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Tensions à l'ONU au sujet d'une éventuelle intervention américaine en Irak

Tensions à l'ONU au sujet d'une éventuelle intervention américaine en Irak

Date de diffusion : 24 févr. 2003

Dans les jours qui précèdent le vote d'une résolution de l'ONU soutenant l'intervention américaine en Irak, la France, l'Allemagne et la Russie proposent un programme d'inspections afin de préserver la paix.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000779

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Après les attentats du 11 septembre 2001, le Président des Etats-Unis Georges W. Bush a annoncé qu'il mènerait une croisade contre "l'axe du Mal" dont l'Irak serait l'un des piliers, avec l'Iran et la Corée du Nord. Le 5 février 2003, Colin Powell, secrétaire d'Etat américain, présente à l'ONU des preuves attestant de la présence d'armes de destruction massive sur le sol irakien, et justifiant une intervention rapide de l'ONU.

En novembre 2002, la résolution 1441 adoptée à l'unanimité donne une dernière chance à l'Irak de respecter les accords de désarmement conclus après la guerre du Golfe. Saddam Hussein dispose de 30 jours pour rendre publics tous ses programmes de fabrication d'armes chimiques, biologiques ou nucléaires, sous peine de "graves conséquences". Des inspecteurs du désarmement se rendent sur place mais se heurtent très rapidement à la mauvaise volonté du dictateur irakien. Hans Blix qui dirige la commission de contrôle demande alors un délai supplémentaire. La France, l'Allemagne et la Russie sont prêtes à l'accorder et proposent un mémorandum commun afin de fixer des dates précises pour la poursuite des inspections. Il s'agit alors de ne pas risquer une intervention qui pourrait déstabiliser l'équilibre déjà précaire du Proche Orient. Dans cette logique, les chefs des trois Etats refusent le 7 mars 2003 de voter une deuxième résolution du Conseil de Sécurité qui légitime l'intervention des Etats-Unis en Irak.

Ne bénéficiant pas de l'aval de l'ONU (contrairement à 1991), mais fort du soutien de 8 pays européens dont la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Italie, le président américain lance un ultimatum à Saddam Hussein, et la guerre éclate le 20 mars. Concernant l'existence supposée d'armes de destruction massive en Irak, on découvrira après la chute du dictateur qu'elles n'ont jamais existé. Devant le manque de fiabilité des preuves apportées par la CIA, son directeur est contraint à la démission en juin 2004.

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Il faut noter l'effort pédagogique présent tout au long du reportage. Le journaliste explique ainsi dans le détail les raisons du refus de la guerre par certains pays et les alternatives proposées, alors qu'une incrustation dans l'image nous présente de manière synthétique les différents points du mémorandum proposé.

Le reportage est construit autour d'images et de déclarations officielles. Les arguments des pays réunis dans "le camp de la paix" sont illustrés par les déclarations officielles du Président de la République française lors de sa conférence de presse commune avec le chancelier allemand, et par celles du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, en visite à l'ONU. Ils affichent leur volonté d'utiliser tous les moyens mis à disposition de l'organisation internationale avant de recourir à la force. On remarque cependant que les divergences affichées entre défenseurs de la paix et partisans de l'intervention ne concernent pas l'existence ou non d'armes de destruction massive sur le sol irakien. L'ultimatum lancé par le chef des inspecteurs de l'ONU, Hans Blix, à Saddam Hussein pour qu'il détruise ses missiles de longue portée est évoqué à la fin du reportage. Il montre bien que la suspicion existe même chez les opposants à la guerre. Le journaliste n'expose pas ici les contre-arguments avancés par les Etats-Unis pour expliquer leur intervention : la compréhension de l'événement reste donc partiale. En France, l'opinion est alors majoritairement opposée à une intervention armée.

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