Les grèves de Decazeville illustrent le drame de la reconversion minière

Date de diffusion : 03 janv. 1962

Le 19 décembre 1961 les mineurs de Decazeville déclenchent une importante grève pour protester contre la fermeture prochaine des mines à ciel ouvert de l'Aveyron et la volonté du gouvernement de les recaser dans d'autres départements.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000358

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

La croissance des Trente glorieuses ne concerne pas l'ensemble des activités industrielles et s'accompagne d'importants déséquilibres sectoriels. A partir de la fin des années cinquante, l'industrie minière semble irrémédiablement condamnée en France, avec le développement de nouvelles sources d'énergie moins coûteuses sur le territoire français (hydroélectricité, nucléaire) ou le choix d'augmenter les importations de pétrole. En 1959, le "Plan d'adaptation des Houillères" ou "plan Jeanneney" (du nom du ministre de l'Industrie Marcel Jeanneney) prévoyait ainsi d'importantes réductions d'effectifs et la fermeture de plusieurs puits de charbon. L'un des premiers puits concernés par la fermeture était celui de Decazeville, dans l'Aveyron. La fermeture apparaissait d'autant plus durement ressentie que les mines de Decazeville conditionnaient en fait l'activité économique de toute une région.

Pour protester contre la décision du gouvernement, les mineurs entament une importante "grève sur le tas" en décembre 1961. Cette grève désespérée dure plusieurs semaines et mobilise toute une région derrière ses mineurs. Elle apparaît comme la première étape d'un vaste mouvement de grèves des mineurs qui atteindra son paroxysme au cours de l'année 1963 (marche des mineurs sur Paris en mars 1963). Il s'agit d'un véritable chant du cygne pour la "civilisation de la mine" qui avait symbolisé depuis le milieu du XIXe siècle le développement industriel de la France.

Quelques années plus tard, en 1967, ce sera au tour des sidérurgistes de Lorraine d'opposer une résistance comparable à la fermeture de leurs entreprises et au plan de reconversion mis en place par l'Etat dans cette branche (transplantation des industries sidérurgiques à Dunkerque et Fos-sur-Mer).

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Si le reportage insiste bien sur la détresse des mineurs touchés par la fermeture du puits de Decazeville et sur l'ampleur de leur mobilisation, le commentaire rappelle cependant que la décision du gouvernement est celle du bon sens économique et que la France ne peut continuer à exploiter des mines qui ne sont plus rentables. La fermeture des mines apparaît ainsi comme inéluctable et le combat des mineurs constitue un combat désespéré.

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