Haroun Tazieff, l'amateur de volcans

Date de diffusion : 06 mai 1966

En 1966, l'équipe de "Cinq colonnes à la une" accompagne le volcanologue Haroun Tazieff sur l'Etna. Celui-ci explique ce qu'est une coulée de lave et présente les risques auxquels s'expose le vulcanologue.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Cinq Colonnes à la une
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000634

Contexte historique

Par Christelle Rabier

Parmi les sujets de films d'observation de la nature, les volcans furent, avec les animaux, privilégiés. Aujourd'hui les films de volcans sont réalisés plus souvent par des journalistes qui mettent en scène les scientifiques comme acteurs ou comme commentateurs pour des reportages ou des films éducatifs. Or, en France, c'est l'oeuvre d'un volcanologue, Haroun Tazieff, qui a façonné le film " de volcan ". Tazieff s'est d'abord servi du cinéma comme moyen d'observation, avant de l'utiliser comme moyen de vulgarisation auprès du grand public.

Haroun Tazieff, né à Varsovie en 1914, fait des études d'agronomie en Belgique, avant d'être diplômé de géologie en 1944. Devenu ingénieur des Mines, il exerce son activité de géologue dans le Congo belge et y découvre le volcanisme en 1948, au Kituro. Il choisit alors de s'y consacrer et adopte la caméra pour étudier des phénomènes. En volcanologie, l'étude de terrain se fait dans des conditions extrêmes, liées au climat des zones étudiées, et à l'activité du volcan : chutes de pierre, émission de gaz. La chaleur du volcan présente un autre risque, soit par la conduction du sol, soit par rayonnement. Un troisième type de transfert thermique, par convection de l'air chauffé au contact de la lave, pose moins de problème, car les appels d'air frais se font latéralement, ce qui explique que les opérateurs peuvent - comme dans l'émission - approcher de près une lave de température très élevée. Le film a permis à Haroun Tazieff d'étudier le comportement physique des volcans et de mesurer les débits de masse et d'énergie. Ainsi, Tazieff et son équipe ont-ils fait usage du cinéma pour pouvoir mesurer les vitesses ascensionnelles de panaches volcaniques, tandis que des mesures directes permettaient de caractériser la nature et la densité de ces " panaches ", fumées composées de gaz, de poussières et de fines gouttelettes.

Les images, dans cette activité scientifique, peuvent avoir ainsi une fonction de preuve pour trancher un débat entre géologues, ou encore pour conserver la trace d'observations, utilisées plus tard, lorsque de nouvelles questions apparaissent. L'autre usage, plus connu du grand public, est l'enseignement et la vulgarisation. Haroun Tazieff a d'abord tourné de nombreux cours métrages en 16 mm, dont des extraits illustraient ses cours et ses conférences. Il a également réalisé deux longs métrages en 35 mm, les Rendez-vous du diable (1948) et le Volcan interdit (1966), puis plusieurs moyens métrages. A partir des années 1980, il réalise des séries d'émissions télévisuelles : " Haroun Tazieff raconte sa Terre ", 1984, " Etna 1989 " diffusé en 1991 et " Le feu de la Terre " (1994). Cette illustration des conclusions scientifiques des missions sur le terrain a contribué au rayonnement international de la volcanologie française et suscité de nombreuses vocations. Les films ont également servi à la communication, pour convaincre des populations de quitter leur domicile menacé ou pour inciter les Etats de financer de nouvelles études de volcanologie.

Bibliographie :

François Le Guern, " Les films de volcans ", in Le Cinéma et la scienc e, sd Alexis Martinet, Paris, CNRS, 1994, pp.137-147.

Éclairage média

Par Christelle Rabier

L'équipe de " Cinq colonnes à la Une " prend prétexte de la sortie du second long métrage d'Haroun Tazieff, Le Volcan interdit, pour se rendre sur le " terrain " du volcanologue. " Cinq colonnes à la une " est créée en janvier 1959, sous la direction de Pierre Lazareff, de Pierre Dumayet, de Pierre Desgraupes et d'Igor Barrère. Il s'agit du premier magazine d'actualités de la télévision français : il propose un rendez-vous mensuel le vendredi soir. Dans ce magazine, journaliste et réalisateur collaborent systématiquement pour affiner la mise en scène ; une place importante est donnée à l'image, à l'interview et au terrain.

Pour l'émission, le journaliste Pierre Mignot a choisi un terrain d'aventure : en effet, comme il l'indique dans son commentaire, le volcan dégage des vapeurs acides qui endommagent les bandes magnétiques. Le caractère spectaculaire des images, doublée du commentaire sur le caractère dangereux de l'entreprise, en font une émission-événement.

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