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L'état du syndicalisme en France au début des années 2000

Date de diffusion : 11 juin 2001

Le taux de syndicalisation en France a connu une forte chute depuis les années 1970. Le nombre d'adhérents revendiqués par les grands syndicats apparaît différent du nombre réel de syndiqués.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000871

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le taux de syndicalisation n'a cessé de chuter en France depuis le milieu des années 1970, au point que l'on parle de désyndicalisation. La France est aujourd'hui l'un des pays industrialisés qui compte le moins de syndiqués : seulement 8% des salariés adhèrent à un syndicat en 2004 d'après l'Insee, alors qu'ils étaient 22,8% en 1975. La chute des effectifs syndiqués s'est surtout produite dans la deuxième moitié des années 1970 et dans les années 1980, affectant l'ensemble des branches et des organisations syndicales. A la fin de la décennie 1980, le taux de syndicalisation est pour la première fois passé sous la barre des 10%. Au cours des années 1990 et de la première moitié des années 2000, les organisations syndicales ont globalement stabilisé leurs effectifs, estimés, tous syndicats confondus, à 1,8 millions d'adhérents en 2004.

Les raisons de la chute du taux de syndicalisation apparaissent complexes. Outre le fait que la France n'a jamais été un pays de syndicalisme de masse comme l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, il est incontestable que les syndicats ont été affaiblis par la crise économique et la montée du chômage. Aujourd'hui les syndicats sont essentiellement implantés dans la fonction publique : environ 15% des salariés du public sont affiliés à un syndicat, soit trois fois plus que dans le secteur privé. Leur présence la plus forte se situe dans les secteurs de l'énergie, de la santé, de l'éducation et dans les entreprises publiques de transports en commun, comme la SNCF et la RATP.

En revanche, dans des branches entières du secteur privé, telles que le BTP et le commerce, et dans de nombreuses PME, les syndicats font défaut. Concernant l'audience des grandes centrales syndicales, la CGT est arrivée en tête des élections prud'hommales de 2002, avec 32,1% des voix, devant la CFDT (25,2%) et FO (18,3%). En revanche, par le nombre d'adhérents, c'est la CFDT qui, en dépit des défections rencontrées à la suite de la crise des retraites en 2003, est devenue le premier syndicat de France avec 806 829 adhérents revendiqués en 2005 - dont 61% dans le secteur privé. La CGT compte, elle, quelque 711 000 adhérents.

Le principal problème qui se pose dorénavant au syndicalisme français est celui du vieillissement de ses effectifs et de ses cadres. Les syndicats sont en effet peu représentés parmi les jeunes salariés : par exemple à la CFDT seuls 4,1% des adhérents ont moins de 30 ans, alors que les plus de 50 ans représentent un tiers des effectifs.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Ce sujet a été diffusé le 11 juin 2001 lors de l'émission "Futur antérieur", magazine mensuel d'actualité proposé par la rédaction de France 2 en troisième partie de soirée. Présentant un rapide état du syndicalisme en France, il vise à introduire la discussion entre les différentes personnalités invitées sur le plateau de l'émission. Il se contente ainsi de livrer une série de statistiques récentes sur le taux de syndicalisation et le nombre d'adhérents des grandes organisations syndicales. Il propose, de manière assez traditionnelle, une alternance d'images d'illustration et d'infographies.

Le sujet fait d'abord se succéder des images d'archives d'un défilé syndical lors d'un 1er mai à la fin des années 1960, puis celles du cortège récent du 1er mai 2001. Le but de ce montage est évident : offrir un rapprochement éloquent qui reflète la chute des effectifs syndiqués. On passe en effet de plans d'une foule importante de militants à d'autres qui présentent des rangs très clairsemés. Les images de différentes manifestations récentes des syndicats CGT, CFDT et SUD ont, elles, pour unique objet d'illustrer le commentaire de la journaliste sur le nombre des adhérents par organisation. Enfin, de manière tout à fait habituelle pour ce genre de reportage, deux graphiques sont insérés. Ils cherchent à mieux mettre en valeur les principales données évoquées par le commentaire. A cet égard, la forme de la courbe de l'évolution du taux de syndicalisme en France, en nette chute, apparaît très parlante. L'histogramme, qui révèle l'écart entre le nombre d'adhérents revendiqués par chaque syndicat - les trois principaux syndicats, CGT, CFDT et FO sont représentés ainsi que le récent SUD - et le nombre réel, est lui aussi très éloquent: il montre notamment qu'un fossé sépare le million d'adhérents revendiqués par FO et les 370 000 officiels, et que seul SUD annonce un nombre conforme à la réalité.

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