La France n'échappe pas au phénomène des bidonvilles

Date de diffusion : 09 janv. 1963 | Date d'évènement : 1963

Comme dans la plupart des pays du monde, les grandes villes françaises possèdent à leur périphérie des "bidonvilles" constitués de baraquements précaires, dont l'un des plus importants en France dans les années 60 est celui de Nanterre.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Date de l'évènement :
1963
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000384

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

La croissance des Trente glorieuses n'a pas empêché le maintien en France de poches d'extrême pauvreté. Celles-ci sont notamment particulièrement visibles dans les bidonvilles situés à la périphérie des grandes villes (Lyon, Paris...) où tentent de survivre dans des baraquements précaires et abris provisoires les populations les plus défavorisées (travailleurs immigrés en particulier).

L'un des bidonvilles les plus importants en France au début des années soixante fut notamment celui de Nanterre (la Folie) où vivaient près de dix mille personnes. Il s'agissait essentiellement de travailleurs algériens, marocains ou portugais fournissant une importante main-d'oeuvre aux usines de fonderie, de papeterie ou d'automobiles situées dans l'Ouest parisien. Certains participèrent également aux grands travaux d'aménagements de la Défense à la fin des années cinquante. Les conditions de vie dans ce bidonville de Nanterre étaient déplorables en raison du manque d'hygiène, de la salubrité, et du froid l'hiver. Les ramassages d'ordures étaient très rares, l'accès à l'eau difficile (une seule fontaine desservait l'ensemble du bidonville). Les baraquements construits avec des matériaux de récupération et qui n'étaient pas équipés en électricité n'offraient qu'une protection très maigre contre la pluie, la boue, le froid... Il y eut également de nombreux incendies dramatiques.

Une autre caractéristique du bidonville de Nanterre concernait le développement d'une importante vie économique et sociale interne : avec ses propres commerces, ses cafés, ses coiffeurs... le bidonville vivait en fait en quasi autarcie. Cette activité propre au bidonville permettait le développement d'une réelle solidarité entre ses habitants. Mais il existait également d'importantes tensions, notamment entre les différentes communautés. Pour tenter de mettre fin au phénomène des bidonvilles, les pouvoirs publics encouragèrent leur destruction et la construction sur leur emplacement, ou à proximité, d'ensemble HLM, afin de reloger les personnes concernées.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Le reportage insiste sur le contraste entre la pauvreté et l'archaïsme des bidonvilles et la construction de cités modernes constituées de logement HLM. Grâce à la construction de ces nouveaux logements sous l'égide de l'Etat, la disparition des bidonvilles est présentée comme inéluctable. Mais le relogement des habitants des bidonvilles dans ces nouvelles cités ne fut pas aussi simple et systématique que semble le laisser croire le commentaire. Beaucoup de familles n'avaient pas les moyens de payer de loyers et ont du trouver refuge dans des foyers d'immigrés. L'Etat avait également mis en place des cités de transit dont le but était de constituer une étape entre l'habitat spontané (bidonville) et l'habitat normal (HLM).

Or ces cités de transit n'offraient pas tout le confort nécessaire, comme le démontre ce témoignage d'un ancien habitant d'une cité de transit à Nanterre recueilli par un historien : "ce qu'on ne savait pas, c'est que les maisons étaient en carton, que le chauffage ne marchait pas, que la boue reviendrait dès l'hiver suivant à cause des travaux, que les jeux pour enfants c'était de la camelote".

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