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La fermeture des chantiers navals Dubigeon

La fermeture des chantiers navals Dubigeon

Date de diffusion : 03 juil. 1987

La fermeture des chantiers Dubigeon à Nantes constitue le terme d’un processus de concentration de la construction navale française, confrontée à la concurrence asiatique, et fait disparaître une partie de la culture nantaise.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000966

Contexte historique

Par Julie Le Gac

La fermeture en 1987 des chantiers navals de Dubigeon met un terme à plus de 200 années de construction navale au coeur de la ville de Nantes, et fait disparaître un pan entier de la culture nantaise. Fondés en 1760 par Julien Dubigeon, les chantiers navals Dubigeon accompagnent le développement économique de Nantes, cité commerciale qui s’enrichit du Commerce Triangulaire. Aux XVIIIe et XIXe siècles sont construits de très grands voiliers, dont le Belem, lancé en 1896, témoigne aujourd’hui encore de la majesté. Après des années d’expansion, la conjoncture s’assombrit à partir de 1959, comme le constate le Livre Blanc rédigé par la Commission Merveilleux-du-Vignaux. La concurrence internationale et principalement japonaise entraîne une baisse des commandes pour les chantiers navals français, et par conséquent impose leur concentration. Ainsi, en 1963, les Anciens Chantiers Dubigeon et les Chantiers réunis Loire Normandie fusionnent en 1963, et donnent naissance à Dubigeon-Normandie, qui comprend quatre établissements industriels : Dubigeon Nantes, grand-Quévilly, Dieppe et Le Havre.

Les années 1970 constituent une trêve pour les chantiers navals, mais pas pour leurs employés puisqu'entre 1956 et 1976, les effectifs baissent de 60% à Nantes. Les chantiers nantais se spécialisent alors dans les car-ferries, et l'achèvement en 1982 du Scandinavia, qui, avec ses 185 mètres de long est le plus grand navire jamais construit à Nantes, constitue une fierté pour les Chantiers Dubigeon. Toutefois, l'ampleur de la crise navale rend inévitable une nouvelle fusion avec la branche construction navale du groupe Alsthom en 1983. Cette dernière ne peut cependant pas empêcher la fermeture des chantiers navals Dubigeon à Nantes en 1987, après la livraison du Bougainville, bâtiment de de soutien militaire, le 3 octobre 1986. Les grèves des employés, les opérations plus spectaculaires telle l'occupation du Belem ne parviennent pas à éviter la fermeture. 150 employés sont transférés à Saint-Nazaire, tandis que les autres sont placés en congé de conversion ou de fin de carrière, voire se retrouvent au chômage.

Avec l’arrêt de la construction navale, c’est une part de l’histoire culturelle de la Ville de Nantes qui disparaît.

Éclairage média

Par Julie Le Gac

Ce reportage rapporte, non sans émotion, la fermeture des Chantiers Dubigeon à Nantes. En effet, il choisit de ne pas évoquer les considérations économiques qui ont rendu inéluctable cette fermeture. A l’inverse, il accorde toute son attention aux conséquences humaines de l’arrêt des chantiers Dubigeon à Nantes. A cet égard, il donne la parole aux employés et délégués syndicaux des chantiers navals, dont la plupart ont derrière eux toute une vie consacrée aux chantiers Dubigeon. Leur résignation, leur tristesse, leurs larmes parfois, s’avèrent particulièrement émouvantes. Avec beaucoup d’empathie, le commentaire met en lumière l’opposition entre des destinées humaines et des impératifs économiques, difficilement perceptibles pour les salariés. Les images de l’occupation et du départ en mer du Bougainville symbolisent quant à eux l’impuissance de la résistance, mais aussi la fin d’une époque pour la ville de Nantes.

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