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Claude Lévi-Strauss et l'anthropologie

Claude Lévi-Strauss et l'anthropologie

Date de diffusion : 17 janv. 1968 | Date d'évènement : 07 janv. 1968

Claude Lévi-Strauss présente les grands traits de sa discipline : l'anthropologie. Il défend son indépendance et sa scientificité : comme les sciences dures, les sciences humaines doivent dépasser l'empirisme.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
07 janv. 1968
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000639

Contexte historique

Par Raphael Morera

La fin des années 1960 est une période d'engagement et de débats politiques. Universitaires et intellectuels prennent activement part à cette évolution. À la veille du 22 mars et du mouvement de Mai, deux grands courants de pensée se distinguent. Le marxisme, sous ses différentes acceptions, et le structuralisme. Les deux courants sont fort différents. Le marxisme critique la société capitaliste et œuvre à l'édification du socialisme, tandis que le structuralisme cherche à comprendre la nature profonde des sociétés et leurs règles implicites, inconscientes. Ce dernier courant, historiquement incarné par Claude Lévi-Strauss, n'est pas révolutionnaire. Cependant, au cours des années 1960, certains intellectuels (comme Louis Althusser) cherchent à concilier marxisme et structuralisme et opèrent donc un dévoiement de son sens initial. En intervenant à la télévision pour rappeler les principes fondamentaux et la nature scientifique du structuralisme, Claude Lévi-Strauss cherche à se démarquer de ces utilisations du structuralisme.

Claude Lévi-Strauss (né en 1908) est une figure majeure des sciences humaines du XXe siècle. Jeune agrégé de philosophie, il entreprend, au bénéfice d'une nomination au Brésil en 1935, l'étude des sociétés premières de l'Amazonie. Durant les années de guerre, il poursuit ses travaux à la New School for Social Research de New York. C'est au cours de ces années américaines qu'il se familiarise au structuralisme et à la linguistique. Sur cette base théorique et à partir de ces travaux de terrain, il rédige une thèse, Structures élémentaires de la parenté, qu'il soutient à Paris en 1948. Il entame alors une carrière au CNRS et au musée de l'Homme.

La publication de ses travaux lui valent une reconnaissance générale, qui débordent largement les cadres universitaires. L'ampleur de ses recherches et son aura intellectuel lui valent, en 1959, d'être élu au Collège de France, à la chaire d'anthropologie sociale. Ses travaux se poursuivent alors avec la publication des Mythologiques et un penchant de plus en plus marqué pour l'esthétique. Bien que très engagé dans la reconnaissance des peuples premiers, Claude Lévi-Strauss est toujours resté en marge des mouvements idéologiques se réclamant de sa pensée, s'efforçant toujours de distinguer son travail scientifique de ses prises de position politique.

Bibliographie :

Jacques Julliard, Michel Winock, Dictionnaire des intellectuels français, Paris, Le Seuil, 2002.

François Dosse, Histoire du structuralisme, Paris, La Découverte, 1990.

Ouvrages de Claude Lévi-Strauss :

Les Structures élémentaires de la parenté, Paris, PUF, 1949.

Tristes Tropiques, Paris, Plon,1955.

Anthropologie structurale, Paris, Plon, 1958.

Mythologiques, Paris, Plon, 1964-1971.

Éclairage média

Par Raphael Morera

La fin des années 1960, et l'année 1968 en particulier, est marquée par la très forte influence des intellectuels. Leurs idées sont débattues, discutées et utilisées par une jeunesse estudiantine en mal de changement. La télévision se fait l'écho de ce bouillonnement intellectuel en invitant les grandes figures du savoir français dont Claude Lévi-Strauss. Cet entretien se singularise par un grand formalisme. François de Closets, le journaliste, pose des questions sans apparaître à l'écran. Il agit de ce fait comme une voix off qui donne l'impression que Claude Levi-Strauss se livre à un monologue. En outre, l'entretien se déroule dans le cadre d'un salon feutré qui pourrait être celui de l'anthropologue. Claude Lévi-Strauss se voit ainsi attribué un rôle de sage dont on attend la bonne parole. L'effet de cette mise en scène est redoublé par son apparence : son costume cravate sombre et des lunettes massives lui confère une austérité et une autorité, sans doute attendues. Cette mise en scène ainsi que le temps pris pour l'entretien s'inscrivent dans la logique de la télévision des années 1960, soucieuse d'ouvrir ses ondes aux scientifiques du pays.

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