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La loi Lang sur le prix unique des livres, 1981

La loi Lang sur le prix unique des livres, 1981

Date de diffusion : 30 juil. 1981

Les petites librairies de quartier ont du mal à survivre avec le développement des grandes surfaces.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000568

Contexte historique

Par Carole Robert

La loi Lang en 1981 sur le prix unique du livre doit protéger le commerce de la librairie, menacé par la concentration et le développement des grandes surfaces. Malgré cette loi, en 1995, le marché global du livre est chiffré à 25 milliards de francs (4 milliards d'euros), soit tout juste deux fois et demi le chiffre d'affaire de TF1. La production par genre se stabilise au cours des années 1980 autour de 350 millions d'exemplaires vendus, qui privilégient les romans (124 millions en 1994), les livres scolaires (64), les livres pratiques, les encyclopédies et les dictionnaires (62), les livres pour la jeunesse (54), les ouvrages scientifiques (36), les livres d'art (6,8), l'histoire (5,5) et la poésie (2,9).

De 1979 à 1995, les préférences des Français évoluent peu : 48 % puis 55 % préfèrent le roman. Devant le goût constant des Français pour le roman, les éditeurs sortent plus de romans qu'avant : 150 nouveaux romans publiés en 1970, 380 depuis 1980. Au cours des années 1990, l'édition et la distribution du livre poursuivent leur mutation financière et économique en se concentrant fortement. En 1994, un duopole (Le Groupe de la Cité et Hachette) rafle 80 % des gains sur un chiffre d'affaires des éditeurs de 14,5 milliards de francs (2,2 milliards d'euros). Quatre maisons moyennes (Gallimard, Flammarion, Hatier et Le Seuil) ont un poids conséquent et les autres petits éditeurs se partagent des miettes. La distribution fonctionne avec la même concentration. En librairie, les grosses unités, du type FNAC, Virgin mégastore ou hypermarchés réalisent l'essentiel des ventes sans que disparaissent les librairies de quartier souvent conviviales.

Vingt ans après la loi Lang sur le prix unique, la loi de Catherine Tasca sur « le droit de prêt en bibliothèque » permet également d'éviter la faillite à de nombreux libraires. En 2003, 300 librairies de bon niveau assurent ainsi la diffusion de 60 à 70 % des ouvrages de littérature générale.

Éclairage média

Par Carole Robert

Le fond de l'écran est occupé par des photographies liées à l'actualité (Sénat, bibliothèque). La primauté est donnée aux images qui changent pendant que la présentatrice parle. Elle occupe la partie droite de l'écran et elle lit encore ses notes (pas de prompteur lui permettant de donner l'impression de regarder le téléspectateur dans les yeux). La priorité va au reportage sur le terrain : le journaliste privilégie les témoignages in situ (interviews du président de la FNAC, de la gérante d'une librairie de quartier et d'un consommateur).

Le commentaire en voix off sert essentiellement à introduire les interviews pris sur le vif, caméra à l'épaule. Ce type de reportage correspond à l'idée que la télévision est avant tout un média de proximité. L'ordre des interviews est très signifiant : celui de la vieille libraire émouvante est placé après celui du président de la FNAC. Et les interviews des particuliers qui ne sont ni des experts ni des spécialistes viennent clore le reportage conformément au contenu du commentaire : « le dernier mot reviendra au consommateur ». Ainsi, le reportage finit sur les opinions des personnes en qui tout le monde peut se reconnaître. Toutes les générations et les catégories sociales sont concernées (plan étonnant sur la petite fille qui marche dans la rue devant une librairie). Cette construction arbitraire, qui commence avec un exposé bref de la situation économique et finit sur l'avis des Français, a pour objectif de toucher le téléspectateur. C'est la complicité avec ce dernier qui est recherchée.

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