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Interview de Gaston Defferre sur le statut spécial de la Corse

Date de diffusion : 06 août 1981 | Date d'évènement : 02 mars 1982

Le ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Gaston Defferre est interrogé au sujet de son projet de statut spécial de la Corse.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
02 mars 1982
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000953

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Dans le but de mettre un terme à la violence nationaliste qui est née avec la fusillade d'Aléria, le 22 août 1975, les différents gouvernements ont alterné dialogue et fermeté. Afin de répondre à certaines revendications autonomistes sans pour autant conduire au démembrement de l'unité nationale, plusieurs statuts particuliers pour la Corse ont été adoptés. Le premier a été promulgué le 2 mars 1982 à l'initiative du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation du gouvernement Mauroy, Gaston Defferre.

Le statut conserve le cadre régional, la région Corse étant formée des deux départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud créés en 1976, mais la Corse devient une collectivité territoriale. La loi crée une Assemblée régionale de Corse, élue au suffrage universel au scrutin proportionnel pour six ans et ayant son siège à Ajaccio. Auprès de cette Assemblée de 61 membres, deux conseils consultatifs ont été instaurés, le Conseil économique et social, et le Conseil de la culture, de l'éducation et du cadre de vie. La première élection d'une Assemblée régionale a lieu en août 1982 et est remportée avec 28% des voix par la liste "Rassemblement pour la Corse dans l'unité nationale" qui réunit des RPR, des UDF et des bonapartistes. Sa tête de liste, Jean-Paul de Rocca Serra est ensuite élu président de l'Assemblée régionale de Corse. Les autonomistes de l'Union pour le peuple corse, conduits par Edmond Siméoni, ont quant à eux obtenu 10,60% des voix.

Par la suite, en mai 1991, sous l'impulsion du ministre de l'Intérieur Pierre Joxe, la Corse est dotée d'un nouveau statut particulier. Elle devient une Collectivité territoriale dont l'Assemblée voit ses compétences élargies. Néanmoins, le Conseil constitutionnel déclare non conforme à la Constitution l'article 1er de la loi votée contenant la mention d'une "communauté historique et culturelle vivante que constitue le peuple corse, composante du peuple français", le jugeant contraire à l'article 2 de la Constitution qui affirme l'indivisibilité de la République. A l'issue de discussions engagées par le gouvernement Jospin à partir de décembre 1999 avec l'ensemble des composantes politiques corses, un troisième statut est promulgué le 22 janvier 2002. Il renforce encore les pouvoirs de la Collectivité territoriale de Corse, notamment en matière d'aménagement de l'espace, de protection du patrimoine et de développement économique.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans le journal télévisé régional de FR 3 "Actualités Méditerranée", ce sujet ne consiste qu'en une interview du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Gaston Defferre. Elle a sans doute été réalisée à la mairie de Marseille, dont il a occupé le fauteuil de 1953 à sa mort en 1986, et non dans son bureau parisien du ministère de l'Intérieur. L'intégralité de l'interview porte sur le projet de Gaston Defferre d'un statut spécial pour la Corse, qui n'est encore qu'au stade de l'étude et qui sera adopté et promulgué le 2 mars 1982. Defferre insiste sur l'objectif principal du statut: renforcer l'unité nationale en mettant fin aux divisions. Dans ce but, il profite de l'interview pour lancer un appel au dialogue aux mouvements nationalistes.

Du reste, Gaston Defferre fait brièvement référence à la mission de concertation que doit mener dans cette optique Bastien Luccia, délégué ministériel à l'étude des problèmes corses. Durant l'entretien, la caméra est entièrement centrée sur Gaston Defferre. Hormis un rapide zoom sur lui, les plans proposés sont fixes. Le journaliste n'apparaît quant à lui à aucun moment dans le champ de la caméra et on ne remarque sa présence que par les deux questions qu'il pose au ministre de l'Intérieur. Ce dernier regarde constamment son interlocuteur, sans jamais jeter un oeil vers la caméra.

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