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Vote de la loi Chevènement sur l'entrée et le séjour des étrangers en France

Date de diffusion : 09 avr. 1998 | Date d'évènement : 08 avr. 1998

Le 8 avril 1998, les députés votent la loi sur l'entrée et le séjour des étrangers en France proposée par le ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
08 avr. 1998
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000808

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

L'immigration est placée au coeur des préoccupations du gouvernement de Lionel Jospin, dès son entrée en fonction en juin 1997. Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, est ainsi nommé à la tête d'un groupe de travail, chargé d'étudier les possibilités de réforme de la législation sur l'immigration et sur la nationalité. Le 31 juillet 1997, ce groupe rend un rapport qui préconise de nombreuses mesures. Une grande partie de ces propositions est reprise dans deux projets de loi adoptés le 15 octobre 1997 en Conseil des ministres : l'un est consacré à l'immigration, l'autre à la nationalité.

La loi relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France et au droit d'asile, dite loi Chevènement, du nom du ministre de l'Intérieur qui l'a proposée, est adoptée par l'Assemblée nationale le 8 avril 1998 puis promulguée le 11 mai suivant. Le scrutin a révélé d'importantes tensions au sein de la majorité plurielle. L'ensemble des députés verts, sauf un, n'a pas participé au vote, et leurs collègues communistes se sont tous abstenus, sauf un qui a voté contre la loi. Suivant les recommandations du rapport Weil, la loi Chevènement n'abroge pas les lois Debré et Pasqua, promesse pourtant contenue dans le programme électoral socialiste en 1997, mais les assouplit. Elle prévoit d'abord la possibilité d'attribuer de nouveaux titres de séjour valables un an. Le certificat d'hébergement est en outre supprimé. Les mariages mixtes et le regroupement familial sont par ailleurs facilités. Concernant les mariages mixtes, le conjoint étranger d'un ressortissant français peut désormais obtenir un titre de séjour immédiatement s'il est entré de manière régulière en France. Quant au regroupement familial, il ne peut plus être refusé pour ressources insuffisantes si elles sont égales ou supérieures au SMIC. La loi Chevènement prévoit également le renforcement des prestations sociales pour les étrangers, ainsi que l'élargissement du droit d'asile. La loi réformant le code de la nationalité, proposée par la garde des Sceaux Elisabeth Guigou, complète cet ensemble de mesures libérales. Votée le 4 mars 1998, elle supprime l'obligation pour les enfants d'étrangers nés en France de manifester leur volonté de devenir français: ils le deviennent automatiquement à l'âge de 18 ans, à 16 ans s'ils en font la demande, voire à 13 ans à la demande de leurs parents. Enfin, le délai pour l'obtention de la nationalité française pour les étrangers mariés à une Français est réduit de moitié, passant de deux à un an.

Les deux textes, lois Chevènement et Guigou, forment ainsi un des ensembles législatifs les plus libéraux sur l'immigration et la nationalité depuis 1981même s'ils ont fait l'objet de critiques de la part des organisations de défense des droits de l'homme.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce bref sujet relatif au vote de la loi Chevènement sur l'immigration obéit tout à fait aux règles du genre des reportages consacrés à un texte législatif. Il s'emploie en effet avant tout à expliquer aux téléspectateurs les enjeux de la loi. Il se compose de deux séquences bien distinctes, toutes deux à portée résolument pédagogique : l'une vise à préciser les conditions politiques du vote de la loi, et l'autre à détailler ses principales dispositions. Des images traditionnelles de l'hémicycle de l'Assemblée nationale sont d'abord proposées pour illustrer la première séquence : vote à main levée, extraits de discours de députés, applaudissements, explications du ministre de l'Intérieur sur son projet de loi depuis le "perchoir" de l'Assemblée.

La deuxième véritable séquence du reportage, précédée par de rapides plans sur une manifestation, a également une valeur explicative: il s'agit de récapituler les principales mesures contenues dans la loi. Dans ce but, ces dispositions sont simplifiées et synthétisées par de grands titres insérés au-dessus d'une image fixe. Ce procédé apparaît récurrent dans les reportages qui détaillent un texte de loi.

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