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La catastrophe de l'usine AZF à Toulouse

La catastrophe de l'usine AZF à Toulouse

Date de diffusion : 21 sept. 2001

Le 21 septembre 2001, l'explosion de l'usine chimique AZF ravage les quartiers sud de Toulouse.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000829

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le 21 septembre 2001, une explosion survient à Toulouse dans l'usine chimique Azote de France (AZF) qui appartient au groupe pétrolier TotalFinaElf. Un stock de 400 tonnes de nitrate d'ammonium explose, creusant un immense cratère d'une quarantaine de mètres de diamètre et de 7 mètres de profondeur. L'explosion provoque la mort de 30 personnes, dont 21 employées sur le site, et en blesse quelque 2 500.

Les dégâts matériels sont considérables dans les quartiers sud de Toulouse situés dans un rayon de 1 à 2 kilomètres autour de l'usine AZF, qui ont été touchés par le souffle de l'explosion : 20 000 logements sont détruits ou endommagés, de même que de nombreux édifices publics, notamment des établissements scolaires. Le président de la République, Jacques Chirac, et le Premier ministre, Lionel Jospin, se rendent sur place le jour même et un plan d'aide est élaboré dans les jours suivants. Survenant dix jours après l'attaque contre le World Trade Center à New York, l'explosion laisse sur le moment penser à un attentat terroriste. Cette thèse est cependant rapidement écartée par les experts qui s'orientent sur la piste de l'accident chimique. En mai 2006, un rapport final d'enquête confirme l'origine accidentelle de la catastrophe. En 2019, après de nombreux rebondissements judiciaires, la société Grande Paroisse, responsable de l'exploitation du site et filiale à 100 % de Total, et son directeur ont été définitivement condamnés.

L'explosion de l'usine AZF apparaît comme la plus importante catastrophe industrielle survenue en France depuis celle de Feyzin, près de Lyon, le 4 janvier 1966. Un incendie avait alors ravagé une raffinerie et coûté la vie à 18 personnes. La catastrophe d'AZF est l'occasion de lancer un débat sur les risques liés à l'implantation de certains sites industriels en milieu urbain. Si l'usine AZF, située au sud de Toulouse, à 5 kilomètres du centre, avait été construite en 1924 en pleine campagne, l'expansion de la ville l'avait progressivement intégrée à la zone urbaine. Elle n'avait pas été déplacée en dépit de son classement Seveso, du nom de l'entreprise italienne dont l'explosion, en 1976, avait répandu un nuage toxique sur la ville voisine. L'usine AZF se trouvait de fait au milieu d'une zone groupant environ 50 000 personnes et de nombreuses activités.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Un peu plus de deux heures après les faits, l'édition nationale du journal télévisé de France 3, le 12-14, s'ouvre sur l'explosion de l'usine AZF à Toulouse. Si la présentatrice résume brièvement la catastrophe, illustrée ensuite par un court sujet, le plus remarquable est bien le second reportage présenté. Il a en fait été diffusé quelques minutes auparavant par France 3 Sud, également dans le cadre du 12-14 qui mêle journaux régionaux et édition nationale. Ce reportage a été réalisé par une équipe de France 3 Sud, sur les lieux mêmes de la catastrophe, quelques instants seulement après l'explosion. Il s'agit donc à proprement parler d'un scoop puisqu'il fournit les premières images des dégâts causés par l'explosion et de l'usine dévastée. Il a d'ailleurs été primé à ce titre par le prix d'actualité du Festival du Scoop et du journalisme d'Angers en 2001.

Ce sujet s'apparente à un reportage de guerre. Il présente en effet des images très fortes de dévastations similaires à celles causées par de terribles combats : voitures fortement endommagées, innombrables débris jonchant le sol, personnes fuyant les lieux de la catastrophe, usine dont il ne reste plus rien, comme si elle avait été totalement rasée par un bombardement. Ces images ont en outre été filmées dans des conditions très délicates : elles ont été prises depuis une moto slalomant entre les débris et alors que l'explosion venait de se produire, laissant subsister un nuage toxique.

L'impact des images proposées par ce reportage choc est d'autant plus poignant que le journaliste Pierre Nicolas, qui a pu mesurer sur le champ l'ampleur de la catastrophe, invité à témoigner sur le plateau de France 3 Sud, les commente lui-même en direct. Son ton tragique reflète sa vive émotion, loin de la distanciation habituelle des sujets diffusés dans les journaux télévisés.

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