Le nouveau franc succède en 1960 au franc Bonaparte

Date de diffusion : 06 janv. 1960 | Date d'évènement : 01 janv. 1960

Le "nouveau franc" ou "franc lourd" entre en vigueur le 1er janvier 1960. Un nouveau franc vaut 100 anciens francs. Il est par ailleurs défini par 180 mg d'or fin (contre 290 pour son prédécesseur).

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
01 janv. 1960
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000356

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Lors de son retour au pouvoir en 1958, le général de Gaulle doit faire face à une situation financière des plus préoccupantes. L'inflation, que la politique menée par Antoine Pinay en 1952 avait quelque peu ralentie, fut en effet relancée par la guerre d'Algérie. Le déficit budgétaire est considérable et la balance des paiements gravement déséquilibrée. Or le rétablissement de la situation est d'autant plus urgent que la France s'apprête à rentrer dans le marché commun (traité de Rome, 1957) et qu'une monnaie trop faible la condamnerait inévitablement face à un concurrent comme l'Allemagne.

Afin de rétablir les grands équilibres, le gouvernement adopte en décembre 1958 un plan d'assainissement monétaire (plan "Pinay Rueff") : réduction des dépenses budgétaires, suppression de l'indexation des salaires sur les prix (à l'exception du SMIG), dévaluation du franc de 17,55 % et création d'un "nouveau franc" (1 nouveau franc = 100 anciens francs) afin de repartir sur des bases monétaires plus solides. L'entrée en vigueur de ce nouveau franc est préparée par Antoine Pinay, ministre des Finances.

L'opération est considérable : tous les moyens de paiement, les dépôts sur compte, les mandats, factures et amendes doivent être libellés en nouveau franc au matin du 1er janvier 1960. Les machines comptables, les chéquiers, les timbres, comptes bancaires, catalogues de ventes par correspondance... doivent être modifiés à temps. Les réactions furent plutôt vives sur le moment : inquiétude des patrons, grogne des agriculteurs, récriminations des salariés. L'opinion se sentait appauvrie puisque le salaire moyen tombait de 61 000 anciens francs à 610 nouveaux francs. Mais la suite démontrera de façon éclatante la justesse des décisions prises : la balance des paiements se rétablira promptement tandis que l'inflation se ralentit. Le plan "Pinay Rueff" a ainsi ouvert la voie à l'expansion continue et à la prospérité croissante qui seront une caractéristique des années 60.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Le commentaire ne cache pas les difficultés psychologiques susceptibles d'être provoquées par l'opération (sentiment d'appauvrissement puisque les salaires sont divisés par cent) et la difficulté de s'y retrouver entre "nouveaux francs" et "anciens francs". Mais en retraçant rapidement les grandes étapes de l'histoire du franc depuis 1814 et les dévaluations successives, le commentaire présente la création du nouveau franc comme quelque chose d'inévitable. Enfin, il cherche à rassurer les Français en reprenant l'expression inventée par Antoine Pinay de "franc lourd" (il s'agit d'une métaphore sportive, celle des "poids lourds" de la boxe) : le franc pourra désormais faire bonne figure aux côtés du franc suisse ou du mark allemand.

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