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Invasion du journal télévisé par des intermittents du spectacle

Invasion du journal télévisé par des intermittents du spectacle

Date de diffusion : 10 nov. 2003

Le journal télévisé est interrompu par l'intervention d'un groupe d'intermittents du spectacle venu faire entendre leur revendications dans le conflit social qui les oppose au gouvernement.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000567

Contexte historique

Par Carole Robert

2% de de la population française (plus d'un million de personnes) travaille dans le domaine culturel, mais avec des statuts extrêmement variés - intermittents, auteurs, employés, fonctionnaires, contractuels... En 2003, on compte 102000 professionnels indemnisés par les ASSEDIC au titre du régime "intermittents du spectacle". Ce statut est inclus dans le régime d'assurance chômage (UNEDIC) de l'ensemble des salariés du secteur privé qui permet de toucher des indemnités de chômage entre deux emplois.

Ce statut, plus favorable que le régime de droit commun, est censé répondre aux spécificités des professions du spectacle, de la télévision et du cinéma. Son déficit structurel très élevé (plus de 800 millions d'euros) conduit à l'accord du 26 juin 2003, signé entre le MEDEF et des syndicats minoritaires chez les intermittents (la CFDT). Cet accord remet en cause le fonctionnement du régime des intermittents du spectacle, sans pour autant le supprimer. Il propose en effet un durcissement des conditions d'accès aux allocations (augmentation du temps de travail requis pour obtenir les allocations) et une réduction de la durée des droits. Le risque est de mettre en péril les professionnels pour qui les allocations sont indispensables, et de ne pas s'attaquer aux abus réels du système (arrangements, artifices de statuts, gonflements des cachets...).

Cette signature provoque une mobilisation sans précédent des artistes et des techniciens concernés ; les grands festivals de l'été 2003 - Avignon, Aix, La Rochelle - sont annulés pour la première fois. Les professionnels s'opposent à cet accord qui va déboucher selon eux sur la précarisation de leur situation. Les événements de l'été-automne 2003 sont révélateurs des grandes fragilités du système de l'intermittence - spécifiquement français - et remis en cause selon les manifestants par la mondialisation de l'économie qui englobe les spectacles et le cinéma dans le marché international des services.

Éclairage média

Par Carole Robert

Le journal de France 2, présenté par David Pujadas, est interrompu par un groupe d'intermittents du spectacle. Le présentateur laisse sa place à une intermittente qui lit un communiqué exposant leurs revendications et appelant à manifester. Extrêmement émue, elle est cadrée comme si elle présentait une information officielle (plan rapproché, centré). Le présentateur reprend sa place et s'excuse auprès des téléspectateurs en répétant une nouvelle fois que c'est la chaîne qui a choisi de donner la parole aux intermittents, montrant qu'il contrôle parfaitement la situation. Un intermittent provoque un peu le présentateur en lançant "De la vraie information enfin!!!". Notons que "l'invasion" est plutôt paisible.

David Pujadas reste calme lorsqu'il reprend sa place, mais il intime aux intermittents l'ordre de "dégager le plateau maintenant". La position des professionnels de la télévision et de la radio en cas de conflit est toujours problématique. Les cadreurs, les preneurs de son sont pour partie des intermittents qui travaillent. En mai 1968, les professionnels de l'audiovisuel et de radio avaient en grande partie rejoint le mouvement, laissant une poignée de journalistes gérer l'information, qui est d'ailleurs restée très limitée pendant les grèves de Mai 68. En juin 2003, les professionnels du spectacle sont plus engagés que ceux de la télévision, or un certain nombre d'abus est imputé au fonctionnement de cette dernière.

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