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Investiture de François Mitterrand

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 21 mai 1981

François Mitterrand prend ses fonctions de président de la République en mai 1981. La journée est marquée par son investiture et des cérémonies officielles notamment au Panthéon.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000144

Contexte historique

Par Jean-Claude Lescure

A 9h30, le jeudi 21 mai, une CX grise pénètre dans la cour de l'Elysée : pour la première fois depuis Vincent Auriol, un président socialiste va occuper les lieux. Valéry Giscard d'Estaing l'informe des derniers développement de la situation internationale en URSS et en Libye, se préoccupe de la carrière à venir de ses collaborateurs, et remet à François Mitterrand les clés du feu nucléaire. La centaine de journalistes présents et les quelques 300 personnalités invitées participent aux cérémonies d'investiture prévues par le protocole : proclamation des résultats de l'élection présidentielle par le président du Conseil constitutionnel, remise du Collier de grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur, discours d'investiture. La cérémonie s'éloigne ensuite du protocole traditionnel selon la marque que lui imprime François Mitterrand : le président sort du palais de l'Elysée, il remonte les Champs Elysées et rend hommage au soldat inconnu sous l'Arc de triomphe : sous la pluie, dans le cabriolet Citroën SM, le monarque républicain remplace le premier secrétaire du parti socialiste vainqueur de l'élection présidentielle. Cette image se renforce en fin de journée par la cérémonie au Panthéon.

Éclairage média

Par Jean-Claude Lescure

La journée d'investiture est retransmise en direct par la télévision. Elle est reprise ensuite par les journaux télévisés et marque les esprits : l'investiture n'est pas seulement un acte politique mais aussi un acte de communication destinée aux spectateurs et à l'histoire. Le montage retenu par les journaux télévisés illustre la perception immédiate de la journée : la rencontre entre les présidents de la République dure 45 mn, temps d'antenne qu'il faut occuper en s'intéressant aux invités présents dans les salons du palais présidentiel. Le silence est fait sur le départ du président sortant sous les huées du public massé aux portes de l'Elysée.

L'extrait du premier discours présidentiel de François Mitterrand insiste sur l'idée de "Président de tous les Français", délaissant les références historiques et l'inscription dans la lignée de Jaurès, du Front populaire et de la Libération. En revanche, l'accolade à Pierre Mendès France est mise en valeur. La visite à l'Hôtel de Ville de Paris, dont le Maire Jacques Chirac, fait désormais figure d'opposant principal, est traité sous l'angle protocolaire (signature de parchemin et remise de médaille), sans que les discours prononcés soient précisés : Jacques Chirac se réfère à Sainte Geneviève, Jeanne d'Arc et au Général de Gaulle, tandis que François Mitterrand évoque 1792 et la 1re République, la révolution de 1848 puis la Commune de Paris de 1871 et de Gaulle. L'actualité récente est esquivée, mais les références historiques choisies mettent en valeur deux visions de l'histoire de France.

Le commentaire mentionne en revanche la présence de la foule qui accompagne le nouveau président. "L'état de grâce est perceptible" lorsque François Mitterrand traverse la Seine, et gagne la rue Soufflot devant le Panthéon. Jouée par l'Orchestre de Paris, la 9e symphonie de Beethoven résonne. François Mitterrand gagne le Panthéon à pieds pour une cérémonie qu'il a voulue et dont il a confié l'organisation à Jack Lang. Le réalisateur Serge Moati est chargé de le filmer. Il dispose d'un matériel considérable, de nombreux éclairages et caméras à l'extérieur et dans le bâtiment : alors que le commentaire insiste sur la solitude du président dans le Panthéon, il n'est pas seul en réalité, les techniciens, habillés de noir, sont nombreux pour imprimer la pellicule. Le journal télévisé simplifie également les choses : les mausolées de Jean Moulin, de Jean Jaurès sont fleuris, mais également celui de Victor Schœlcher, qui a permis l'abolition de l'esclavage. Or ce dernier est passé sous silence par le journal télévisé, dont les auteurs estiment sans doute que cet hommage n'est pas compréhensible et surtout que l'homme est inconnu du public. Malgré cela, la cérémonie au Panthéon marque les esprits : pour Jean-Marie Colombani, François Mitterrand forge sa légende républicaine, tandis que pour Franz-Olivier Giesbert, c'est une faute de goût de François Mitterrand qui "se prend pour l'histoire qui passe".[Colombani, Jean-Marie, Portrait du Président, Paris, Gallimard, 1985 / Giesbert, Franz-Olivier, Le Président, Paris, Le Seuil, 1990]

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