Le Salon de l'Enfance 1954

Date de diffusion : 11 nov. 1954

Au Salon de l'Enfance 1954 qui se tient au Grand Palais, de nombreuses animations et jouets sont proposés aux enfants. Ceux-ci peuvent essayer des jouets électriques, faire du home-trainer, du toboggan, du manège ou lire des livres.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000388

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Du 3 au 21 novembre 1954, le Salon de l'Enfance se déroule au Grand Palais, sous le patronage de Bernard Lafay, président du conseil municipal de Paris. Le premier salon de ce type date de 1946, mais ce n'est qu'à partir de 1949 qu'il s'installe au Grand Palais et devient une manifestation annuelle très prisée : en 1953, 721 000 visiteurs le parcourent et le Tout-Paris s'y rend chaque année. Il est en premier lieu destiné aux enfants : de nombreux jeux et attractions leur sont proposés, de même que des spectacles (théâtre, cirque, projections).

Mais c'est aussi un salon destiné aux parents et à tous ceux qu'intéressent les problèmes de l'enfance. Il comporte des stands variés touchant aussi bien à l'alimentation des enfants qu'à leurs loisirs, à leur éducation ou à leur orientation professionnelle. Les entreprises dont les productions sont tournées vers l'enfance (fabricants de jouets, de produits alimentaires ou de vêtements pour enfants), de même que les éducateurs, y ont leur stand. Des conférences sont également organisées. La section "la bibliothèque de nos enfants" présente aux parents 300 ouvrages français et étrangers dont la lecture est recommandée aux enfants, et un "Prix du salon de l'Enfance" récompense l'auteur d'un ouvrage destiné à la jeunesse. Il est significatif que dans l'immédiat après-guerre on ait décidé de consacrer un salon spécifique à l'enfance. Celui-ci est en effet emblématique du poids croissant pris par les enfants dans la société française à partir de 1945.

Poids symbolique car ils incarnent l'avenir et la reconstruction de la France après les cinq années de conflit. Mais surtout poids démographique : alors que l'entre-deux-guerres était marqué par la raréfaction des naissances (les "classes creuses") et que les enfants ne sont encore que 5,5 millions en 1946, leur nombre s'accroît de 53% entre 1946 et 1968, date à laquelle ils sont 8,4 millions. Les enfants de 5 à 9 ans sont, dès 1953, plus de 4 millions. C'est l'époque du "baby-boom" : on dénombre des cohortes de plus de 800 000 nouveaux-nés par an à partir de la fin de la guerre, avec un pic de 869 000 naissances en 1949, qui est précisément l'année du premier Salon de l'Enfance.

Les enfants surgissent ainsi au premier plan de la société française : c'est le début du temps de l'enfant-roi, de l'enfant choyé qui acquiert une légitimité sociale nouvelle. Le marché des loisirs enfantins se développe particulièrement et les dépenses des parents pour les jouets se multiplient par 3,5. L'édition enfantine est elle aussi en pleine croissance : au milieu des années 1950 entre 650 et 700 millions de titres (dont les rééditions) paraissent chaque année, et chaque mois 16 millions de magazines pour jeunes sont vendus. Autre exemple de cette place grandissante de l'enfance : la chambre d'enfant, avec son mobilier spécifique et ses jouets, prend désormais place dans de nombreux espaces familiaux.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet des Actualités françaises présente une vision du Salon de l'Enfance centrée exclusivement sur les activités ludiques auxquelles participent les enfants. On ne voit ainsi le Salon qu'à travers les yeux de ceux-ci : les images diffusées ne montrent que des jeux et des jouets, et non les autres stands, consacrés par exemple à l'éducation ou à l'alimentation enfantine. Le reportage insiste sur la variété des jeux et des loisirs proposés aux enfants, présentant à la fois des jouets modernes (train électrique, ferry-boat télécommandé, home-trainer) et des jeux traditionnels (mât de cocagne, tir). Il s'emploie donc à illustrer la nouvelle place centrale accordée à l'enfant dans la société française. Les exclamations et rires enfantins donnent de la sorte l'image d'une jeunesse insouciante et riche de promesses pour l'avenir.

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