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La situation a Kaboul en 1980

La situation a Kaboul en 1980

Date de diffusion : 10 janv. 1980

Le reportage montre l'état de Kaboul et des alentours peu de temps après l'invasion des troupes soviétiques.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000712

Contexte historique

Par Carole Robert

En 1978, un coup d'Etat en Afghanistan donne le pouvoir à Taraki, communiste afghan qui exile rapidement les représentants des autres partis communistes, "Le Drapeau" et "le Peuple", dont le principal représentant est Babrak Karmal. Taraki dirige le pays avec Hafizullah Amin, qui devient premier ministre. En septembre 1979, sur fond d'importantes révoltes populaires, Amin tue Taraki et prend tous les pouvoirs.

Pour remettre de l'ordre dans le pays, Moscou envoie alors l'armée rouge en Afghanistan pour ramener Babrak Karmal au pouvoir, et faire face aux guérillas afghanes hostiles au pouvoir prosoviétique. En décembre 1979, les troupes soviétiques envahissent l'Afghanistan : des milliers de soldats arrivent à Kaboul. Malgré la condamnation de l'ONU, le 14 janvier 1980, l'URSS maintient ses positions.

Cette date marque le début d'une guerre qui va durer 10 ans et provoquera la mort de plus d'un million d'Afghans. En effet, très rapidement, des résistants afghans s'organisent sous le nom de "moudjahidine". Durant les trois premières années du conflit, les Soviétiques étendent leur contrôle sur le pays mais les deux-tiers de l'armée afghane (120000 hommes) désertent : les moudjahidine, installés dans les montagnes, contrôlent rapidement 80% du territoire, sauf les principales villes. L'armée soviétique protège ses convois et largue des mines antipersonnel. Les moudjahidine répondent aux roquettes des hélicoptères russes par leurs tirs de mitrailleuses lourdes et contrôlent les principales routes et de nombreuses petites villes. En 1984, les troupes soviétiques en Afghanistan compteront 250000 hommes.

Éclairage média

Par Carole Robert

Le journal télévisé commence sur un étonnant zoom sur le présentateur, qui est assis devant des panneaux où est inscrit en noir, sur des formes abstraites aux couleurs vives, le mot "événément". Les couleurs rappellent la mode et le design du début des années 1980, la cloison en bois et la barbe du présentateur montrent que la fin des années 1970 n'est pas loin. Ce choix de zoom lent et de fond "branché" est là pour renforcer la proximité entre les téléspectateurs et le présentateur, qui est désormais un vrai personnage de télé : il parle aux téléspectateurs en les regardant et c'est lui qui donne des informations sur les événements (chiffres...), et présente le reportage qui va suivre en lui attribuant à l'avance un caractère exceptionnel. Il fait une analyse des événements plutôt hostile aux Soviétiques, conformément à la condamnation de l'intervention par le gouvernement français, qui refuse pourtant d'intervenir en Afghanistan. La concurrence entre les chaînes se fait déjà sentir puisqu'il insiste sur la rareté des images de Kaboul et sur la situation privilégiée de l'équipe de TF1, chaîne moderne par excellence. Les reporters sur le terrain apparaissent d'emblée comme des "héros des temps modernes", dont le courage est mis en valeur.

Le reportage est construit à partir d'images prises sur le terrain, souvent en caméra épaule, ou filmées de voitures. Les habitants de Kaboul observent la caméra. Les images sont parfois belles, faisant preuve d'une vraie recherche dans le cadre, parfois émouvantes (vues sur les habitants prises à la volée, vues sur les prisons avec une lumière magnifique) , parfois encore filmées en catimini. Il y a ensuite de vraies images de guerre filmées dans la voiture, très importantes pour mesurer le nombre de soldats et l'avancée de la situation.

Dans le commentaire qui accompagne les images, le reporter reste très neutre, sans entrer dans le lyrisme ou dans l'émotivité excessive de certains reportages de guerre. Il fournit des informations précises et précieuses sur des événements que les Français ne pourraient pas connaître sans son reportage. Il fait une description détaillée de l'état des combats, faisant preuve d'un vrai sens de son devoir journaliste d'actualité. Le reportage respecte la déontologie de la profession. Le journaliste connaît bien la situation dont il parle et il sent que la guerre est loin d'être finie. Mais il ne peut sans doute pas se permettre de condamner plus ouvertement l'intervention soviétique pour des raisons diplomatiques - préserver les liens franco-soviétiques.

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