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La politique d'immigration en France de 1974 à 1983

La politique d'immigration en France de 1974 à 1983

Date de diffusion : 29 juil. 1983

A partir de 1974, l'immigration en France a été nettement freinée. En 1981, à son arrivée au pouvoir, la gauche lance une vaste opération de régularisation des clandestins. Mais les immigrés continuent de revendiquer l'amélioration de leurs droits.

Niveaux et disciplines

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000386

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

En 1974, lorsque Valéry Giscard d'Estaing est élu président de la République, la politique d'immigration connaît un véritable tournant. Jusqu'à cette date la France avait largement encouragé la venue des travailleurs étrangers. Mais en raison de la crise et surtout de la très forte augmentation du chômage, le gouvernement Chirac décide le 3 juillet 1974 de suspendre l'immigration vers la France et de fermer les frontières.

En 1977, Lionel Stoleru, secrétaire d'Etat chargé des travailleurs et des immigrés, instaure même une "aide au retour", attribuant une prime de 10 000 francs aux immigrés rentrant définitivement dans leur pays d'origine. En 1980, la loi Bonnet (du nom du ministre de l'Intérieur) accroît les possibilités d'expulsion ou de refoulement des étrangers. Dès l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981, la gauche prend jusqu'en 1983 le contre-pied de la politique précédente : 130 000 étrangers en situation irrégulière sont régularisés, l'aide au retour - qui n'a du reste pas porté ses fruits puisque seuls 60 000 immigrés ont sollicité cette aide - est supprimée, la loi Bonnet est abrogée (l'expulsion des étrangers nés en France ou arrivés avant l'âge de dix ans est interdite) et le regroupement familial est facilité.

Mais dès que fut achevée la vaste opération de régularisation des clandestins, la répression redevint rigoureuse : à partir de 1983 les contrôles furent renforcés et les vérifications d'identité multipliées, et en 1984 l'incitation au départ volontaire est rétablie sous le nom d'"aide à la réinsertion". D'autre part, les travailleurs immigrés commencent à exprimer davantage leurs revendications pour l'amélioration de leurs droits, notamment lors de grèves dans les usines automobiles de Citroën à Aulnay-sous-Bois en février-mars 1983 puis de Talbot à Poissy en décembre 1983, les ouvriers étant en en grande partie d'origine étrangère.

Dans le même temps, les jeunes issus de l'immigration commencent à prendre conscience qu'ils vont définitivement rester en France. C'est du reste alors qu'entre dans le langage courant le mot argotique "beur", désignant un jeune Arabe né en France de parents immigrés.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce reportage consacré à l'immigration traite la question sous la forme d'une rétrospective de 1974 à 1983. Il recourt à des images d'archives accompagnées de quelques dates fournissant des repères au téléspectateur. La première partie de ce sujet est centrée sur la politique d'immigration menée par les différents gouvernements. Celle conduite de 1974 à 1981 est présentée de manière assez institutionnelle par un extrait d'une interview d'un acteur de cette politique, Lionel Stoleru - alors secrétaire d'Etat chargé des travailleurs manuels et immigrés -, et par des plans sur l'hémicycle de l'Assemblée nationale qui illustrent la loi Bonnet de 1980.

Les images choisies pour retracer la politique d'immigration menée par la gauche de 1981 à 1983 privilégient, elles, l'application des mesures prises plutôt que l'aspect ministériel et législatif : la vaste opération de régularisation des clandestins lancée en 1981 est ainsi montrée par des plans sur des immigrés se faisant remettre des papiers d'identité. De même, les mesures prises ensuite par le gouvernement renforçant la lutte contre les clandestins sont illustrées par la scène d'un contrôle de police chez des immigrés.

Dans un second temps, le reportage s'intéresse aux revendications des immigrés eux-mêmes, exprimées par des manifestations - comme celles des ouvriers à Aulnay-sous-Bois, encadrés par la CGT comme le montrent leurs banderoles -, ou par la station de radio Beur FM créée par Nacer Kettane. Le journaliste insiste particulièrement sur le fait que ces revendications montrent le désir d'une véritable intégration de ces immigrés dans la société française.

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