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La position de la France vis-à-vis de l'OTAN en 1966

Proposé par Institut national de l’audiovisuel

Date de diffusion : 21 févr. 1966

Le général de Gaulle expose son choix de se retirer de l'OTAN : la France tout en demeurant membre de l'alliance politique, ne participe plus au système de défense intégré.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000750

Contexte historique

Par Carole Robert

Dès la fin des années 1950, le général de Gaulle tient à affirmer l'indépendance nationale de la France par rapport aux Etats-Unis. En 1958, il envoie à Londres et à Washington un mémorandum préconisant une réforme de l'OTAN en proposant un directoire occidental avec les trois pays. La Maison Blanche élude la requête française. A partir de 1962, la fin de la guerre d'Algérie, la mise en place de la détente, la rupture entre la Chine et l'URSS et la constitution de la force de frappe française conduisent de Gaulle à prendre progressivement ses distances à l'égard de l'OTAN.

Au cours de la conférence de presse du 21 février 1966, il lance la "crise atlantique" : il affirme que la volonté de la France à disposer d'elle-même et à être utile aux autres nations n'est pas compatible avec une organisation de défense où elle est subordonnée. Il refuse toute subordination au sein de l'OTAN. Le 7 mars, c'est par courrier qu'il confirme à Johnson sa fidélité à l'Alliance, tout en lui annonçant que l'évolution en Europe et en Asie depuis 1949 ne justifie plus le maintien de la France dans l'OTAN. Malgré la contestation de ces arguments par Johnson, la France se dégage de l'OTAN, en dénonçant unilatéralement toute une série d'accords. Les bases américaines et les bâtiments de l'OTAN sont récupérés par l'Etat français. Les officiers français quittent les organismes de Direction de l'OTAN. Cette rapidité d'exécution provoque une certaine rancoeur chez les alliés. Mais dès août 1967, les accord Ailleret-Lemnizer règlent dans les détails les rapports entre l'armée française et l'OTAN.

Notons que le retrait de l'OTAN provoque à l'Assemblée Nationale de vastes controverses de politique étrangère. Les arguments gaullistes sont fondés sur l'aggravation de la situation en Asie et le risque de guerre pour la France, sur l'évolution de la situation européenne qui rend la présence de l'OTAN moins indispensable, et sur la possession de l'arme atomique qui permet à la France de dissuader les attaques. La troisième force s'oppose au retrait de l'OTAN ; elle estime en effet que la sécurité de l'Europe serait fortement remise en question si tous les pays européens agissaient comme la France.

43 ans plus tard, en 2009, sous le mandat du président Nicolas Sarkozy, la France réintègre le commandement intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Éclairage média

Par Carole Robert

Cette conférence de presse filmée est un moyen pour de Gaulle de s'adresser à la nation française et de la rallier à sa décision fort controversée de quitter l'OTAN. Le général de Gaulle décide très tôt d'utiliser l'audiovisuel public pour faire contrepoids à la presse écrite. Il affirme même : "Pendant la guerre, j'ai gagné avec le micro, maintenant, je gagne avec la télévision". Il a conscience que "par le son et l'image", il est "proche de la nation". Il invente un style et un ton : il récite les textes de ses allocutions, et accepte de se faire maquiller. Il s'agit pour lui d'avoir l'air "animé et spontané pour saisir l'attention sans se commettre en gestes excessifs et mimiques déplacées".

Nous constatons à quel point il maîtrise son image en observant les mouvements réguliers et amples de ses mains pour appuyer certains points de son discours. Il varie aussi les genres : ses conférences de presse, comme dans ce document, sont rédigées à l'avance et riches de formules - "avant hier, hier, aujourd'hui" - et de trouvaille à l'humour délibéré. Le rythme du discours est lent mais scandé. De Gaulle met en valeur certains mots par sa seule intonation. Les conférences de presse s'adressent en réalité au pays tout entier, les centaines de journalistes rassemblés servent de décor et de stimulant pour les propos, retransmis en direct puis largement rediffusés le soir et le lendemain.

Le tournage utilise plusieurs caméras (trois) qui permettent de varier les points de vue afin d'éviter la lassitude du téléspectateur : un plan poitrine et un plan large de face, un plan large en plongée et composé en diagonale avec le président et les journalistes assis, un contre-champ sur les journalistes.

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