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La Fête de l'Humanité de 2002

Date de diffusion : 14 sept. 2002

Quelques mois après le faible score du candidat communiste au 1er tour des élections présidentielles de 2002, la Fête de l'Humanité est l'occasion de remobiliser ses forces.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000602

Contexte historique

Par Vincent Casanova

Le Parti communiste français connaît depuis les années 1980 une érosion progressive des suffrages lors des différentes échéances électorales. De même, depuis l'âge d’or de l'après-guerre, la Fête de l'Humanité a connu une baisse très significative de sa fréquentation : plusieurs centaines de milliers dans les années 1950 contre quelques dizaines de milliers aujourd'hui. Au même titre que les difficultés financières du quotidien communiste L'Humanité, à l’initiative de la Fête depuis sa création dans les années 1930, cela traduit la perte d'influence politique du communisme tout autant que de la disparition progressive d'une certaine forme de culture populaire et ouvrière.

La Fête de l'Humanité, qui a longtemps été perçue comme une démonstration de force et l'expression d'une contre-culture dans un pays allié aux Etats-Unis, est devenue aujourd'hui une manifestation dont la signification n'est plus spécifiquement liée au communisme en tant que tel. Les motivations, si elles n'ont jamais été univoquement la marque d'une adhésion au Parti, étaient liées jusque dans les années 1980, à un projet de société aux valeurs culturelles, certes protéiformes, mais plus fermement proclamées. En cela, il y a eu une adaptation de positionnements idéologiques depuis la fin de la Guerre froide et la chute de l'URSS en 1991.

L'altermondialisme a été l'un de ses éléments fédérateurs depuis les années 1990, les communistes s'accordant sur le rejet du système capitaliste. L'ennemi n'a pas changé : il reste les Etats-Unis. De la même manière, la dimension utopique du projet communiste s'est perpétuée en un slogan : il faut "changer le monde". D'un point de vue culturel, cela s'est traduit par l'invitation donnée à des chanteurs, comme Yann Tiersen, dont l'engagement s'il n'est pas toujours ouvertement politique, tend à défendre une chanson différente, parfois produite par de petits labels. De ce point de vue, la Fête de l'Humanité reste un événement attendu. La programmation musicale cristallise toutes les attentes. Les stands et les débats existent toujours ; toutefois le développement et la multiplicité des acteurs associatifs ont contribué à remettre en cause le rôle du parti en tant que régulateur social et prescripteur culturel. L’évolution de la Fête de L'Humanité révèle l'éclatement et la dispersion des référents culturels de la gauche, même s'ils n'ont jamais été réellement uniformes.

Éclairage média

Par Vincent Casanova

Conçu sur le mode du micro-trottoir, ce reportage veut rendre compte de la Fête de l'Humanité telle qu'elle serait "vraiment". Il est emblématique d'une certaine façon de faire la télévision aujourd'hui. Le "vu et dit à la télé" est symbole de vérité révélée. Formellement, l'ensemble a les apparences de l'objectivité. Le commentaire est construit sur des phrases très courtes, accumulant des informations sur un ton sentencieux et définitif (exemple : "le doute s'est emparé d'eux"). Il vient redoubler une autre voix de la vérité incarnée par les déclarations "authentiques" de "vrais gens", dont on ne sait rien mais qui sont autorisés à donner leur point de vue en tant qu'ils sont dotés du sens commun. Il ne s'agit pas uniquement de rendre compte d'une information brute ("il s'est passé ceci à la Fête de l’Humanité"), mais de la façon dont cela est vécu. C'est aussi un moyen de chercher l'identification du téléspectateur : toutes les tranches d'âge sont de fait représentées. On ne sait rien en revanche de la teneur du discours prononcé par Robert Hue, premier secrétaire du parti communiste. Bien plus que d'un compte-rendu objectif, ce type de sujet vise à justifier une parole qui exclut toute revendication politique dans son énonciation.

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