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La situation aux usines Renault de Billancourt en mai 1968

La situation aux usines Renault de Billancourt en mai 1968

Date de diffusion : 17 mai 1968 | Date d'évènement : 15 mai 1968

Les ouvriers des usines Renault à Boulogne-Billancourt sont entrés en grève en mai 1968. Ils font état de leurs revendications et de leurs différences avec les étudiants.

Niveaux et disciplines

Ressources pédagogiques utilisant ce média

  • Niveaux: Cycle 4 - Lycée général et technologique

    Mai 68

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
15 mai 1968
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000107

Contexte historique

Par Jean-Claude Lescure

Dans la phase sociale de mai 68 éclatent des grèves et des occupations d'usines et d'entreprises. Le 16 mai, les ouvriers de l'usine Renault de Boulogne-Billancourt cessent le travail, sans mot d'ordre syndical. Le mouvement est d'abord spontané, ce n'est que dans un second temps que des cadres syndicaux se rallient à la grève. Le 17mai, le Conseil confédéral de la CGT se réunit et déclare en déformant les faits que "l'action engagée à l'initiative de la CGT et avec d'autres organisations syndicales crée une situation nouvelle et revêt une importance exceptionnelle."

La grève est acceptée, mais tout mot d'ordre de grève générale est écarté ; la CGT tente de réduire le mouvement à une série de revendications strictement professionnelles, en évitant tout rapprochement avec les étudiants dont elle craint l'engagement révolutionnaire trop marqué, qui concurrencerait l'implantation de la CGT dans les entreprises et du Parti communiste dans le jeu politique. Les dénonciations de la "grève insurrectionnelle" se multiplient. Les étudiants venus pour obtenir l'appui du monde ouvrier et rallier de nouvelles forces à un mouvement qui devient révolutionnaire restent bloqués à la porte de l'usine. La crainte de voir les ouvriers et les étudiants se réunir est partagée par la CGT et le gouvernement.

Éclairage média

Par Jean-Claude Lescure

Avec la crise sociale qui se développe, les journalistes de l'ORTF tentent d'améliorer la couverture médiatique des événements, malgré la pression du pouvoir qui entend encore contrôler l'information, sans réussir véritablement à le faire. Le 14 mai, dans leur magazine de la deuxième chaîne Zoom, André Harris et Alain de Sédouy ont organisé un débat en invitant Daniel Cohn-Bendit, Jacques Sauvageot et Alain Geismar.

Les journalistes essaient donc de couvrir désormais les événements de façon différente, laissant davantage les acteurs de l'actualité s'exprimer comme dans ce sujet où le commentaire cède la place rapidement aux protagonistes de la grève : d'un côté les responsables de la CGT affirment leurs positions et leurs analyses, de l'autre, un étudiant expose pourquoi il vient à la rencontre des ouvriers. La parole est laissée aux orateurs qui tiennent meeting dans l'usine Renault, sur l'Île Seguin, bastion symbolique du mouvement ouvrier français et de l'implantation syndicale de la CGT. La position de la direction n'est pas connue, les autorités politiques sont ignorées. La caméra opère des plans serrés des personnes interviewées, et des plans larges lors du meeting, ce qui accentue l'impression de foule et de mobilisation importante des ouvriers de la Régie Renault.

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