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Les grands ensembles remis en cause

Date de diffusion : 21 mars 1973

Pour faire face à l'expansion urbaine et aux besoins de logement, les pouvoirs publics ont encouragé la construction de grands ensembles uniformes mais cette urbanisation massive est devenue source de mécontentement.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2005
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000400

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Croissance démographique, accélération de l'exode rural, généralisation de l'automobile... tout se conjugue pour expliquer une très nette accélération de l'urbanisation en France à partir du début des années cinquante. La population urbaine passe ainsi de 55 % de la population totale en 1954 à 63 % en 1962 puis à 73 % en 1973. Cette croissance des villes s'accompagne de nombreuses transformations des paysages urbains. Les villes débordent largement de leurs limites traditionnelles et connaissent une forte croissance de leurs espaces périphériques.

Pour encadrer cette croissance urbaine et répondre aux besoins de logements croissants, les pouvoirs publics adoptent en 1958 la politique des zones à urbaniser en priorité (ZUP) puis à partir de 1962 celle des zones d'aménagement différés (ZAD). La caractéristique essentielle de ces politiques d'aménagement urbain est la construction de "grands ensembles", ces groupes d'immeubles pouvant abriter plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de logements. En 1975, les grands ensembles et "logements HLM" (habitation à loyer modéré) comprennent 3,2 millions de logements habités par 10 millions de personnes (soit environ 20 % de la population française). Quelques opérations de grande envergure sont restées célèbres : La Paillade près de Montpellier, Le Mirail près de Toulouse, les Minguettes dans la banlieue lyonnaise, Sarcelles, La Courneuve dans la région parisienne. Cette politique de construction de grands ensembles, en débouchant sur de véritables cités dortoirs, a rapidement suscité les critiques.

Ancien responsable de la DATAR, Olivier Guichard proclame ici la nécessité d'adapter la politique urbaine en la recentrant vers la construction d'ensembles plus petits et en évitant la ségrégation sociale par le mélange des types d'habitats. Quelques efforts seront fait dans ce domaine à partir des années 1970, mais la construction d'immeubles moins importants que lors de la période précédente ne permettra pas de supprimer totalement certains effets pervers liés au phénomène des "grands ensembles" (promiscuité, ségrégation sociale, éloignement des lieux de travail...).

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Les images proposées des grands ensembles insistent sur leur grande uniformité et l'absence totale de vie qui règne au sein de ces cités dortoirs (les seules images où une certaine activité est présente sont celles de transports - bus et voitures - quittant une cité). Les images soulignent également le décalage entre ces grands ensembles et leur environnement (champs abandonnés, absence d'infrastructures de loisirs...).

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