Investiture de Monsieur Edgar Faure

Date de diffusion : 25 févr. 1955

Investi à la présidence du Conseil le 25 février 1955, Egdar Faure présente le nouveau gouvernement, en présence du président René Coty.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000043

Contexte historique

Par Philippe Tétart

Lorsque Pierre Mendès France est déchu par l'Assemblée, le 6 février 1955, Edgar Faure, ministre à de multiples reprises depuis 1949 et fort d'une première et précoce expérience à la présidence du Conseil (en 1952), fait figure de successeur. Parmi ses atouts, le député radical du Jura est l'un des plus fins tacticiens de la IVe République. De plus, il apparaît pouvoir poursuivre la politique de Pierre Mendès France, avec lequel il rivalise au sein du parti radical, lui sur l'aile droite, Mendès à gauche, mais avec un sens plus poussé de la transgression des clivages politiques et de la conciliation. Ces deux qualités doivent en principe lui éviter de s'affronter à l'une des fréquentes crises politiques que connaît la IVe République. Après le retrait d'Antoine Pinay dans la course à Matignon et l'échec de Christian Pineau à former un gouvernement, René Coty sollicite Edgar Faure. Ce dernier est investi le 25 février.

À la tête d'un gouvernement restreint de centre-droit, il "mène (...) une politique qui n'est pas outrageusement éloignée de celle de son prédécesseur" [E. Duhamel, "Edgar Faure", in Sirinelli Jean-François (dir.), Dictionnaire historique de la vie politique française, Paris: PUF, 1995], en matière économique et européenne, mais aussi sur la question coloniale, avec la poursuite de l'autonomisation tunisienne et l'amorce d'un processus comparable du Maroc. De même, en Algérie, son gouvernement poursuit la politique de représailles contre le FLN.

On considère d'ailleurs que c'est sous le mandat d'Edgar Faure que la guerre d'Algérie atteint un point de non-retour, le vote de l'état d'urgence (en juin) puis le massacre du Constantinois (en août) creusant un insurmontable fossé entre les deux communautés.

Éclairage média

Par Philippe Tétart

Sous une forme à la didactique très insistante (cf. le titre "La fin de la crise" en surimpression sur une vue générale extérieure de l'Assemblée nationale), cette courte séquence sur l'investiture du gouvernement Edgar Faure souligne combien "la délivrance" du vote du 23 février ("Edgar Faure a réussi !") permet à la France de renouer avec un climat moins tendu que celui qui prévaut depuis le début de la guerre d'Algérie, en novembre 1954, et plus particulièrement depuis la chute du gouvernement Pierre Mendès France, le 6 février.

La télévision retraduit ici le soulagement qui prévaut à l'issue de cet intermède difficile en insistant sur la relance de la vie parlementaire (image d'un hémicycle plein) et en annonçant la "reprise du travail" pour le gouvernement.

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