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Victoire de Dominique Baudis aux élections municipales de Toulouse

Date de diffusion : 07 mars 1983

Au soir de sa victoire aux élections municipales de Toulouse, Dominique Baudis, célèbre journaliste de télévision, prend ses fonctions sous le regard de son père Pierre, maire sortant.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000977

Contexte historique

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

En mars 1983, Dominique Baudis est élu maire de Toulouse. Cette élection est originale à plus d'un titre: d'une part, il est rare de voir en République un fils succéder à son père à la tête d'une grande métropole (argument que ses adversaires politiques mettront en avant pendant la campagne). Pierre Baudis a en effet été maire de Toulouse de 1971 à 1983.

Pour le grand public, la reconversion d'un ancien journaliste en politique est également perçue comme une démarche atypique: correspondant au Liban au début des années 70 puis grand reporter pour TF1, Dominique Baudis a présenté le journal télévisé sur différentes chaînes de 1978 à 1982. Le tournant alors effectué par Dominique Baudis se confirme dans les années suivantes. Il multiplie les nouveaux mandats: parlementaire européen, conseiller général pour la Haute-Garonne, il devient président du conseil régional de Midi-Pyrénées en 1986. Il siège également à l'Assemblée nationale de 1986 à 2000. Cette même année, il décide pourtant de mettre un terme à tous ces mandats électifs et revient à sa première passion, la télévision, en acceptant la proposition du Président Chirac qui le nomme à la tête du CSA (Conseil Supérieur Audiovisuel).

Mis en cause en 2003 dans une affaire de moeurs, il doit faire face à la rumeur avant d'être innocenté par la justice. Après la fin de son mandat au CSA, il préside quelques temps l'Institut du Monde arabe, avant d'être élu député UMP aux élections européennes de 2009.

Éclairage média

Par Emeline VanthuyneProfesseure agrégée d'histoire )

Avant de pouvoir imposer sa marque à la tête de la ville, Dominique Baudis doit assumer une double étiquette: celle d'héritier de l'ancien maire, Pierre Baudis et celle d'ancien journaliste très populaire.La première partie de reportage est consacrée aux images à chaud de la victoire: acclamations des militants toulousains, installation dans ses nouveaux bureaux de maire... L'omniprésence à l'image de Pierre Baudis fait naître une ambiguïté révélatrice de l'atmosphère régnant au soir de l'élection. Les acclamations et les applaudissements qui retentissent alors semblent autant destinés à l'ancien maire qu'à son successeur. Il est inhabituel de voir ainsi un tel lien de filiation affiché au soir d'une élection.

Dominique Baudis apparaît ici comme le garant de l'héritage paternel. L'interview de deuxième partie de reportage insiste encore sur ce lien en cadrant l'image en plan large: on peut ainsi voir l'ancien maire poser un regard fier et affectueux sur son fils.Le nouveau maire de Toulouse doit également répondre aux questions concernant sa reconversion professionnelle. On remarque l'habileté de l'ancien présentateur de JT qui tente de déjouer les questions sur son ancien métier en créant une connivence avec le journaliste qu'il appelle par son prénom.

Dominique Baudis parvient donc dans ce reportage à reprendre à son profit les arguments qui pourraient nuire à sa crédibilité de nouveau maire. Il organise la passation de pouvoir symbolique avec son père, dont il ne renie pas le soutien qui a pu faciliter son élection. Il présente sa vocation de journalisme comme un gage de renouveau de la pratique politique (au-delà des traditionnelles luttes de partis). Il annonce donc une rupture de style tout en obtenant la caution morale des cadres politiques traditionnels de la ville.

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