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Zones d'Education Prioritaire : quel bilan?

Date de diffusion : 02 déc. 2004

Instaurées lors de la rentrée scolaire 1982, les Zones d'Education Prioritaire ont pour objectif de lutter contre l'inégalité scolaire. Toutefois, plus de 20 ans après leur création, leur bilan suscite des interrogations.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000817

Contexte historique

Par Julie Le Gac

En juillet 1981, Alain Savary, ministre de l'Education Nationale de François Mitterrand, annonce le lancement des Zones d'Education Prioritaire afin de "donner plus à ceux qui ont moins". Lors de la rentrée scolaire 1982, 362 ZEP sont créées, dans des quartiers socialement défavorisés, où les taux de chômage sont particulièrement élevés et où la part de population non francophone est supérieure à la moyenne. Les établissements scolaires classés en ZEP bénéficient de 10% de crédits supplémentaires et leurs effectifs sont allégés de 2 élèves par classe, en moyenne. Les professeurs sont en outre aidés par des surveillants et des assistants d'éducation plus nombreux.

Le nombre de ZEP s'accroît progressivement, et en 1999 le système s'enrichit des REP (Réseaux d'éducation prioritaire), une catégorie intermédiaire entre établissements ZEP et non ZEP. En 2005, la France compte ainsi 707 ZEP et 204 REP. Un écolier sur 5 est scolarisé en ZEP. Toutefois, les résultats des ZEP sont jugés insuffisants. En particulier, une étude réalisée par l'INSEE en 2005, portant sur la période 1982-1992 affirme que les ZEP n'ont pas d'impact sur la réussite scolaire. Notamment, elle établit qu'à la fin du collège, plus d'un quart des élèves issus de ZEP ne maîtrisent pas ou mal les compétences générales requises par les programmes, contre 15% dans les établissements hors ZEP. D'autres experts prennent à l'inverse la défense des ZEP et soutiennent que les ZEP ont permis d'éviter le creusement de l'écart entre ces établissements en difficulté et les autres établissements, dans une une période où les conditions sociales et scolaires ont connu une dégradation sensible. L'insuffisance des moyens alloués aux ZEP est également invoquée par les professionnels qui y travaillent.

La réflexion porte par ailleurs sur une meilleure répartition des aides distribuées; cependant la refonte de la carte scolaire est une opération délicate, un établissement précédemment classé en ZEP acceptant difficilement de se voir retirer des moyens. Dans un contexte de croissance des violences scolaires, la vigueur du débat sur les ZEP traduit l'aspect sensible de la question de l'éducation, principal vecteur d'ascension sociale dans ces milieux en difficulté.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce document constitue le dossier du journal "Soir 3" de France 3. Les journalistes entendent donc approfondir une question de société alors controversée: l'éducation dans les ZEP. Tout en énonçant les critiques faites aux ZEP, le reportage propose une défense de ces établissements, et s'attache à souligner l'originalité des méthodes éducatives qui y sont développées, autant que l'investissement des différents acteurs, professeurs comme chefs d'établissement.

L'attention est par ailleurs portée sur les difficultés spécifiques aux ZEP, où pour reprendre les mots du professeur d'histoire-géographie interrogé, le travail de scolarisation se double d'un travail de socialisation. Le gros plan sur les caméras de surveillance en début de reportage souligne la singularité de ces établissements, où l'on ne peut se limiter à des missions d'enseignement. Le manque de moyens et de coordination politique sont enfin jugés responsables des résultats insuffisants des ZEP. Enfin, le choix du collège Jean-Pierre Timbaud de Bobigny, un collège de ZEP où les efforts entrepris ont produit des résultats, tend à démontrer que les ZEP peuvent être un modèle de réussite.

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