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Le passage à l'Ouest des réfugiés des pays de l'Est

Le passage à l'Ouest des réfugiés des pays de l'Est

Date de diffusion : 04 sept. 1989

Le reportage montre comment se déroule le passage clandestin vers l'Ouest à la frontière entre la Hongrie et l'Autriche.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000745

Contexte historique

Par Carole Robert

C'est dans les années 1980 que l'opposition au régime communiste se structure en RDA, notamment autour de l'Eglise protestante. Elle prend la forme d'un mouvement pacifiste pour les Droits de l'homme et de l'environnement. Les évènements de Pologne du début des années 1980 sont âprement suivis et discutés. Les demandes d'émigration s'accroissent et culminent en 1984 avec 41 000 personnes autorisées à partir à l'étranger. D'autres partent clandestinement. La contestation se fait de plus en plus entendre et en mai 1989, après les élections, les opposants parlent de fraude électorale. Le 11 septembre 1989, un parti d'opposition, le Neue Forum, est fondé. Malgré les arrestations, des manifestations se tiennent régulièrement à partir d'octobre 1989.

Le 18 octobre 1989, Erich Honecker, qui est à la tête de l'Etat depuis 1971, est suspendu et remplacé par Egon Krenz. Le 7 novembre, le gouvernement démissionne, suivi par le bureau politique du SED (parti communiste allemand) le lendemain. Le 9 novembre 1989, c'est la chute du Mur de Berlin et l'ouverture de la frontière avec la RFA. Deux semaines après la chute du Mur, 250 000 personnes revendiquent la réunification des deux Etats allemands. Le 22 décembre 1989, la porte de Brandebourg à Berlin est ouverte et le 24 décembre, l'obligation de visa et le change obligatoire sont supprimés. En 1989, 343 000 personnes quittent la RDA pour la RFA. Les élections du 18 mars 1990 à l'Est voit la victoire de la CDU, parti du chancelier Helmut Köhl.

Dès le 21 juin est ratifiée l'unification sur le plan constitutionnel des deux Allemagne, suivie par l'unification de la monnaie le 1er juillet - le deutschmark comme unique moyen de paiement. La réunification prend effet le 1er juillet 1990. Gorbatchev accepte que l'Allemagne réunifiée devienne membre de l'OTAN.

Éclairage média

Par Carole Robert

Comme toujours, le présentateur de France 2, avec son propre style "sérieux", doit mettre en valeur l'originalité de sa chaîne, notamment par l'exclusivité ou la rareté des reportages effectués par les envoyés spéciaux. Le reportage commence par une série de plans larges, souvent en plongée sur les miradors qui dominent un paysage. Le mirador filmé en plan fixe a une portée symbolique et inquiétante évidente. Le commentaire est très excessif par rapport aux images : il évoque "les patrouilles permanentes", le "vaste no-man's land", or nous ne voyons à l'écran que deux soldats et un paysage naturel de campagne.

Ce reportage est un bon exemple de la manière dont un commentaire en off peut guider, voire influencer, notre regard sur des images neutres. Le rythme du phrasé, fondé sur des juxtapositions de groupes de mots sans verbes, donne un côté dramatique au contenu. Le ton est délibérément grave pour faire passer l'idée d'un danger. Les plans sont filmés comme un reportage de guerre, voire un film d'aventures. L'idée de se focaliser sur le destin d'un individu, d'un cas particulier, permet une meilleure identification du téléspectateur car le reportage est incarné. Suivre Yohann, un Allemand de l'Est et l'interviewer avant et après son passage à l'Ouest, c'est la meilleure façon de sensibiliser le téléspectateur en jouant sur une possible identification ou compassion. L'interview semble préparée à l'avance, le personnage paraît bien détendu par rapport à la tonalité du commentaire, qui insiste sur la pénurie de la Hongrie et de l'Allemagne de l'Est à travers des séries de plans sur des caravanes et des voitures abandonnées dans un camping.

L'originalité du reportage, c'est que l'envoyé spécial se met en scène en train de passer la frontière, en décrivant avec gravité son passage : "je traverse le rideau de fer". Le journaliste en rajoute sur son aura d'aventurier. Les gens qui passent la frontière sont plutôt détendus : c'est un passage "semi-clandestin". A l'Ouest, le cadre est fixe, il joue moins sur l'effet "caméra épaule", images prises à la volée, de voiture... La conclusion du reportage, qui s'ouvre sur les perspectives heureuses de Yohann, confirme bien l'idée de toucher le téléspectateur en jouant sur l'émotion et sur l'affectif. La vocation d'un tel reportage est d'attirer le téléspectateur en l'émouvant plus que de l'informer sur une situation politique ou économique. Les informations sont dans un tel cas données par le présentateur.

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