Le centenaire du béton armé

Date de diffusion : 17 nov. 1949

Ce reportage présente une histoire succincte du béton. Les reporters mettent en avant ses qualités et les perspectives techniques qu'il ouvre. Il s'agit également d'inscrire le béton dans l'histoire nationale.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Les Actualités françaises
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000610

Contexte historique

Par Raphael Morera

L'invention et la diffusion du béton constituent une rupture considérable dans l'histoire des techniques de construction aussi bien que dans l'histoire de l'architecture. Bien qu'il fût connu depuis l'époque romaine, le béton n'a pas pu être massivement utilisé avant le XIXe siècle et sa mise en oeuvre sous forme de béton armé. Dépourvu d'armature il ne peut résister à la traction (poussée latérale) ce qui le rend inapproprié à la construction.

L'acte de naissance du béton moderne date donc de 1848, année au cours de laquelle Joseph Lambot fit flotter une barque en béton armé. Il connaît par la suite un développement rapide en France sous l'impulsion d'entrepreneurs comme Monier, François Hennebique et François Coignet. Les emplois de ce nouveau matériau sont normalisés par une circulaire ministérielle de 1906 donnant les "instructions relatives à l'emploi du béton armé". Au cours de la première moitié du XXe siècle, le béton connaît des développements nouveaux, principalement avec la conception, en 1930 par Eugène Freyssinet, du béton précontraint notamment employé dans les constructions de ponts de grandes dimensions et les constructions stratégiques soumises à de fortes pressions (réservoirs de gaz liquéfiés...).

A la suite de la Seconde Guerre mondiale, le béton armé s'impose comme un matériau incontournable de la reconstruction. Depuis cette période, il s'est imposé comme matériau privilégié des architectes et des urbanistes.

Éclairage média

Par Raphael Morera

Le sujet des Actualités Françaises se fixe pour objectif d'ancrer l'histoire d'un matériau massivement utilisé dans les travaux de modernisation de la France d'après guerre dans un passé national. Il s'agit en quelque sorte d'une opération de promotion d'une technique française. Pour ce faire, il procède en trois temps.

Une première séquence est consacrée à la généalogie des grands hommes qui ont fait l'histoire du béton. Stratégie narrative fréquente en histoire des techniques, elle véhicule l'idée d'un progrès linéaire et nécessairement positif. Sur ce point, le reportage semble suivre la trame de l'exposition organisée pour fêter le centenaire du béton. La présence du ministre officialise cette généalogie et fait du béton le matériau du pouvoir. Dans un second temps, le reportage présente quelques grandes réalisations dues au béton. Trois idées se dégagent de cette présentation : le béton permet de construire en plus grande dimension et en plus grand nombre ; l'image du pont illustre sa capacité à rapprocher et à civiliser des espaces auparavant clos ou hors d'atteinte ; ce faisant il apparaît bien être le support de la modernité.

Enfin, l'image et la voix off s'accordent pour défendre l'idée d'un matériau propre et lumineux. Alors que la voix présente les qualités des entrepôts de Pantin, la caméra opère un mouvement circulaire présentant sa structure. Le tout donnant une sensation de vertige censée mettre en valeur les possibilités infinies de ce matériau aux qualités extraordinaires.

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