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Fermeture de l'usine Metaleurop

Date de diffusion : 24 sept. 2003

La fermeture brutale de l'usine Metaleurop de Noyelles-Godault a suscité une émotion de dimension nationale. Elle est devenue le symbole des agissements de certains "patrons-voyous".

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000932

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

En janvier 2003, l'usine Metaleurop de Noyelles-Godault dépose son bilan. Implantée dans la ville depuis 1894, la fonderie employait encore 830 personnes, qui apprirent leurs licenciements en direct à la télévision. La nouvelle prend une dimension nationale et devient un symbole des agissements de certains "patrons voyous". La nécessité de dépolluer le site et la volonté d'éviter un plan social coûteux explique la brutalité de cette décision.

Depuis plusieurs années, la polémique enflait autour des dangers environnementaux liés aux activités de l'entreprise. Des études avaient démontré que les rejets de plomb émis dans l'atmosphère (50 kg par jour sous forme de poussière) provoquaient un taux de plombémie trop élevé au sein de la population et des risques de saturnisme. Depuis juillet 2002, des associations de défense des riverains demandaient des restrictions urbanistiques autour du site et un suivi sanitaire de la population (plus de 10 communes étaient concernées). Après la fermeture de l'usine, les employés menèrent combat pendant plus d'un an pour obtenir la réouverture du site et un plan social acceptable. Celui-ci a été finalement en partie pris en charge par l'Etat.

Les anciens salariés de Metaleurop ont obtenu des indemnités et une cellule de reclassement des ouvriers a été ouverte. Deux ans plus tard, seulement la moitié (souvent les plus jeunes) avaient retrouvé un emploi. Le site a depuis été repris par une filiale du groupe Suez, l'entreprise SITA. La dépollution du site au coût considérable (plus de 3000 millions d'euros) est un préalable indispensable à la reprise des activités industrielles. L'entreprise SITA, spécialisée dans le recyclage industriel, compte créer 200 emplois d'ici 2009. L'Etat aide à la reconversion du site: elle subventionne l'entreprise proportionnellement au nombre de postes créés.

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Le reportage accorde une place très importante aux témoignages des anciens salariés de Metaleurop. On comprend le lien qui les unit à leur ancien lieu de travail mais également entre eux. Les images reflètent la solidarité et la mobilisation affichée par ces ouvriers. Elle se traduit d'ailleurs concrètement par la mise en place d'une association "choeurs de fondeurs" qui regroupe encore aujourd'hui les anciens de Metaleurop. Le sujet explique également les difficultés de reconversion du site. L'attachement des ouvriers à leur ancien outil de travail, les contraintes économiques pour les liquidateurs et les repreneurs, la dépollution du terrain voulue par les pouvoirs publics sont tour à tour évoqués dans un souci d'équilibre des points de vue et de grande neutralité.

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