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Le plan d'austérité d'Edouard Balladur

Le plan d'austérité d'Edouard Balladur

Date de diffusion : 10 mai 1993

Le Premier ministre Edouard Balladur présente en mai 1993 lors d'une conférence de presse la politique économique du nouveau gouvernement.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000161

Contexte historique

Par Eve Bonnivard

Tout réussit au Premier ministre dans les premiers mois. Sa côte de confiance exceptionnellement élevée, qui se maintiendra pendant plus de dix mois au-dessus de 60%, lui donne une marge de manœuvre importante pour prendre des mesures impopulaires sur le plan économique. La situation des finances publiques de la France est en effet catastrophique, le déficit étant compris entre 320 et 360 milliards de francs pour l'exercice 1993, soit davantage que ce que rapporte l'impôt sur le revenu. Cet écroulement des finances publiques dû au retournement de la conjoncture a pour conséquence d'obérer gravement les comptes sociaux.

A terme, cette situation ne peut être redressée que par le redémarrage de la croissance et la baisse du chômage, mais dans l'immédiat, le 10 mai 1993, le gouvernement adopte un "plan de redressement économique et social": économies budgétaires, augmentation de la CSG et de la taxe sur les carburants et les alcools. Il est prévu en outre le lancement d'un grand emprunt public en attendant les recettes des privatisations que le gouvernement veut relancer et une augmentation de la durée de la cotisation pour la retraite.

Reste, comme le dit Véronique de Saint-Olive, à "faire avaler la potion aux Français". Car le succès d'un plan économique dépend de la confiance. Or, au moins dans deux circonstances, les Français ne la lui marchanderont pas : lors du grand emprunt et de la reprise des privatisations.

Éclairage média

Par Eve Bonnivard

Pour illustrer le thème de la conférence de presse de Balladur, l'austérité, la journaliste trouve des "images prétexte". Les huissiers contrôlant la carte de presse des journalistes en sont un exemple : l'heure n'est plus à "l'esprit de jouissance", mais à l'esprit de sérieux. Sécurité, rigueur : c'est le retour de la droite aux affaires, on ne s'y trompe pas.

L'intervention de Balladur ne dément pas cette impression : le visage inexpressif, sans un sourire, il dresse un constat sévère de la situation économique du pays. Pas d'effet de manche ni de bons mots : les comptes, rien que les comptes. L'ambiance est studieuse parmi les ministres qui prennent consciencieusement des notes comme s'il s'agissait d'un cours d'économie.

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