Maurice Béjart

Date de diffusion : 07 août 1968

Maurice Béjart parle de son nouveau spectacle A la recherche de... qu'il présente en 1968 au Festival d'Avignon.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000563

Contexte historique

Par Vincent Casanova

Fondé sur la musique, la danse prend la mesure des bouleversements qui affectent l'art des sons après 1945 et rompt ou du moins est obligé d'adapter la rigueur académique du ballet classique. Emancipant les corps d'une rigidité trop pesante par une technique expressive différente, la danse dite "libre" ou "moderne" renouvelle ainsi le vocabulaire chorégraphique en s'appuyant notamment sur un support musical repensé.

Ainsi Maurice Béjart (né en 1927), après la fondation en 1954 des "Ballets de l'Etoile", compose-t-il en 1955 une chorégraphie sur la Symphonie pour un homme seul de Pierre Schaeffer et Pierre Henry, les pères de la musique concrète. Après son succès triomphal avec Le Sacre du Printemps (dont la musique d'Igor Stravinski et surtout la chorégraphie de Nijinsky avait fait scandale en 1913 au Théâtre des Champs-Elysées), il crée à Bruxelles, une nouvelle compagnie internationale, le "Ballet du 20e siècle", qui lui donne les moyens de mener librement son travail. S'il juge les corps de ballet formés à l'école d'une tradition périmés, Béjart ne rompt pas toutefois totalement avec les bases techniques de la danse classique. En cela, il n'apparaît pas tant comme un moderne, à la manière des Américains Merce Cunningham et Martha Graham par exemple, que comme un néo-classique, c'est-à-dire un artiste tirant sa matière de toutes les formes et les styles du passé.

A la fois metteur en scène et danseur, il puise son renouvellement dans les grands mythes occidentaux (Faust, Tristan) et dans des sources orientales (cf. la musique indienne en fond sonore). Les fins qu'il poursuit sont de dire la beauté ou de raconter le monde. Il réalise ainsi des oeuvres originales (Messe pour le temps présent en 1967, A la recherche de... en 1968), où prédomine souvent une recherche métaphysique, en vue de créer par la synthèse du chant, de la parole (pour A la recherche de..., il s'adjoint la voix de la comédienne Maria Casarès) et de la danse, un spectacle total qui se veut "une cérémonie pour le plus grand nombre". Contrairement à la musique contemporaine, la danse moderne, grâce à Béjart, a pu au fil des années trouver et inventer son public, notamment à la faveur des invitations au Festival d'Avignon que lui fait Jean Vilar à partir de 1966.

Éclairage média

Par Vincent Casanova

L'hommage rendu par Jean Vilar au travail de Maurice Béjart permet d'introduire le téléspectateur à l'oeuvre du chorégraphe. Le document montre l'artiste au travail (assis derrière son bureau, debout sur le plateau), cherchant comme en écho au nom du spectacle A la recherche de....

Le choix d'une musique indienne permet également de caractériser le spectacle que Béjart est en train de monter pour le festival d'Avignon dont on voit les lieux les plus emblématiques (le palais et la cour du Palais des papes). Le discours de Béjart, d'une grande limpidité, vient témoigner de son sens de la communication, sens qui a très largement contribué à la renommée et à la diffusion de la danse du chorégraphe français.

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