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Le reconstruction d'un monument martyr, la cathédrale de Reims

Date de diffusion : 18 oct. 1937

Entièrement détruite au cours des quatre années de la Première Guerre mondiale, la reconstruction de la cathédrale Notre Dame de Reims a nécessité vingt ans. Le 18 octobre 1937 a lieu le reconsécration de la cathédrale par le cardinal Suhard.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Gaumont
Production :
Gaumont Pathé Archives
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000876

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Située dans l'une des régions les plus meurtrie par les combats de la Première Guerre mondiale (Champagne), la cathédrale Notre-Dame-de-Reims symbolise, aux yeux des Français, des ravages provoqués par une guerre d'un type nouveau ("guerre totale") et utilisant des techniques d'armement nouvelles (artillerie de longue portée). L'aspect symbolique se situe à plusieurs niveaux. La cathédrale de Reims, joyau de l'architecture gothique (XIIIe-XVe siècle), est l'un des monuments les plus célèbres du patrimoine français. Elle constitue également un des symboles de la nation française puisque c'est là qu'étaient sacrés les rois de France.

Edifice religieux, elle n'était en aucun cas une cible militaire, témoignant ainsi de l'ampleur des destructions civiles provoquées par un conflit qui n'impliqua pas seulement les populations militaires mais bien les sociétés toutes entières. Enfin, les destructions ne concernaient pas qu'une partie de la cathédrale comme ce fut les cas pour de nombreuses églises de France (une tour ou un clocher effondrés), mais l'ensemble de l'édifice, totalement en ruine à la fin de la guerre. Les premières destructions eurent lieu en septembre 1914, les Allemands lançant une offensive qui leur permettra d'occuper la ville de Reims pendant plusieurs jours. Les Français réinvestirent Reims au lendemain de la Bataille de la Marne (mi septembre 1914). S'ensuivit ensuite durant toute la durée du conflit une série d'offensives et de contre-offensives ayant la Champagne pour enjeu et dont la ville de Reims et son joyau, la cathédrale, eurent particulièrement à souffrir.

Le martyre de la cathédrale dura ainsi quatre ans, durant lesquels elle fut frappée par près de 300 obus. Des travaux de reconstruction dans l'urgence et la volonté de protéger l'édifice (sacs de sable) ne purent éviter l'effondrement de toute la partie supérieure de la cathédrale. Quelques objets d'art, statues et vitraux purent toutefois être sauvés en étant évacués vers Paris. Une fois le conflit terminé, un débat s'engagea entre ceux qui souhaitaient conserver la cathédrale dans la tragique grandeur de ses ruines, afin de garder un témoignage des horreurs de la guerre, et ceux qui souhaitaient une reconstruction de l'édifice. La reconstruction fut finalement décidée et confiée à l'architecte Henri Deneux, rémois d'origine, directeur en chef des Monuments Historiques. Elle bénéficia également d'une aide financière américaine, en particulier des fondations Carnegie et Rockefeller.

La cathédrale fut partiellement rendue au culte en 1927. Mais au total, la reconstruction dura près de vingt ans : c'est le 18 octobre 1937 qu'elle est reconsacrée par le cardinal Suhard, en présence du président de la République Albert Lebrun.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

La confrontation des images de la cathédrale de Reims en 1918, à la fin du conflit, et vingt ans plus tard, lors de sa reconsécration, est saisissante. Quatre ans de bombardements ont réduit en ruine l'un des édifices les plus célèbres du patrimoine français : voûte intérieure effondrée, vitraux disparus, statues du portail détruites. Vingt ans plus tard, l'édifice a retrouvé toute sa grandeur, comme le démontrent les images de la grande nef. Le commentaire fait reposer toute la responsabilité de la destruction de la cathédrale sur "l'artillerie ennemie". Des obus français ont cependant également touché l'édifice lorsque la ville de Reims fut occupée par les Allemands, entre le 4 et le 13 septembre 1914.

Enfin, ce reportage permet de démontrer en creux la vivacité du pacifisme en France à la fin des années trente, alors que de nouvelles menaces se font sentir en Europe du fait de la politique agressive d'Hitler (la reconsécration de 1937 réunit des associations d'anciens combattants). C'est dans cet esprit qu'une partie du grand portail n'a, volontairement, pas été restaurée, afin de montrer aux générations futures ce que fut l'horreur de la guerre. Selon le commentaire du reportage, la cathédrale de Reims illustre ainsi à la fois le symbole de la "foi" mais aussi de la "volonté pacifique" de la France.

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