Vingt Minutes avec le président du Conseil, Guy Mollet (5) : vie privée

Date de diffusion : 18 juin 1956

Au cours d'un entretien informel dans son bureau, à Matignon, Guy Mollet, président du Conseil, répond aux questions de Pierre Sabbagh sur son entourage et ses origines.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000056

Contexte historique

Par Philippe Tétart

Lorsqu'il accède aux plus hautes responsabilités gouvernementales, en janvier 1956, Guy Mollet tire notamment sa légitimité d'avoir gravi les échelons de la méritocratie républicaine grâce à sa seule détermination. Ainsi le président du Conseil, archétype de "boursier conquérant" comme plus tard Georges Pompidou, [Jean-François Sirinelli, in Philippe Tétart (ed.), Georges Pompidou homme de culture, Centre Georges Pompidou, 1995], parle volontiers de ses origines simples et de son statut de pupille de la nation (son père meurt de ses blessures de guerre lorsqu'il a douze ans, sa mère est concierge).

C'est pour lui une manière de façonner l'image politique d'un homme revendiquant, y compris à Matignon, son appartenance au peuple et, in fine, la conscience de ses besoins. De la même façon il souligne son attachement à Arras, ville dont il est maire depuis 1945, un an avant de devenir secrétaire général de la SFIO. Ces deux facettes permettent de rappeler la mémoire du "camarade en république" [Bernard Ménager (dir.), Guy Mollet. Un camarade en République, Lille: PUL, 1987], socialiste militant et connaisseur du terrain, préoccupé de chantiers sociaux (assurance vieillesse, troisième semaine de congé payé). Cet aspect du combat politique, de l'action gouvernementale de Guy Mollet et de sa personnalité a largement été occulté par la gravité de la guerre d'Algérie.

Éclairage média

Par Philippe Tétart

Connaître l'intimité des hommes politiques est une des possibilités nouvelles que les émissions politiques offrent aux téléspectateurs à partir du milieu des années 1950. Cette émission conçue par le journaliste Pierre Sabbagh en est une illustration. Dans sa conception et sa réalisation, elle rompt avec les interventions politiques radiotélévisées souvent proches du discours filmé et jouant rarement sur la spontanéité. À l'inverse, ici, dans une mise en scène conviviale, Guy Mollet, président du Conseil, dialogue avec un naturel étudié. Il souligne quel "plaisir" il éprouve à ce "bavardage" l'amenant à évoquer sa mère, ses enfants et petits-enfants, ses rares moments de détente, enfin son lien privilégié avec le Nord (Arras). Il en ressort l'image d'un homme de responsabilité certes, mais aussi d'un homme simple, comme les autres. Pas tout à fait du reste… Pierre Sabbagh le souligne habilement à la fin de l'entretien lorsque Guy Mollet doit répondre à un "faux" coup de téléphone : "Ce coup de téléphone me rappelle que je suis avec le président du Conseil et non pas seulement avec Guy Mollet" [cf. Carole Lécuyer, "Documents d'actualité 1956" in Ageron Françoise, Lévy Marie-Françoise (dir.), Voir et savoir. Images du temps présent à la télévision, INA, 1997].

De l'art de dire au téléspectateur sa chance d'avoir pu partager un moment d'intimité avec le président du Conseil en personne - un président du Conseil soucieux d'introduire la télévision parmi les outils de communication politique, afin de gérer au mieux son image publique.

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