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Grève de la Société nationale Corse-Méditerranée

Grève de la Société nationale Corse-Méditerranée

Date de diffusion : 25 sept. 2005 | Date d'évènement : 20 sept. 2005

Les marins de la compagnie de navigation maritime Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) sont en grève. Ils protestent contre la privatisation de la société annoncée en raison de difficultés financières, en partie dues à la concurrence de Corsica Ferries.

Niveaux et disciplines

Informations et crédits

Type de ressource :
Forme :
Collection :
Date de l'évènement :
20 sept. 2005
Production :
INA
Page publiée le :
2007
Modifiée le :
19 sept. 2022
Référence :
00000000995

Contexte historique

Par Christophe Gracieux

La compagnie de navigation maritime Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) qui assure essentiellement des liaisons entre d'une part Marseille et Nice et d'autre part la Corse, a vu le jour en 1969 sous le nom de Compagnie générale transatlantique transméditerranéenne. Elle prend son appellation actuelle en 1976 à l'occasion de sa prise de contrôle par l'Etat. Le principe de la continuité territoriale entre la Corse et le continent ayant été instauré à partir de 1976, la SNCM a perçu une subvention de l'Etat puis de l'Assemblée de Corse. En échange, la compagnie doit aligner ses tarifs sur ceux de la SNCF et doit maintenir des liaisons régulières avec le continent, y compris avec des ports moins importants.

Pourtant, à partir de la fin des années 1990, la SNCM connaît de graves difficultés financières. L'Etat doit réinjecter 66 millions d'euros dans son capital afin de sauver la compagnie en 2003, mais en 2004 ses pertes atteignent 28 millions d'euros. La SNCM souffre notamment de la forte concurrence de Corsica Ferries, une compagnie privée battant pavillon italien, aux navires plus rapides et aux marins un peu moins payés: depuis 2002, Corsica Ferries transporte davantage de passagers que la SNCM. Dans ce contexte aggravé par deux longs conflits sociaux en septembre 2004 et en avril 2005, le gouvernement Villepin annonce son intention de céder la part de l'Etat dans le capital de la SNCM et de la vendre à un fonds d'investissement, Butler Capital Partners.

A l'appel de tous les syndicats, une grève est lancée le 20 septembre 2005 pour protester contre cette privatisation de la SNCM. Les navires de la SNCM présents dans le port de Marseille sont occupés. Le mouvement s'étend dès le 27 septembre à l'ensemble du Port autonome de Marseille. Le gouvernement fait plusieurs concessions sans qu'elles ne parviennent à mettre un terme à la grève qui au contraire se durcit. Le 27 septembre, des marins du Syndicat des travailleurs corses s'emparent même à Toulon du navire Pascal Paoli et le détournent vers Bastia. Dans la nuit du 27 au 28 septembre, le GIGN reprend d'assaut le bateau.

Finalement, après 24 jours de grève, le 13 octobre 2005, les salariés de la SNCM votent à 87% la reprise du travail de peur que l'entreprise ne disparaisse. Le conflit a coûté quelque 5 millions d'euros à la SNCM qui passe désormais sous le contrôle de Butler Capital Partners qui prend 38% de son capital, de Veolia Transport qui en acquiert 26%, tandis que l'Etat en garde 25% et que les salariés en ont 9%.

Éclairage média

Par Christophe Gracieux

Réalisé cinq jours après le début de la grève des marins de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM), ce sujet s'emploie d'abord à présenter les raisons de ce mouvement social. Il l'illustre ainsi par des images d'un bateau bloqué par des grévistes dans le port de Marseille.

Plus largement, le reportage dresse l'état général de la compagnie maritime en recourant à trois reprises à l'infographie, ainsi qu'à des plans extérieurs et intérieurs de navires de la SMC purement illustratifs. Le procédé de l'infographie est utilisé dans une visée pédagogique afin de préciser aux téléspectateurs les données chiffrées essentielles sur la situation de la SNCM ainsi que sur celle de son concurrent, la société Corsica Ferries. Une infographie détaille également les principales critiques formulées contre la SNCM.

Cependant, le reportage tente de contre-balancer ces critiques par le biais d'une courte interview d'un syndicaliste qui accuse les méthodes de Corsica Ferries.

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