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Le parti nazi tient son 7ème congrès annuel à Nuremberg

Date de diffusion : 10 sept. 1935

A l'occasion de la tenue du 7e congrès du parti nazi, le maire de Nuremberg remet à Hitler une copie de l'épée de Charlemagne. Hitler assiste ensuite dans le grand stade de Nuremberg à la parade des organisations paramilitaires du parti.

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Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Pathé
Production :
Gaumont Pathé Archives
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000903

Contexte historique

Par Fabrice Grenard

Les congrès annuels du parti nazi à Nuremberg sont des moments essentiels de la propagande hitlérienne et de la mise en scène du régime. Le 7ème congrès, qui s'ouvre en septembre 1935, occupe toutefois une place à part et constitue un tournant important dans l'évolution du régime. En 1935, Hitler a considérablement renforcé son pouvoir depuis sa nomination comme chancelier en janvier 1933. Alors que des critiques se sont développées à son égard au début de l'année 1934, la "nuit des longs couteaux" et l'élimination des SA (juin 1934) lui permet de supprimer toute opposition, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de son parti. La mort d'Hindenburg en août 1934 permet également à Hitler de cumuler à ses fonctions de chancelier celles de chef de l'Etat, une décision que les Allemands approuvent massivement par référendum (90 % de oui).

Si en 1935 Hitler possède donc un pouvoir sans partage et installe de manière durable sa dictature, il bénéficie également d'une popularité importante auprès des masses allemandes, grâce notamment aux premiers résultats positifs de sa politique de grands travaux et au recul du chômage, qui servent largement la propagande du régime. Le congrès de Nüremberg de septembre 1935 apparaît ainsi comme un moment important pour souligner cette adhésion populaire en faveur du Führer et renforce le "culte du chef". Des centaines de milliers de partisans affluent ainsi vers Nuremberg pour assister au grand rendez-vous annuel du parti. Les rues de Nuremberg, préparées pour l'occasion (les murs, tours et maisons sont ornés de la Croix gammée), sont envahies par les "camarades du parti", les troupes d'assaut, les uniformes noirs du corps d'élite de la SS, les adolescents des Jeunesses hitlériennes. Au Sud-est de la ville, le stade d'Albert Speer, le palais des congrès et les nombreux terrains alentours sont des lieux de parades spectaculaires. De sa tribune officielle, dominant largement la foule, Hitler reçoit de vibrants hommages. Et comme l'année précédente, pour mieux servir le culte du Führer, un film est tourné par la réalisatrice Leni Riefenstahl, pour être diffusé ensuite dans tous les cinémas d'Allemagne.

Mais ce 7e congrès de Nuremberg est également resté célèbre car c'est à cette occasion qu'Hitler annonce dans plusieurs discours l'adoption de lois antisémites, les lois de Nuremberg. La "loi sur la citoyenneté allemande" enlève aux Juifs leurs droits civiques ; la "loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand" interdit les mariages entre Juifs et Allemands (les mariages déjà contractés étant dissous) ainsi que toute relation sexuelle entre Juifs et allemands. Ces lois de Nuremberg, qui flattent un antisémitisme populaire et sont plutôt bien accueillies dans certaines parties de la société allemande, ouvrent la voie d'une politique antisémite qui ne va cesser de se radicaliser jusqu'à la guerre (Nuit de Cristal en 1938), pour prendre ensuite le caractère d'une véritable extermination. Elles passent en revanche assez inaperçues à l'étranger, même si un courant migratoire des Juifs allemands commence à se développer à partir de 1935 vers les démocraties européennes.

Éclairage média

Par Fabrice Grenard

Le Congrès de Nuremberg de 1935 constitue une véritable mise en scène permettant de célébrer le culte du Führer. Les images montrent le summum de l'esthétique nazie. Les svastikas (croix gammées), symbole du parti, sont partout. Les défilés et parades permettent de souligner l'ordre, la discipline et la militarisation du régime (toutes les organisations du parti portent l'uniforme). Les saluts entre la foule et le Führer, bras tendus, soulignent la communion qui existe entre Hitler et son peuple, symbolisant parfaitement la formule : "Ein Volk, ein Reich, ein Führer". Enfin, le fait qu'Hitler se voie remettre au début du reportage une copie de l'épée de Charlemagne constitue également un symbole important, en rappelant la grandeur passée d'un pays qui constituait le coeur de l'empire du roi des Francs, empire qui s'étendait sur toute l'Europe.

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