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Le tunnel du Fréjus et le débat sur le trafic des poids-lourds dans les Alpes

Le tunnel du Fréjus et le débat sur le trafic des poids-lourds dans les Alpes

Date de diffusion : 05 juil. 2005 | Date d'évènement : 04 juin 2005

Après un incendie le 4 juin 2005, le tunnel du Fréjus est fermé. A l'occasion de cette fermeture, les problèmes causés par le trafic des poids-lourds dans les vallées alpines sont posés. Le ferroutage apparaît comme une solution alternative.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
04 juin 2005
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000989

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

Le premier grand tunnel percé dans les Alpes pour relier la France à l'Italie a été celui du Mont-Blanc dans la vallée de Chamonix, inauguré le 16 juillet 1965. Afin de faire face à la croissance du trafic routier entre les deux pays, un second tunnel a été creusé sous le col du Fréjus entre Modane, dans la vallée de la Maurienne, et Bardonnèche, dans le Piémont.

Mis en service le 12 juillet 1980, le tunnel de Fréjus se compose d'un tube unique bidirectionnel long de 12,895 kilomètres et muni de deux voies de circulation. Du côté français, il est relié au réseau intérieur autoroutier français par l'autoroute de la Maurienne, l'A 43, et à l'italien par l'autoroute A 32 qui conduit à Turin. Le tunnel du Fréjus a rapidement reçu un trafic routier très important. En 2005, 4 338 véhicules en moyenne l'empruntaient, dont 2 400 poids lourds. La croissance du trafic des marchandises par le tunnel du Fréjus est tout particulièrement notable: entre 1992 et 2003, il a augmenté de 220%. Et si depuis 2000 le trafic des poids lourds entre la France et l'Italie diminue, le tonnage moyen transporté par les camions ne cesse d'augmenter.

Les habitants de la Maurienne et de Chamonix protestent ainsi de plus en plus contre l'engorgement de leurs vallées par les poids lourds, tandis que les associations écologiques dénoncent la pollution qui en résulte. Cette question a été rendue plus aigüe encore par la fermeture du tunnel du Mont-Blanc pendant trois ans, à la suite d'un incendie survenu le 24 mars 1999. Durant cette période, le tunnel du Fréjus a reçu une majorité du trafic des camions qui empruntaient auparavant le tunnel du Mont-Blanc, certains choisissant cependant l'accès à l'Italie par le tunnel de Vintimille. Le tunnel du Fréjus a lui-même dû fermer entre le 4 juin et le 4 août 2005, également en raison d'un incendie qui a coûté la vie à deux chauffeurs routiers slovènes.

Hormis la question de la sécurité des tunnels routiers, cette fermeture a relancé le débat sur le ferroutage, c'est-à-dire le transport des marchandises par le rail. Le transport ferroviaire est en effet peu important dans les Alpes. Pourtant, seul un projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin, à la fois pour le transport des voyageurs et des marchandises, prévu pour être réalisé d'ici 2020, est à l'étude.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Diffusé dans l'édition nationale du journal télévisé 19-20 de France 3, ce sujet fait le point sur la fermeture du tunnel du Fréjus, un mois après l'incendie du 4 juin 2005. Ce n'est en fait qu'un prétexte pour envisager de façon plus générale la question du trafic des poids lourds dans les vallées alpines et la solution alternative que constitue le ferroutage.

Alternant commentaires sur images et interviews, ce reportage s'emploie à proposer un traitement assez complet du problème. Il donne ainsi la parole à différents acteurs, chacun incarnant une catégorie concernée par le trafic des poids lourds : les institutionnels, représentés par le président de la Société du tunnel du Fréjus, les élus par le député UMP de la Savoie Michel Bouvard, les écologistes par un membre de l'association "Réagir" et enfin les chauffeurs de poids lourds par l'un d'entre eux. Ces interviews ont toutes été réalisées "in situ", dans un lieu volontairement choisi comme symbolique. L'écologiste Philippe Delhomme est interrogé sur un pont qui enjambe l'autoroute de la Maurienne, alors quasiment vide de voitures en raison de la fermeture du tunnel. Le président de la Société du Tunnel du Fréjus est, lui, interviewé devant l'entrée de l'ouvrage, de même que Michel Bouvard l'est devant celle d'un tunnel ferroviaire en construction. Quant au chauffeur de poids lourd, il est interrogé dans son propre camion.

Complet, le sujet l'est également par l'ensemble des thèmes qu'il aborde: les conséquences de la fermeture du tunnel du Fréjus, la pollution dans les vallées alpines, la sécurité des tunnels et le ferroutage. Le commentaire du journaliste est à plusieurs reprises illustré par des images symboles, telles que celles du passage de camions par les lacets du col du Mont-Cenis. Il offre surtout une comparaison implicite entre ses premiers et ses derniers plans: le sujet s'ouvre en effet sur l'image saisissante d'une autoroute déserte et s'achève sur celle d'une longue file de poids lourds.

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