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Manifestation lycéenne et étudiante contre le projet de loi Devaquet

Date de diffusion : 04 déc. 1986

A Paris, le 4 décembre 1986, de très nombreux lycéens et étudiants manifestent de la Bastille aux Invalides pour demander le retrait du projet Devaquet sur les universités.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000394

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Alain Devaquet, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche dans le gouvernement Chirac, a élaboré un projet de réforme universitaire qui doit être présenté en novembre 1986 à l'Assemblée nationale. De manière inattendue, une protestation se développe à partir du 17 novembre à l'université de Paris XIII-Villetaneuse, avant de gagner la plupart des facultés ainsi que de très nombreux lycées. Les lycéens craignent qu'une sélection ne soit instaurée à l'université. Quant aux étudiants, ils s'inquiètent d'une augmentation éventuelle des droits d'inscription et d'une perte du caractère national des diplômes.

Ce mouvement lycéen et étudiant spontané prend un caractère massif : le 27 novembre 200 000 étudiants et lycéens à Paris et 400 000 en province manifestent pour exiger le retrait pur et simple du projet ; le 4 décembre 500 000 manifestent à nouveau à Paris, et encore 300 000 le 10 décembre. Le gouvernement ne prend pas immédiatement la mesure du mouvement, et ce n'est que le 5 décembre que René Monory, ministre de l'Education, décide de retarder et de réviser le texte de la réforme.

De graves incidents avaient suivi la manifestation du 5 décembre. Et, dans la nuit du 5 au 6 décembre, à la suite du dispersement par la police d'une manifestation, un étudiant, Malik Oussekine, frappé par des CRS, avait succombé à un malaise rue Monsieur-le-Prince. Sa mort souleva l'indignation générale et le 8 décembre le Premier ministre Jacques Chirac décida le retrait complet du projet après avoir accepté le 6 décembre la démission d'Alain Devaquet.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Le reportage est introduit assez longuement par le présentateur du Journal de 20 heures d'Antenne 2, Claude Sérillon : il s'agit de préciser le contexte de la "manif" qui s'est déroulée à Paris le jour même, et aussi d'évoquer, sur fond d'une caricature, le décompte des manifestants qui comme d'usage donne lieu à d'importantes divergences entre les organisateurs et la police. Le reportage proprement dit est emblématique des sujets sur les manifestations de rue.

Une vue d'ensemble de haut montre ainsi dans un premier temps l'ampleur du défilé : on peut voir une foule très dense sur une longue artère. Les plans au sein du cortège, qui présentent les manifestants et le folklore propre à une manifestation lycéenne et étudiante (banderoles, pancartes humoristiques, tambours, danses), sont coutumiers de ce type de sujet, de même que l'interview d'un des participants. Au-delà des images, le reportage plonge au cœur de l'univers sonore de la manifestation : c'est un bourdonnement permanent de coups de sifflets, de tambours, de slogans et de chants. Enfin, les images furtives du service d'ordre et d'incidents rappellent que la manifestation ne s'est pas déroulée jusqu'au bout sans incident. C'est d'ailleurs ce soir-là que Malik Oussekine meurt d'un malaise à la suite de coups infligés par les CRS.

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