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L'inauguration du RER entre Nation et Boissy-Saint-Léger

L'inauguration du RER entre Nation et Boissy-Saint-Léger

Date de diffusion : 12 déc. 1969

Le RER entre Nation et Boissy-Saint-Léger est inauguré le 12 décembre 1969. Une jeune femme, qui emprunte quotidiennement ce trajet, voyage sur le nouveau réseau.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000823

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

La région parisienne connaît une très grande expansion dans les années 1960. Il apparaît ainsi nécessaire d'améliorer les infrastructures de transport entre Paris et sa banlieue afin de fluidifier les échanges pendulaires croissants. Dans cette optique, un projet de réseau ferré est élaboré dès 1960. C'est le Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne, élaboré en 1965, qui entérine officiellement ce Réseau Express Régional, dit RER. Il vise en particulier à relier rapidement les villes nouvelles en construction dans la banlieue parisienne au centre de la capitale.

De très importants travaux sont alors entrepris, en premier lieu sur une ligne Ouest-Est qui doit relier Saint-Germain-en-Laye à Boissy-Saint-Léger. Le tronçon de Nation à Boissy-Saint-Léger est inauguré le 12 décembre 1969 par le ministre des Transports Raymond Mondon et mis en service le 14 décembre 1969. Long de près de 20 kilomètres, il dessert 11 gares et offre des possibilités de correspondance avec le métro à Nation. Le réseau poursuit ensuite son extension : la RATP ouvre aux usagers les tronçons Saint-Germain-La Défense en février 1970 et La Défense-Auber en novembre 1971. En 1971, la décision est prise essentiellement pour des raisons d'économie de ne plus faire exploiter le RER uniquement par la RATP mais également par la SNCF : le principe de l'interconnexion apparaît, désignant les points où le train devra passer d'un exploitant à l'autre. Trois tronçons sont construits simultanément, comme de nombreuses gares, dont celle de Châtelet-Les Halles. Le 8 décembre 1977, le président de la République Valéry Giscard d'Estaing procède à une triple inauguration qui marque la véritable naissance du Réseau express régional : le tronçon Auber-Nation de la ligne Est-Ouest, qui devient la ligne A du RER; le premier tronçon de la branche de Marne-la-Vallée; et la ligne B, qui est constituée de la ligne ferroviaire de Sceaux prolongée jusqu'à Châtelet-Les Halles.

Le RER continue par la suite son expansion. Le prolongement de la ligne B jusqu'à la gare du Nord, où est réalisée l'interconnexion, est mis en service en 1981, et en 1992 celui de la ligne A jusqu'au parc Disneyland. Les lignes C, D et E, toutes trois gérées par la SNCF, voient aussi le jour. En 2006, le RER compte cinq lignes - A, B, C, D et E -, desservant 246 stations, dont 33 dans Paris même, sur 570 kilomètres de voies. Alliant un réseau moderne à des lignes de banlieue déjà existantes, ce moyen de transport ferré a ainsi complètement bouleversé les déplacements au sein de la région parisienne, de même que l'aménagement de l'Ile-de-France.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet, diffusé le soir même de l'inauguration du premier tronçon du RER au journal télévisé de 20 heures de l'ORTF, est composé de trois séquences juxtaposées qui sont très différentes dans leur traitement et leur ton. Sont d'abord présentées des plans courants d'une cérémonie d'inauguration : fanfare, discours, personnalités. Dans une seconde séquence traitée de manière assez institutionnelle, c'est le directeur général de la RATP, Pierre Weil, qui explique lui-même aux téléspectateurs les prochaines mises en service du RER. Tel un maître d'école, il se montre très didactique et utilise une baguette pour indiquer sur une carte les futurs tronçons.

La troisième séquence diffère radicalement des deux précédentes. Le reportage suit en effet une voyageuse apparemment ordinaire prénommée Paola qui effectue tout d'abord son trajet quotidien entre Boissy-Saint-Léger et Nation par les moyens de transports habituels, puis à bord du nouveau RER. Il s'agit en fait d'une véritable mise en scène. Suivie par la caméra tout au long de ses deux déplacements, elle les commente en voix-off, d'un ton souvent très décalé. Ses commentaires, de même que ses réponses aux questions faussement spontanées posées par un journaliste dans un couloir de la gare de la Nation, n'ont qu'un seul but: exposer les mérites du RER en montrant surtout le très important gain de temps qu'il apporte aux usagers.

En cela, bien que son ton soit souvent décalé et se veuille humoristique, ce sujet de l'ORTF fait de la publicité en faveur du RER. En témoigne l'émerveillement de la jeune voyageuse devant les conditions du trajet et l'emploi d'appareils automatiques de compostage. La RATP a très certainement facilité et peut-être même suscité ce reportage: la soi-disant voyageuse-type a ainsi pu être filmée seule à bord d'un wagon flambant neuf du RER puis dans la gare de Nation, alors que l'ouverture au public n'avait pas encore eu lieu à la date de la réalisation du reportage.

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