L'insurrection de Budapest

Date de diffusion : 07 nov. 1956 | Date d'évènement : 23 oct. 1956

L'insurrection de Budapest déclenchée le 23 octobre 1956 est brisée par l'intervention des chars russes le 4 novembre

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
23 oct. 1956
Production :
INA
Page publiée le :
2003
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000179

Contexte historique

Par Eve Bonnivard

Après la mort de Staline le 6 mars 1953, le "nouveau cours" voulu par la direction du PC d'URSS (et qu'illustre en particulier la reconnaissance du "titisme") encourage à plus de hardiesse les éléments réformistes et libéraux dans les démocraties populaires. Les révélations du XXe Congrès sur les crimes de Staline laissent espérer un "dégel du glacier des dogmes".

En Hongrie, le 23 octobre 1956, à l'issue d'une manifestation rassemblant plus de 10 000 personnes, une statue de Staline est renversée. Des unités de l'armée hongroise envoyées pour rétablir l'ordre fraternisent avec les manifestants. Devant l'ampleur des événements, les Soviétiques se retirent de Budapest. Un nouveau gouvernement porté par la volonté populaire et dirigé par Imre Nagy s'installe au pouvoir. Sous la pression populaire qui revendique des élections libres et le rejet du pacte de Varsovie, Imre Nagy annonce le retour au pluralisme politique. Mais en affirmant, le 1er novembre, la neutralité de la Hongrie, il franchit une limite inacceptable pour l'URSS, soucieuse de l'intégrité du bloc soviétique.

Le 4 novembre, un millier de chars russes envahissent la capitale. Janos Kadar est placé au pouvoir. La répression qui s'ensuit fait près de 20 000 morts et 15 000 déportés, tandis que des dizaines de milliers de Hongrois prennent le chemin de l'exil. Imre Nagy sera exécuté le 17 juin 1958.

Éclairage média

Par Eve Bonnivard

Ce document prend fait et cause pour l'insurrection hongroise. Davantage qu'un compte-rendu journalistique, il s'agit d'un vibrant hommage au sacrifice du peuple hongrois, érigé en martyr de la lutte du monde libre contre la dictature soviétique. Les termes choisis, mais aussi les images (désarroi des insurgés, cohortes de réfugiés) révèlent la compassion du locuteur pour le "drame" des Hongrois. La musique concourt à la dramatisation, de même que le ton sombre et solennel du commentateur ("le deuil d'une nation écrasée par la conscience du monde").

Le discours du ministre des Affaires étrangères du gouvernement Mollet se veut à la fois un puissant témoignage de solidarité et une diatribe contre l'ONU, accusée de ne prêter attention qu'aux aventures d'un "dictateur égyptien", en l'occurrence le colonel Nasser. Christian Pineau, ancien militant syndical, résistant et déporté, accuse l'URSS de s'abriter derrière ce rideau de fumée pour réprimer dans l'indifférence générale l'aspiration des Hongrois à la liberté.

La référence à la Résistance et à la Seconde Guerre mondiale, inscrite en filigrane, se fait explicite lorsque la voix off dit, à propos des images des exilés, qu'elles "rappellent les heures les plus tristes de l'exode". La tension dramatique, portée par la musique, s'accroît à mesure qu'approche le dénouement de ce récit très bien construit : "Les chars russes arrivent....Nouvelle fusée...Les chars russes sont là...Un grand silence tombe sur la Hongrie."

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