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Première Université des femmes de quartiers organisée par "Ni putes ni soumises"

Date de diffusion : 03 oct. 2003

Un après la mort de Sohanne, le mouvement "Ni putes ni soumises" , organise la première université des femmes de quartiers, afin de rappeler la fragilité de la condition féminine en banlieue.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000815

Contexte historique

Par Julie Le Gac

Un an après la mort de la jeune Sohanne, brûlée vive dans une cave de Vitry sur Seine, par son petit ami qu'elle souhaitait quitter, le mouvement "Ni putes ni soumises" organise la première université des femmes de quartiers, du 3 au 5 octobre 2003. L'événement, très médiatique, permet de mesurer le chemin parcouru par le mouvement qui s'est fait connaître du grand public par l'organisation de la "marche des femmes contre les ghettos et pour l'égalité" du 1er février au 8 mars 2003 à travers toute la France.

Le collectif conduit par Fadela Amara, s'efforce d'attirer l'attention sur les violences dont sont victimes les jeunes filles dans les banlieues. Fort d'une pétition ayant recueilli plus de 60 000 signatures, il tente de rassembler autour de la devise "Laïcité, Egalité et mixité", et multiplie les réunions d'information dans les quartiers ainsi que les manifestations publiques de plus grande envergure, qui attirent diverses personnalités issues des sphères intellectuelle, artistique et politique.

En effet, le collectif se définit comme citoyen et entend transcender les clivages politiques. Surtout, il encourage la création de comités locaux au coeur même des quartiers, dans lesquels les jeunes filles peuvent recevoir une aide et surtout une écoute. Au nombre de 30 en 2003, ils sont désormais près de 60 en 2006. "Ni putes ni soumises" poursuit sa défense des droits des femmes et sa lutte contre les violences, avec la fondation de la Maison de la mixité, inaugurée le 8 mars 2006.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Le reportage se subdivise en trois moments principaux. La première partie est consacrée à l'organisation de l'Université des femmes de quartiers et soulève la question de la récupération politique d'un mouvement créé de manière spontanée. En témoigne l'opposition entre les plans larges sur une assemblée majoritairement féminine et mêlant diverses origines sociales et des plans plus serrés sur des hommes politiques : Laurent Fabius, membre du parti socialiste, et Jean-Louis Borloo, ministre de la ville, affilié à l'UDF. Les interviews de Fadela Amara et du ministre de la ville nient toute récupération politique et insistent au contraire sur le caractère fondamentalement citoyen du mouvement.

Dans un deuxième temps, l'attention se porte sur l'action concrète du collectif '"Ni putes ni soumises" dans le cadre des comités locaux. Ainsi, l'interview d'une militante, filmée dans son quartier, entend rappeler la persistance des violences dont sont victimes les jeunes filles ainsi que les difficultés quotidiennes de la lutte. Enfin, le reportage se termine par un retour dans les couloirs de l'Université des femmes de quartier et un plan sur la présidente du collectif, en conversation téléphonique avec le premier ministre. La jeune femme, originaire des quartiers difficiles, symbolise ainsi le lien entre la sphère politique et les banlieues, deux lieux, où l'information et la communication jouent un rôle primordial.

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