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Interview de Paul Dijoud sur le regroupement familial en 1976

Date de diffusion : 27 juil. 1976 | Date d'évènement : 29 avr. 1976

Le secrétaire d'Etat aux Travailleurs immigrés Paul Dijoud, interviewé, s'explique sur la politique d'immigration familiale.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
29 avr. 1976
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000804

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

A partir du début des années 1950, la France a encouragé et organisé une immigration massive. La population étrangère avait ainsi doublé, passant de 1 766 298 personnes en 1954 à 3 442 415 en 1974. Mais en 1974 la politique d'immigration change radicalement : peu après l'élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d'Estaing, sur proposition du secrétaire d'Etat aux Travailleurs immigrés André Postel-Vinay, une circulaire du 5 juillet 1974 annonce la suspension de l'immigration des travailleurs ainsi que des familles désireuses de rejoindre un de leurs membres en France. Prise en raison de la crise et de la forte croissance du chômage, cette décision est appliquée par Paul Dijoud qui succède à André Postel-Vinay dès le 22 juillet 1974. Les contrôles des entrées et des séjours deviennent alors plus rigoureux, de même que la répression du travail clandestin.

Cependant, parallèlement à la suspension de l'immigration des travailleurs, Paul Dijoud cherche à intégrer les étrangers déjà établis en France. Dans ce but, le décret du 29 avril 1976 met en place le droit au regroupement familial. Ce décret réglemente les conditions par lesquelles un travailleur étranger séjournant régulièrement en France peut être rejoint par les membres de sa famille. L'accès au territoire français et le titre de séjour ne peuvent être refusés à ces derniers que pour quatre motifs : durée de résidence en France du chef de famille trop courte, ressources insuffisantes, conditions de logement inadaptées et nécessités de l'ordre public. Mais ces mesures sont remises en cause dès 1977 par Lionel Stoleru, qui a succédé à Paul Dijoud. Il instaure une prime de 10 000 francs pour les immigrés qui acceptent de rentrer définitivement dans leur pays. Seuls 60 000 étrangers l'acceptent entre 1977 et 1981.

En raison de la situation de l'emploi, qui ne cesse de se détériorer, le gouvernement Barre décide d'autre part, par un décret du 10 novembre 1977, de suspendre l'application de celui du 29 avril 1976 : l'admission au titre du regroupement familial est interrompue pour une période de trois ans, sauf pour les membres des familles qui ne demandent pas à accéder au marché de l'emploi. Le Conseil d'Etat, saisi par le Groupe d'information et de soutien aux immigrés, la CFDT et la CGT, annule ce décret par un arrêt du 8 décembre 1978 : il réaffirme le regroupement familial comme faisant partie des principes généraux du droit français. Par la suite, les modalités du regroupement familial varient à plusieurs reprises. S'il est de nouveau favorisé par la gauche dès son arrivée au pouvoir en 1981, il est freiné par diverses mesures de la loi Pasqua du 24 août 1993 - dont l'obligation de l'avis du maire sur les conditions de ressources et de logement du demandeur, ou l'interdiction de la polygamie. A l'inverse, la loi du 11 mai 1998 accorde le droit au regroupement familial sans conditions de ressources et de logement pour les familles de réfugiés et d'apatrides ainsi que pour celles de ressortissants des pays de l'Union européenne.

Enfin, la loi du 26 novembre 2003, adoptée à l'initiative du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, prévoit que les membres regroupés de la famille n'ont plus droit qu'à une carte de séjour temporaire. Ce n'est qu'au bout de cinq ans qu'ils peuvent prétendre à une carte de résident, à condition d'avoir donné satisfaction dans leur volonté d'intégration à la société française.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet, diffusé au journal télévisé de 13 heures sur TF1, n'est constitué que d'une interview du secrétaire d'Etat aux Travailleurs immigrés, Paul Dijoud, sans doute réalisée dans son bureau le matin même. Le journaliste qui réalise l'entretien n'apparaît que très brièvement à l'image. De la sorte, on ne remarque sa présence que par les deux questions qu'il pose. La caméra zoome en effet progressivement sur Paul Dijoud, jusqu'à ce qu'il occupe tout l'écran. Ceci d'autant plus qu'au fur et à mesure du sujet, le cadrage se fait de plus de plus serré sur la personne du secrétaire d'Etat. Ce dernier, qui ne semble pas toujours très à l'aise, regarde fixement la caméra. Il ne porte les yeux sur son interlocuteur qu'à de très rapides instants, au moment des deux questions. Le parti pris du cadrage serré sur Dijoud et son regard face à la caméra donnent ainsi tous deux l'impression qu'il ne s'agit plus d'une interview mais d'une véritable allocution télévisée sur la politique d'immigration familiale.

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