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La crise ministérielle : déclaration de Mendès France

Date de diffusion : 16 juin 1954

Cinq jours après la fin du débat parlementaire sur l'Indochine, et à la veille de son discours d'investiture, Pierre Mendès France, qui vient de remplacer Joseph Laniel à la présidence du Conseil, est interviewé par Jacques Perrot.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000028

Contexte historique

Par Eve Bonnivard

Après la chute du gouvernement Laniel, Pierre Mendès France est investi président du Conseil le 18 juin 1954. Soutenu par le nouvel hebdomadaire L'Express, qui mobilise l'opinion en sa faveur, Pierre Mendès France, qui a failli accéder à la présidence du Conseil en mai 1953, apparaît après la défaite de Diên Biên Phû le seul homme capable de sortir la France du bourbier indochinois. Il faut dire qu'il a déjà, à maintes reprises, pris publiquement position sur la question.

Dès 1950 en effet, les difficultés allant croissant en Afrique du Nord et en Indochine, il se pose en "procureur parlementaire et en Cassandre de presse", selon l'expression de J.-P. Rioux [article "Pierre Mendès France", in Dictionnaire historique de la vie politique française, J.-F Sirinelli (dir.), PUF, 1995]. A chaque débat parlementaire s'élève, lucide et impérieuse, la voix de "PMF", selon le surnom que lui donne L'Express, pour rappeler que "gouverner, c'est choisir".

Éclairage média

Par Eve Bonnivard

Recevant dans son bureau de la rue du Conseiller-Colignon une équipe de télévision, Pierre Mendès France expose aux spectateurs du journal télévisé les "difficultés de l'heure" et l'"état d'esprit" dans lequel il entend y faire face. Pour Mendès France, tout gouvernement issu de la volonté populaire se doit d'expliquer directement aux citoyens les principes de l'action, les méthodes et les activités de l'exécutif. Dans cette perspective, le journaliste, ici Jacques Perrot, n'exerce pas un rôle critique mais sert de faire-valoir ; il est là pour recueillir une déclaration solennelle. Piètre orateur, PMF s'exprime sur un ton monocorde en lisant ses notes. C'est incontestablement un homme de radio, où sa voix fait merveille.

A partir du 26 juin 1954, il inaugure ainsi ses fameuses causeries radiophoniques du samedi, inspirées des fire-side chats de Roosevelt. On remarque l'exhibition des moyens techniques (plan sur le caméraman donnant le signal du début de l'enregistrement), un procédé caractéristique du journalisme télévisuel de l'époque.

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