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La naissance du 100e bébé-éprouvette à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart

Date de diffusion : 02 mai 1985

Plus d'un an après la naissance d'Amandine, le 24 février 1982, premier bébé-éprouvette français, Midi 2 revient sur les techniques de fécondation in vitro et ses perspectives de développement.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2006
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000666

Contexte historique

Par Christelle Rabier

En 1978, Louise Brown naît dans le service du gynécologue Patrick Steptoe, à l'hôpital Oldham, près de Manchester, au Royaume-Uni. Cette naissance, rendue possible grâce à la fécondation in vitro, fut considérée comme un miracle par les médias.

La naissance de Louise survient au terme de recherches très longues.

Dès les années 1930, après la mise en évidence du cycle de la fécondation humaine, l'idée de la possibilité d'une fertilisation hors du corps humain germe. En 1951, Min Chueh Chang, aux États-Unis, et Charles Austin, en Australie, font un pas décisif dans la connaissance de la reproduction chez les mammifères : ils mettent en évidence la nécessité d'une maturation (capacitation) du sperme dans l'appareil reproducteur féminin.

Les premières expérimentations de fécondation in vitro débutent en 1968 après la rencontre du physiologiste Robert G. Edwards, physiologiste spécialiste de « médecine de la reproduction », et de Patrick Steptoe, gynécologue qui avait importé la technique chirurgicale de la paroscopie de France. Cette technique obstétrique associe l'usage d'une sonde visuelle à une instrumentation chirurgicale plus traditionnelle : elle permet de voir in situ l'ovaire et de prélever un ovocyte mûr. Une fois fécondé par un spermatozoïde, celui-ci commence sa phase de division cellulaire, avant d'être implantée dans l'utérus de la mère : d'où le nom de FIVETE donnée à cette technique (fécondation in vitro et transplantation d'embryon).

Les essais commencent alors en Angleterre. R. G. Edwards s'est attaché à réussir chez la femme une opération que les transferts d'embryons animaux réalisés dès 1959-1960 par des équipes scientifiques de haut niveau permettaient d'envisager.

Dix ans plus tard (après de nombreux échecs), le premier transfert réussi donne naissance à Louise Brown, naissance commentée par les médecins, les hommes politiques et les médias : que fallait-il penser de cette nouvelle technique, dans un pays où des romans d'anticipation (Brave New World, d'Aldous Huxley) avaient décrit la fabrication industrielle et manipulatrice d'êtres humains ? La naissance du premier bébé-éprouvette conduit à des interrogations éthiques sur le statut de la mère, de la famille et de la manipulation génétique des embryons et, bien sûr, celui de la « normalité » des enfants nés par cette voie. Pourtant, la naissance de Louise Brown ouvrent des perspectives pour les femmes stériles qui conduisent de nombreuses équipes médicales à développer la technique.

En 1979, des travaux similaires d'un groupe australien de la Monash University conduisirent à la naissance de Candice Reed. En France, l'équipe de l'hôpital Antoine-Béclère et le travail de Jacques Testart et de René Frydman permirent la naissance d'Amandine.

La technique de fécondation fut affinée. L'ovulation naturelle a ainsi été stimulée pour favoriser la maturation des ovocytes ; le nombre de fécondations a également été multiplié de façon à accroître les chances de succès. Progressivement, la fécondation in vitro a été adoptée par plusieurs pays, en particulier les Etats-Unis et la France, d'abord réticents à l'idée d'expérimentation sur l'embryon humain. La technique se développe rapidement : en 1999, 1,5 million d'enfants étaient nés grâce à la fécondation in vitro. Elle a permis de traiter des femmes stériles (obstruction ou ablation des trompes de Fallope), tandis que d'autres techniques répondent à d'autres indications : les banques de sperme sont mises en place très tôt pour répondre à la demande des couples dont l'homme est stérile ; le don d'ovocytes ou d'embryons à des femmes stériles ; la congélation d'embryons. Les deux dernières techniques sont expérimentées avec succès en 1984.

Éclairage média

Par Christelle Rabier

A l'occasion de la naissance du 100e bébé-éprouvette français, la rédaction de Midi 2 revient sur la technique de fécondation in vitro. La journaliste, Martine Allain Regnault, spécialisée en santé, commente en voix off des images de nature très différente. Les premières images d'archives concernent Amandine, le premier bébé-éprouvette français, en train de jouer : ces images tendent à montrer la « normalité » du bébé qui cesse alors, sur la décision de ses parents, d'être un « objet-spectacle » pour la télévision publique.

La rubrique propose alors une analyse très complète de la technique médicale. Elle aborde tour à tour la question des développements de la technique, avec la croissance du nombre de femmes susceptibles d'être traitées par la fécondation in vitro et sur la qualité des nouveaux centres de fécondation in vitro qui vont se développer sur le territoire, grâce à l'interview de Robert Frydman, père de la petite Amandine avec le physiologiste Jacques Testard.

Ce dernier présente les premiers résultats statistiques sur les enfants nés de cette manière, comparativement à un échantillon-témoin de population. Interrogé sur l'avenir de la médecine reproductive, il souligne son souci d'éviter la « normalisation » des embryons et introduit ainsi la réflexion éthique, largement occultée de la séquence.

Enfin, en conclusion, la journaliste rappelle l'incidence des maladies sexuellement transmissibles sur la reproduction, responsable en premier chef de la stérilité des couples.

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