 1975).
  • Indigènes, Rachid Bouchareb, 2006 (prix d'interprétation masculine à Cannes en 2006)