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L'enclave musulmane de Gorazde

Date de diffusion : 17 juil. 1995

L’enclave de Gorazde constitue le symbole de la résistance musulmane aux attaques serbes. Pendant plus de trois années, malgré les tentatives de protection internationale, ses habitants vivent dans des conditions d’hygiène et de sécurité précaires.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000741

Contexte historique

Par Julie Le Gac

Le déclenchement de la guerre en Bosnie Herzégovine en avril 1992 est marquée par une très rapide progression des forces armées des Serbes bosniaques, qui en près de trois mois, contrôlent 70% du territoire. Seules subsistent alors quelques enclaves musulmanes qui subissent le feu des troupes serbes. Le 6 mai 1993, le Conseil de Sécurité de l’ONU crée 6 "zones de sécurité" (Sarajevo, Bihac, Tuzla, Zepa, Srebrenica et Gorazde), protégées par les casques bleus de la Forpronu, ce qui n’empêche la continuation des offensives serbes.

Le 4 avril 1994, l’armée serbe lance une offensive contre la zone de sécurité de Gorazde, et l’OTAN réplique en bombardant le 10 avril les positions serbes autour de la zone de sécurité. Les Serbes parviennent à prendre Srebrenica le 10 juillet et Zepa le 25 juillet, ce qui fait de Gorazde le symbole de la résistance musulmane à la force militaire serbe. C’est en effet la seule "zone de sécurité" musulmane de Bosnie orientale, forte de 60 000 personnes dont 30 000 réfugiés, qui ne tombe pas entre les mains des nationalistes serbes, malgré l’abandon des casques bleus en août 1995, et l’opiniâtreté serbe qui souhaite dégager la route d’accès vers Sarajevo.

Les bombardements privent les habitants de Gorazde d’électricité et d’eau courante, condamnant les enclavés à vivre dans des conditions d’hygiène très précaires. Ce n’est que le 17 octobre 1995, après trois ans de bombardements et de pénurie, que Gorazde accueille le premier convoi humanitaire en provenance de Sarajevo. Les accords de Dayton signés à Paris le 14 décembre 1995 entérinent la division de la Bosnie en une fédération croato-musulmane et une République serbe, où Gorazde reste enclavée au fond d’un corridor montagneux.

Les dissensions entre l’ONU et l’OTAN d’une part et les lenteurs de l’action humanitaire en faveur des habitants de Gorazde d’autre part, mettent en lumière les difficultés inhérentes à l’action de la communauté internationale au coeur d’un conflit armé.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce reportage explique de manière claire la situation fort compliquée de l’enclave de Gorazde au cours de la guerre de Bosnie. Des cartes animées permettent tout d’abord de comprendre comment cette ville s’est retrouvée encerclée par les troupes serbes, et en quoi sa situation géographique en fait un enjeu stratégique majeur pour les Serbes. En adoptant tour à tour le point de vue des soldats serbes mitraillant ou bombardant la ville, puis celui des musulmans de Gorazde, il met en lumière la violence des combats. Les images des habitants de Gorazde coupant du bois pour se chauffer, et surtout les plans consacrés aux blessés et mutilés de la ville sont délibérément choquants et suscitent la compassion envers ces habitants encerclés victimes du feu serbe. Enfin, il souligne avec habileté les difficultés inhérentes à l’action de la communauté internationale. Les dissensions entre l’OTAN et l’ONU sont stigmatisées tandis que l’inefficacité de l’action internationale et ses erreurs sont critiquées. Il importe de préciser que les massacres de Srebrenica ne sont pas encore connus de l’opinion internationale.

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